
Pendant que Lucas se savonnait les nouvelles affaires arrivèrent. En les examinant Cali
triompha un instant puis se demanda comment elle allait faire. Le sultan avait réellement refait sa garde robe, la princesse commença par examiner les sous vêtements. Les culottes étaient de
minuscules bouts de dentelle, les soutien gorge assortis étaient eux aussi en dentelle mais plus honnêtes. Cali décida de porter l’ensemble le moins affriolent possible. Cependant le choix fut
difficile car l’ensemble le plus honnête était marron or elle avait craqué sur une infime culotte noire assortie à un soutient gorge doré. Tant pis je vais pas être raisonnable, de toutes
manières personne ne les verra. Cependant en les passant elle ne put s’empêcher de songer que ce soir le sultan connaîtrait ses dessous mais pas son époux. Elle soupira pensant aux idées obscènes
qui allaient hanter le petit homme pendant la réception et sûrement une partie de la nuit. Puis elle se mit en quête d’une robe. En regardant les effets elle se rendit compte que toutes les
tenues étaient les mêmes. Il y avait de nombreuses jupes faites de voiles, ouvertes sur les cotés jusqu’à la ceinture qui permettait de tenir les tissus par les hanches. Quant aux hauts censés
accompagner ces voilages c’était simple il n’y en n’avait pas ! En désespoir de cause Cali passa une jupe noire qu’elle espérait pas trop transparente (peine perdue les voilages n’ont jamais
cachés quelque chose, encore moins une ridicule toute petite culotte) qui allait avec son soutien gorge doré puis elle se mira dans le psyché de la porte. Elle devait reconnaître que l’ensemble
lui allait plutôt bien, le doré du haut mettait en avant ses yeux verts et soulignait son ventre plat conquis grâce aux entraînements. Quant au noir de la jupe il la grandissait et rappelait ses
cheveux qu’elle avait lâchés. De l’ensemble de son reflet se dégageait une sensualité qu’elle n’avait pas ordinairement. Elle se mit à marcher et découvrit que les voilages s’écartaient à chacun
de ses pas dévoilant ainsi entièrement ses jambes. D’un mouvement vif elle se tourna et aperçut sans difficulté ses dessous. Ça se corse, je vais pas pouvoir passer devant une fenêtre, ni pouvoir
marcher, ni danser. Je n’ai plus qu’à me poser sur une chaise pendant toute la réception, c’est de mieux en mieux ! Bon, se dit la jeune fille, si je vais passé une soirée sinistre je peux au
moins un peu m’amuser avant ! Elle imagina donc un stratagème pour prouver à son époux qu’il avait tord.
Dans la salle de bain Lucas avait fini de se laver, il allait bientôt sortir. La douche ne lui avait pas suffi à se relaxer. La fatigue du voyage, les soucis qu’allait lui causer la
présence de sa femme, et qu’elle lui posait déjà le tourmentaient. Enfin c’est pas grave tentait il de se convaincre. Même si le sultan l’habille de robes drastiques comme le sont celles de ses
servantes il n’en serait que plus rassuré finalement. Même si le message porté par ces robes était dégradant pour la jeune femme, plus Cali se fondait dans le décor mieux ça se passerait et
tant pis pour la coquetterie de sa compagne. C’est vrai qu’il n’aimait pas l’idée de laisser le sultan choisir les vêtements de son épouse. Il se dégageait de cette intention une idée
d’appartenance qui le mettait mal à l’aise, mais ce n’était que du symbolisme qui n’aurait pas de répercutions sur la réalité. En plus pour se faire pardonner il lui offrirait lui-même de
nouveaux effets (comme ça il reprendrait métaphoriquement le contrôle sur sa femme). Le prince s’étant convaincu allait mieux jusqu’à ce qu’il ouvre la porte et découvre son épouse triomphante.
Elle s’était placée contre le mur d’en face les mains dans le dos et ne bougeait pas laissant le temps à Lucas de l’admirer. Le prince n’en revenait pas, il n’aurait jamais cru que sa femme
puisse être aussi attirante et aussi peu vêtue ! Il resta quelques minutes à la contempler essayant de refouler les émotions qu’elle avait sciemment provoquées. Ainsi elle voulait jouer ils
seraient deux. Le plus naturellement possible il lui fit observer :
- Hum je crois que tu as oublié de passer le haut.
- Ha bon ? Je n’ai rien noté. En même temps le sultan n’a pas daigné m’en fournir. Comment tu me trouves?
- Tu es très belle, je suis sûr que ce soir tu seras la plus remarquée
jambes fines et musclées, parfaites se découvraient faisant déglutir le prince. Il pensa toucher le fond lorsqu’elle passa devant la fenêtre, le prince constata que la jupe était totalement
cristalline. Il allait devoir veiller à se que son épouse ne passe devant aucune lumière ce soir, ça irait si il faisait attention. La jeune femme reprit la conversation en lui montrant une jupe
:
- J’ai hésité avec celle là qu’est ce que tu en penses?
Lucas la regarda étonné c’était la première fois qu’elle lui demandait son avis sur sa tenue. Il allait lui répondre qu’il s’en fichait quant il comprit le piège.
- Attends je vais la passer.
D'un mouvement brusque Cali se mit à tourner pour rejoindre le pare à vent qui se trouvait derrière. Ce geste fit voler les voilages autour de la jeune femme, Lucas apprécia la grâce de la
valse des tissus jusqu’à ce qu’il découvre la microscopique culotte en dentelle. Cette apparition ne dura qu’une seconde mais suffit à souffler Lucas. Il ne savait pas que sa femme avait des
dessous aussi sexy.
- Ok tu as gagné il est hors de question que tu sortes comme ça !
Il avait craint que le sultan habille trop sa compagne ce fut le contraire il l’avait déshabillée ! Lucas se pencha sur sa malle et se mit à farfouiller à l’intérieur.
- Je ne suis pas sûr que tes vêtements soient l’idéal pour moi. La jeune femme soupira. Ne t’inquiète pas je vais rester là ce soir, de toutes façons je n’avais pas envie d’aller à cette
réception. Fais moi porter pâle auprès du sultan je me rattraperais après. De plus on repart demain alors on s‘en moque qu‘il soit vexé.
Lucas n’écoutait pas le monologue de sa femme. Après la bagarre avec Caïn le prince avait récupéré la robe déchirée et l’avait fait réparer. Cependant une fois recousue il n’avait pas osé la
rendre à sa femme redoutant qu’elle se méprenne sur ses sentiments. Il l’avait donc rangée dans sa valise pour ne pas qu’elle la trouve et l’avait oubliée jusqu’à maintenant. Le trouble qu’il
avait éprouvé en apercevant la culotte lui avait rappelé la soirée et la robe. Fier de lui il brandit la toilette retrouvée devant la jeune fille.
- Ça te va?
Cali le regarda ne sachant pas quoi dire. D’un coté elle était émue, passer la soirée seule ici la déprimait d’avance, en plus elle avait remarqué que la robe avait été recousue. Mais d’un autre
coté elle se demandait ce que faisait son époux avec un de ses vêtements. Elle soupira en s’emparant du vêtement :
- Tu m’étonneras toujours.
Il ne fallut pas cinq minutes à Cali pour s’apprêter, quand elle sortit de la salle de bain son époux la trouva encore plus belle, surtout que maintenant il savait ce qui se cachait dessous. Ce
n’est pas vrai se dit il, il est vraiment temps que je rentre voir Lola.
le prisonnier de l'ange 48