Partager l'article ! Centaure d'un dieu 3.: Centaure d'un dieu 2. - En quelle année sommes-nous, euh... ...
- En quelle année sommes-nous, euh...
- Liam, m'indiqua-t-il.
- Liam et Liane, c'est fait exprès ou..? L'interrogeai-je de moins en moins enthousiaste à mesure que je parlais et qu'il se figeait dans un masque mi coléreux mi affligé.
- C'est le prénom de ma défunte petite sœur, c'est tout. Le griffon est apparu le jour où elle a lâché son dernier souffle. Bref, nous sommes en l'an 3006.
Je cherchai un moment que répondre pour rattraper mon malencontreux faux pas, mais je finis par décider que cela ne ferait
qu'empirer les choses. J'inspirai profondément, pour repartir sur de meilleures bases. Je me jurai de ne plus le contrarier, parce que cette expression qui planait toujours sur ses traits de
guerrier me déplaisait résolument.
- Je ne peux pas m'en souvenir car je vivais avant de débarquer ici, en l'an 2016. Je suis désolée pour ta sœur, Liam.
Il hocha lentement la tête.
- Ça explique tout. Bon, ta planète, la Terre, nous a attaqués il y a un an avec une arme virale. Le virus rend les gens comme tous ces êtres décérébrés que tu as vus de l'autre côté du mur, qui se liquéfient en une substance gluante quand on les attaque.
Je revis la tête tomber devant moi et ne me rendis compte qu'alors que le guerrier avait abrégé ses jours. Mes poils équins se dressèrent sur mon corps. Je lissai machinalement mon poitrail, après quoi, à présent que je m'étais remise à penser, je compris que j'étais une centaure. Tour à fait nue, de plus. Je décidai de faire comme si de rien n'était, il y arrivait bien, lui.
- Pourquoi tuer tous ces gens ? M'enquis-je d'une petite voix. Ne pourrait-on pas...
Pour notre bien à tous les deux, il me coupa gentiment la parole.
- Ton hoquet est passé, remarqua-t-il. La maladie est irrémédiable, or elle est très contagieuse. Je ne sais ce que les pousse à le faire, mais les malades, dont la caractéristique est pourtant d'être dénués de toute conscience, se dirigent vers les sujets sains.
Je me gardai de mentionner qu'ils avaient tout des zombies des films d'horreur. J'avais le sentiment qu'il ne supporterait aucune autre référence à la fiction de ma bouche.
- Si c'est si contagieux que tu aies dû le tuer pour qu'il ne nous touche pas, comment se fait-il que tu n'aies pas contracté la maladie ? Le questionnai-je plutôt.
Il désigna son accoutrement. Des battes noires cachaient jusqu'au genoux un pantalon qui avait été beige foncé dans une autre vie. Son long manteau bordeaux demeurait ouvert sur son torse nu et musclé depuis qu'il avait dit que nous nous trouvions hors de danger. Des gants couvraient ses mains ainsi qu'une partie de ses avant-bras. Deux épées longues et larges, gravées de nombreux signes intimidants, restaient attachées à sa ceinture par des sangles de cuir. Je hochai la tête : le liquide ne touchait jamais sa peau.
- Comment peux-tu en avoir si peu sur tes vêtements alors que tu as décapité un homme devant moi ? Continuai-je mes questions morbides sans parvenir à m'arrêter.
- Rien à voir avec les vêtements, je voulais juste voir ta réaction lorsque tu te demanderas si tu serais contaminée. Bon je continue, tu poseras les questions à la fin.
Mais je n'avais pas écouté cette phrase. J'en étais restée à tous ses vêtements et à ma nudité.