Vendredi 18 septembre 2009

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Le péché pour leur vie pour les nouveaux venus.
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Le péché pour leur vie 31.
Effectivement, songeai-je. Cela faisait bien des secrets. Aiden m'avait parlé de ces dragons, comme pour me sonder. Je n'avais pas voulu y réfléchir mais à présent il n'était plus là pour me
répondre. Alors, gueule d'ange, l'interrogeai-je tout haut, le nez devant mes fenêtres, observant le ciel qui s'emplissait de nuages depuis ma prison dorée. Qu'ai je à voir avec ces créatures
mythiques? A moins que ce fut ce château lui même, véritable tour d'ivoire, secret parmi les secrets s'il en est, qui avait un étroit lien avec ces scientifiques. Qu'allez vous faire de nous dans
trois jours, madame la présidente, songeai-je encore?
Subitement cette atmosphère de fin du monde m'attira. Je sortis faire un tour sous la pluie, les cheveux au vent. Cela me rasséréna et la fin de la journée je pus me concentrer sur un précis
d'initiation à la médecine. Mais avant de me coucher ce fut sur un dragon que je représentai mon ancien entraîneur.
Je dormis tard à défaut de dormir longtemps. A onze heures quarante cinq je me forçai à me lever, j'étais certaine que c'était pour midi et je voulais déjeuner avant. Effectivement à midi dix mon
coach vint m'appeler pour la course. Beurk, songeai-je. Deux jours, me réconfortai-je. On commença par l'endurance. L'épreuve était simple : on courait une heure et on serait classés en fonction
du nombre de tours du parc que nous aurions effectués. Je ne cherchai pas à faire des miracles, mais appliquai le conseil d'Aiden. Penser à autre chose. Je le vis lui. J'imaginai chaque parcelle
de sa peau. Sauf bien sûr ce qui est le plus disgracieux chez un homme, pensée qui me fit sourire. Je le vis m'inviter sur une licorne blanche. Je vis la présidente le réprimander parce que,
imaginai-je, je n'étais pas censée connaître encore le secret. Quel pourrait il être? Nous serions des justiciers, montés sur Pégaze lui même, lui et moi volerions au secours des innocents,
tandis que les autres élèves chevauchaient maladroitement de pâles copies de l'animal mythique. Mon corps m'envoya un signal plus fort, clairement si je n'arrêtais pas ces trente six chandelles
que j'avais vues l'autre fois allaient revenir faire un tour derrière mes paupières. Je fis encore quelques mètres et stoppai.
Mon entraîneur m'apprit que je serais dernière du classement, parce que j'étais pour le moment la seule à avoir arrêté avant la fin du temps, mais qu'il supposait vu mon visage plus blanc qu'à
l'accoutumée que je n'aurais pas pu faire mieux. Il commençait à comprendre, c'était déjà ça me dis-je. Attendre les autres me permit de récupérer quelques forces pour le sprint. Je passai
première avec un homme. Les autres filles étaient meilleures que ça, déplorai-je ? Je ne cherchai pas à forcer, et perdis, bien sûr. Je serais la meilleure en équitation, pensée qui me permit de
ne pas en souffrir. Mon coach ne me dit rien, ce que je considérai comme le pire des mépris, mais je m'obligeai à m'accrocher à l'idée que bientôt il disparaîtrait de ma vie.
On finit par les haies, et comme j'avais pour le coup eu un long moment pour me reposer, pendant que toutes les autres équipes passaient au sprint, je parvins à gagner mon premier adversaire.
Mais au second passage je perdis contre un autre homme. Pour la première fois j'admirai les deux autres filles qui avaient un bon classement.
Je rentrai m'octroyer à dix sept heures un goûter délicieux et consacrai le reste de l'après midi à dévorer un bouquin que je choisis à la bibliothèque, une histoire de dragonniers justement. Ce
serait le dernier que je lirais ici, songeai-je, le cœur serré par l'appréhension. Je ne pouvais pas être certaine d'être parmi les cinq premiers, j'étais dernière dans beaucoup trop de
disciplines à mon goût.
A une heure du matin je dormais lorsque mon entraîneur m'appela pour l'équitation. Chouette, fis-je tout haut. Je l'entendis soupirer en repartant, décidément j'en prenais des aises, je parlais !
Crétin, me dis-je une fois de plus.
Mon plaisir fut encore meilleur quand j'appris que j'avais la pouliche que j'avais montée au cross il y avait quelques temps. Tous les autres concurrents s'affrontèrent côte à côte sur un
parcours en un exercice que nous n'avions jamais fait. D'ailleurs les classements se révélèrent inexacts et les élèves se maintinrent souvent longtemps à leur place. Enfin ce fut à mon tour et je
fus heureuse de constater que je concourais contre l'une des filles. En attendant j'avais fait faire à la pouliche les exercices de dressage habituels et je la sentais calme entre mes jambes,
bien plus qu'elle ne l'avait jamais été.
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