
Quand Lucas se réveilla il chercha instinctivement le cœur battant et la peau chaude
de sa femme mais il ne les sentit pas. Prit de panique il ouvrit soudainement les yeux pour se retrouver dans les mains ennemis. Il était attaché à un arbre mais les liens ne le
blessaient pas, ils ne devaient pas être trop serrés. Autour de lui se trouvaient une cinquantaine d’hommes, une escouade se dit il. Lucas chercha des yeux le capitaine et le trouva aisément
lorsque leurs regards se croisèrent.
- Tiens, tiens mais on dirait que la belle se réveille. Bienvenu parmi nous.
- Où je suis ?
- On est quelque part dans la forêt de Stebin on a encore trois jour de marche avant d’atteindre la forteresse, tu ferais donc mieux de te tenir tranquille. Lucas enregistra l’information, ainsi
ses adversaires s’étaient réfugiés à Stebin. Avant d’être assommé le prince avait compris que la bataille tournait à la faveur des siens. Vraisemblablement il n’avait pas été le seul et ses
adversaires avaient fuit. Il s'en voulait de ne pas avoir pensé à cette éventualité, il était évident que le temps qu’ils avaient mis avec Etanne pour élaborer une stratégie, ses rivaux
l’avaient employé à se mettre à l’abri. Aujourd’hui il y avait fort à parier que tout le sultanat dormait à l’abri du château fort alors que lui attaquait le palais comme des amateurs. Une lueur
de rage s’alluma faisant rire le capitaine.
- Pourquoi ne m’avez-vous pas tué?
- Hum, je ne sais pas. Franchement l’idée me plait assez, mais le sultan t’a réclamé vivant si possible et comme c’était possible, puisque tu t’es effondré comme une femmelette, j’ai exécuté les
ordres. Cali ! Songea un instant Lucas avant de la rejeter de ses pensées. Plus tard se dit il, pourtant le colosse avait deviné ses préoccupations, il reprit de plus belle.
- Effectivement, je pense que c’est ton joli petit bout de femme qui l’intéresse et non ta grosse carcasse. Ici personne ne l’a vue mais il parait que c’est un enchantement pour les
yeux.
Sa remarque fut accueillie par des rires gras. Lucas perça rapidement son grossier piège, il voulait le faire enrager mais il n’y arriverait pas.
- Je lui souhaite bien du plaisir avec elle ce n’est pas une femme mais une furie!
- Il l’appréciera d’autant plus au lit ! Bon je te laisse ruminer tout ça, nous partons dans deux heures. Tu as intérêt à être prêt car cette fois je ne te porterai pas gueule d’ange. Lucas
ressassa effectivement de sombres pensées.
Quand Etanne vit Cali arriver au camp la colère s’empara de lui
- Nom de dieu Cali qu’est ce que tu fais là ! Tu devrais être au château en sécurité, si Lucas te voit il va me tuer.
La princesse reprit espoir, ainsi elle avait encore imaginé le pire à tort. Son époux était là hors de danger, un immense soulagement la saisit.
- Où est-il Etanne ? Je dois absolument le voire. Le regard du garde se voila, les jambes de la jeune femme se dérobèrent sous elle. Non, songea-t-elle. Saisissant soudainement tout ce que
voulait dire la présence de la princesse, le garde la prit dans ses bras et la fit tournoyer pendant quelques minutes.
- Ta présence est une bénédiction s’exclama-t-il.
- Ha bon, il faudrait savoir !
- Mais oui ! si tu es là et en bonne santé c'est que lui aussi est vivant . En plus tu vas nous aider à le retrouver. Lui il arrive toujours à savoir où tu es ça doit être pareil pour toi. Le
conseiller était extatique.
- Vous avez donc perdu Lucas demanda-t-elle sombrement.
- Depuis hier, je l’ai vu s’effondrer sous un coup à la tête, j’ai essayé de le rejoindre mais je n’ai pas pu, il a disparu.
Sans réfléchir elle se remit en selle tout en écoutant les explications du garde elle avait localisé son époux.
- Où va- tu encore?
- Le rejoindre, tu peux me suivre mais je ne t’attends pas, il faut y aller
le prisonnier de l'ange 63