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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 17:58
Le destin des immortels - nouvelle publication 141

Le destin des immortels - nouvelle publication 140

Après un court passage à la salle d'eau, il déboucha dans le jardin pour tâter la chaleur de leur travail de la veille. Son cœur manqua un battement : elle était là. Ses longs cheveux d'ébène aux longueurs originales lui semblèrent appeler ses doigts, et son visage lisse, ses lèvres. Il inspira à fond, puis s'approcha bruyamment. Il maudit le climat artificiel de Mars : d'après ses sensations d'une particulière acuité en matière de températures, il devait faire un perpétuel vingt-quatre, qui ne permettait pas d'enlever son T-Shirt en se plaignant de mourir de chaud. C'était une technique qu'il avait l'habitude d'utiliser, simple, efficace. Le regard de la fille lui donnait alors la permission qu'il attendait.

L'autre partie de son plan échoua aussi : même si un troupeau d'éléphants avait accouru à ses trousses, Elphame ne l'aurait pas entendu arriver, elle était trop concentrée sur la terre qu'elle créait. Elle était cette terre, modifia-t-il en lui-même.

La motte était bien une fois et demi ce qu'elle avait été la veille.

  • Depuis combien de temps travailles-tu ? Demanda-t-il en posant la main sur son épaule.

Enfin, elle cligna des yeux et le fit répéter. L'espace d'un instant il crut déceler quelque chose dans ces pupilles noisette, pas tant de l'attirance que le plaisir de le voir, peut-être. Cela le contraria au plus haut point. Si elle ressentait de la sympathie pour lui, elle cessait d'être une étrangère et la mettre simplement dans son lit serait porteur de plus de conséquences qu'il n'en avait envie.

  • Huit heures, répondit-elle la voix un peu faible.

  • Huit heures de temps ? S'affola-t-il.

  • Mais non, idiot, depuis qu'il est huit heures, sourit-elle aussi faiblement.

Simplement regarder sa bouche prononcer les mots produisait sur le jeune homme des choses qu'il n'appréciait pas beaucoup. Cela annonçait des complications qu'il s'était toujours épargnées.

  • Va te reposer, je prends le relais : je vais insuffler la chaleur pour que les matières se reproduisent.

  • Merci, Oran, d'accord.

Elle lui tendit une main pour qu'il l'aide à se lever ; ce contact lui donna la chair de poule, elle avait la peau douce. Boudeur, il s'assit à sa place et s'empressa de plonger les doigts dans la terre pour cesser de voir des envies contradictoires se combattre sous son crâne de tombeur.

Lorsque leurs mains entrèrent en contact, le frémissement créé la veille s'amplifia. Alors qu'il plongeait les doigts dans la terre, ils lui insufflèrent une douce chaleur, mais celle-ci se diffusa aussi dans l'air. La terre connut une intangible amélioration de sa fertilité.

Jess se réveilla en début d'après-midi et se promit que le lendemain il mettrait le réveil. Il avait encore passé une nuit affreuse, mais ce n'était pas cela le souci. L'ennui était que Zelda venait d'entrer après avoir longuement frappé.

  • Tu es réveillé ! Tu peux te vanter de m'avoir fait une peur bleue, Jess !

  • Pourquoi ça ? Fit-il de sa voix rauque du matin.

Il lui sembla qu'elle avait été affectée par celle-ci mais cela fut si fugace qu'il ne pouvait pas en être certain, ni même savoir ce que ça aurait pu signifier.

  • Voilà bien cinq minutes que j'essaie de te réveiller à travers cette fichue porte...

Il avait bien entendu vaguement qu'on frappait depuis quelques secondes, mais jamais il n'aurait cru avoir mis tant de temps à émerger.

  • ... Prends-tu des médicaments, Jess ?

Il se renfrogna : le huis clos effaçait les barrières naturelles de la pudeur, alors que lui avait besoin de son intimité. Il prit pourtant sur lui pour répondre :

  • Oui, parfois, quand comme cette nuit à sept heures du matin je n'ai encore pas réussi à trouver le sommeil.

  • Seigneur, soupira-t-elle en s'asseyant près de lui, mais comment est-ce possible ?

Un sentiment de malaise s'insinua dans les pores de Jess, tandis qu'il songeait que seule sa femme aurait pu avoir ce genre de réaction en principe. Elle seule avait été assez téméraire pour le pousser à parler de lui-même. Zelda suivit son regard vers la photo qui reposait sur sa table de chevet.

  • Ta femme, fit-elle songeuse.

Puis elle reporta son attention sur lui et ses boucles folles du réveil, mais aussi ses yeux cernés et son air meurtri.

  • Elle est morte! Comprit-elle. Oh Jess, je suis désolée.

Elle avait failli le toucher. Sa main était suspendue au-dessus de son épaule, où elle l'avait déjà touché la veille. Mais cette fois, elle la retira promptement. Il vit qu'elle voulait dire quelque chose, mais qu'elle ne savait pas comment s'y prendre. Il sourit : la reine de l'ordre n'avait pas l'habitude d'hésiter, jusque-là.

Le destin des immortels - nouvelle publication 142

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commentaires

Chloé 24/10/2015 12:29

Ha désolée.

Qu'est ce que tu penses du roman jusque là ? (Mis à part que la publication est lente ? ^^) As tu des conseils?

lholo 23/10/2015 19:54

merci pour cette suite je désespérais de l'avoir.

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