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Centaure d'un dieu, tous les articles.
- Qui est Gareth ?
- C'est l'homme qui vient de se débrouiller pour que celle-là le laisse tranquille sans
faire tomber son sourire.
- Liam, m'indignai-je, pas devant un enfant !
- Je suis grand ! Rétorqua celui-ci.
En effet une dame fort jolie et d'excellente humeur sortait un peu froissée de la chambre du prince. Son frère ouvrit la
porte alors que Gareth passait lascivement une chemise d'un rouge foncé vaporeuse. Il respirait la satisfaction, pensée à laquelle je sentis mes joues rosir. Pour cacher mon trouble je me mis à
parler :
- Voilà tonton Gareth. Et je te présente Joyce et Miel.
- Un futur pirate, à n'en pas douter, doté d'un excellant complice, n'est-ce pas, jeune homme ?
Pour parler au garçon, le prince s'était accroupi devant lui. Une flamme d'aventure
dansait dans ses yeux bruns.
- Non, je serai bras droit du prince, assura le garçon.
J'avais vu juste, l'homme savait parler aux enfants comme il savait parler aux femmes, en
plus d'être beau comme le Dieu qu'il était. Fiou ! Maintenant il riait à gorge déployée, entraînant le petit dans sa bonne humeur éternelle.
- Tu tombes bien, déclara-t-il. Je suis le prince, Joyce. Je fais de toi mon assistant. Hé, en voilà un pâle
sourire, mon garçon !
Il avait tout de même perdu son papa, le futur bras droit du prince. Il serra son chat si
fort dans ses bras que le petit félin chercha à s'échapper. J'ouvris la bouche pour expliquer la situation, mais Liam leva une main pour m'arrêter.
- On revient, soyez sages, vous trois.
Je m'étais attendue à tout autre chose mais Gareth nous indiqua d'y aller avec un sourire
tranquille. Lorsque je lui lançai un dernier regard, il chatouillait Miel sous le mention, ce que le chat paraissait trouver absolument divin, chose qui en soi n'avait rien de déplacé. Éberluée
je suivis le dauphin hors de la pièce et une fois la porte soigneusement fermée je murmurai :
- Gareth enchaîne les filles tout en ayant l'instinct paternel, au point d'accepter qu'on lui laisse Joyce
dans les pattes, alors qu'il pourrait être en train de prendre du bon temps avec la suivante ?
Entendons-nous bien : je m'attendais à ce que son charisme n'épargne pas le petit
garçon. Mais je ne m'attendais pas à ce que le prince se laisse confier la tâche de s'en occuper.
- C'est un pacte entre nous, m'expliqua le guerrier de derrière la masse de sa frange blonde. Je suis
bon pour le combat, il est meilleur en relationnel. Nos vies sont ainsi toutes tracées. Ça ne le gêne pas de veiller sur les gens comme ça me plaît de manier l'épée dans la crasse et la sueur
qu'il déteste. Ma mère est la seule à refuser le pacte, sourit-il d'un ton bourru. Il n'y a qu'à moi qu'elle cherche sans arrêt à imposer ses câlins répugnants.
Je me sentais raide et gourde. Je n'avais jamais été à l'aise avec les ours, je préférais
les hommes mielleux, qu'ils soient sincères ou pas.
- On y retourne, annonça-t-il, dépêche-toi.
Il avait déjà commencé à se diriger vers la sortie du palais à grandes
enjambées.
- Pardon ? L'interrogeai-je, d'abord sans bouger, puis en trottinant derrière lui comme une
imbécile.
Il émit un gloussement, content de son effet.
- Je suis un Dieu, pas un homme buté. Tu m'es utile de l'autre côté du mur, pour exercer justement le côté
relationnel, sans compter que tu ne veux me suivre. Je t'embauche, Aliénor.