
J’approuvai et montai découvrir les produits de beauté. J’avais le cœur qui battait la
chamade, j’adorai bouleverser mon apparence, changer de couleur, de coupe même si normalement je laissai cela à des professionnels. L’idée de transformer ma physionomie m’enchantait, j’allais
pouvoir prendre soin de moi. Bon, voyons voir, une couleur rousse hum sur mes cheveux très bruns ça n’irait pas. Est ce qu’il y a une crème décolorante ? Non, bon bah voila. Continuons. Une
paire de lentilles marron avec écrit dessus « astigmatic » mon anglais n’était pas terrible, mais là j’avais compris. Juste pour être certaine je demandai quand même : "astigmatic ça
signifie bien astigmate ?" "Oui" me répondit une voix. Bon bah voila. Après une fouille minutieuse du reste de la pièce je ne trouvai rien d’autre. Parfait, je vais me métamorphoser en une
fille avec une couleur de cheveux indistincte, mais certainement laide, qui de toutes façons n’en n’aura rien à faire étant donner qu’elle n’y verra rien. Je ne suis pas sûr que me prendre les
murs en permanence soit la meilleure façon de passer inaperçue. Je soupirai. Que faire… mais que faire… que faire… oui je sais je tournai en rond ! Je devais prendre une décision mais que faire…
que faire… bon ça suffit ! Je vais faire la seule chose à faire, je vais faire appel à la magie. Une rapide prière après je me plaçai face au miroir. Faites que je ne finisse pas avec une trompe,
je vous en supplie tout sauf une trompe ! Heu non pas de grosseur bizarre non plus. Bref, faites que je reste humaine. C’est sûr qu’avec une trompe je serais méconnaissable, mais bon je n’ai pas
envie c'est se compréhensible, non ? Courageusement je me mis à réciter mon sort. Je me concentrai sur moi, m'imaginant rousse avec les yeux noisette, c’est tout ce que je voulais changer.
Ce sort était mineur mais comme je manque toujours tout, j‘avais peur de modifier trop de choses ou pas assez. Aller je me lance :
« Que mon apparence
Ici s’échange
Qu’à l’image inventée
Je puisse ressembler »
Immédiatement un tourment infini m’envahit. C’est le piège avec la magie, il y a toujours un prix à payer. Il est différent selon les sorts, apparemment celui-ci faisait naître une atroce
souffrance. Alors que je me tordais par terre, j’entendis colgate boy de l’autre coté de la porte me dire :
- Je te laisse tes nouvelles affaires, dépêche toi, on partira le plus tôt possible.
Je fais ce que je peux murmurais-je. Mes larmes inondaient mon visage, alors que je me battais pour contrôler ma voix. Puis la douleur reflua, me laissant haletante sur le carrelage. Par réflexe
je passai ma main dans mes cheveux. Ils étaient soyeux et plus courts que j’aurais souhaité. Mince. J’examinai mon corps, pas d’appendice étrange, tout va bien ! Mais…. Est ce que c’est juste une
impression ? Je me sentais petite. Courageusement je me relevai pour me regarder dans la glace. À ma grande surprise ça avait marché ! enfin aussi bien qu’un de mes sorts pouvait
fonctionner. Zut, crotte, flutte j’ai perdu au moins dix centimètres, ils vont s’en apercevoir ! Enfin il n’y a pas que ça qui va paraître suspect. Je n’étais ni rousse ni avec les yeux noisette
du padre. A vrai dire je ressemblais à une poupée de porcelaine. Mes cheveux bonds et soyeux tombaient en cascade sur mes épaules dessinant de parfaites anglaises. J’avais des yeux bleus tirant
sur le violet immenses surplombant un petit nez retroussé. Ma peau était pâle, et mes pommettes naturellement roses. J’étais petite et avais une forte poitrine. J’en connais un qui va aimer (un
blond, si cela vous met sur la piste). Mais comment justifier ce résultat à partir d’une vielle boite de lentilles marron et une teinture rousse ? Tout en en réfléchissant à un mensonge crédible,
je m’emparai de mon sac avec mes nouvelles tenues. Un soupire de soulagement me secoua, ne sachant pas ma taille Célian m’avait choisi des jeans de trois dimensions différentes, et parmi eux, il
y en avait un qui m’allait à merveille. Tout ne peut pas aller mal. Je regardai les pull, il avait bon goût. Dans le sac il y en avait un haut classe et un autre plus fantaisie, il avait
visiblement veillé à me laisser le choix. Le seul point commun était qu’ils étaient tous les deux décolletés, un homme reste un homme. Je choisit le rose fantaisiste dans sa coupe et le motif qui
ornait le dos, il était parfaitement assortit avec mon médaillon porte bonheur, seule chose de mon passé que je gardais. Décidant d’accentuer le coté poupée, je me fis un maquillage en
conséquence. Un dernier coup d’œil à mon reflet me confirma ma première impression, j’allais m’aimer. Ne reste plus que les garçons à convaincre. Pour la taille j’allais chercher mes talons dans
mon sac (des talons pour témoigner, des baskets pour le reste de ma vie, comme toute fille organisée j’avais deux paires de chaussures sur moi). C’est tout ce que je peux faire.
divin témoin 12