Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 19:08

  gaia-blonde-tueuse.jpg  Comme je me l'imaginais je n'eus aucun mal à dénicher de quoi satisfaire Iris, nos goûts en littératures avaient toujours été très proches, je me souviens encore de certaines de nos discussions endiablées sur tels auteurs ou son livre, ce fut donc vite terminé. Me restait encore Erva, et comme je l'avais prédit la tâche se révélait délicate. Il était tard j'avais déjà parcouru cinq échoppes, désespérée, mes pieds hurlant de douleur, je poussais la porte de la sixième,"L'aurore d'antan". J'entrais alors dans une salle bien illuminée qui sentait la poussière. Un joyeux fouillis accueillait le visiteurs alors que les boiseries qui encerclaient la salle ajoutaient un charme non négligeable à la pièce. Tout au fond, faisant face à l'entrée, se trouvait un promontoire sur lequel était placé un bar américain. Sur le zinc trônait une vielle caisse enregistreuse, telle que l'on en voit dans les vieux films. Derrière se devinait un homme aussi âgé que sa boutique, de lui je n'apercevais que ses cheveux blanc, il inscrivait dans un journal la vente qu'il venait de réaliser.
- Je peux vous aider ? demanda-il sans lever la tête.
Je déclinai l'invitation et me mis a arpenter le magasin labyrinthiques. Au détours d'une allée je découvris enfin, posée sur une commode Louis  XVI,  la dague parfaite. Son fourreau en or serti de pierres précieuses attira immédiatement mon attention. Je m'en emparai et un son cristallin se fit entendre lorsque je sortis la lame. L'objet n'était pas qu'un joli bijoux, c'était aussi, pour qui savait s'en servir, une arme redoutable. Les courtisanes, autrefois, avaient pris l'habitude de les dissimiler dans leurs corsages. Bien équilibrée, tranchante, cette dague était un véritable instrument de mort, le cadeau idéal si son prix n'avait pas été prohibitif : Cinq chiffres. Cela n'entrait pas du tout dans ma bourse, je ne pouvais me le permettre. À regret je la reposai et continuai ma quête en vain.
Le soir tombait lorsque je revins à L'aurore. Cachée au coin de la rue, j'épiai le brocanteur qui fermait son magasin. Insouciant il composa un code sur le système de sécurité, puis baissa son rideau de fer avant de s'éloigner, il était dix neuf heures. À l'intérieur j'avais repéré une caméra de surveillance dans l'angle gauche de la pièce, tournée vers l'entrée il était impossible de se soustraire à sa vigilance. Cependant j'avais aussi découvert de ce coté une porte qui était dans son angle mort, avec un peu de chance c'était l'arrière boutique et elle donnait sur la ruelle de derrière. J'attendis que l'homme ne soit plus à porter de vue pour vérifier. Il semblerait que le dieu des voleurs soit de mon coté, une porte se découpait en effet sur le mur, restait à espérer qu'elle me mènerait au but. J'examinai un instant la serrure avant de reprendre mon chemin, un projet se dessinant déjà dans mes pensées.
Le lendemain je passai ma journée à apprendre comment forcer une serrure, ce ne fut que le dix huitième coup de l'horloge qui m'arrêta. Je me rendis une nouvelle fois au magasin pour épier sa fermeture, mais cette fois je me mis juste en face du magasin. Et alors que je faisais semblant d'attendre quelqu'un, je notais le chemin de la main de l'homme sur le cadran du code. En haut à gauche, puis en bas, puis un peu plus et enfin en bas à droite.  L'homme ne m'adressa aucun regard, j'étais trop loin pour éveiller sa suspicion. Je n'avais d'ailleurs pas pu voir les numéros, mais cela avait peu d'importance, ce qui me manquait était leur ordre. J'étais donc prête pour perpétrer mon premier vol. Demain j'attendrai que minuit sonne pour rejoindre le lieu du crime. Le plan se déroulait en deux parties, dans un premier temps je devais neutraliser la caméra, pour cela j'allais passer par l'arrière. Une fois à l'intérieur je me glisserai sous la caméra pour prendre une photo de la pièce, c'est la partie la plus délicate de mon plan, je misai sur l'espoir que la lumière de l'appareil n'alertera personne, il y avait certes un risque, mais je l'estimai minime. Ensuite il ne me restera plus qu'à placer la photographie devant l'objectif de la caméra, ce qui ne sera pas difficile grâce à ma queue. Cette première étape terminée, je ressortirai de l'entrepôt pour désactiver l' alarme. Après avoir forcé le rideau de fer (un simple cadenas le retient au sol) je saupoudrerai de poudre le code afin de découvrir les empruntes digitales. Ne me restera plus qu'à composer le code et à entrer. Facile, enfin en théorie.

Divin témoin 112
Par solenne&chloé - Publié dans : Divin témoin - Communauté : Passion d'écrire
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