
- C’est ça, glousse toi là haut, mais je t'assure que ça va se payer.
Puis mon attention fut attirée par le beau blond qui était encore à terre. Ça va ?
- Comment tu as fais ça ?
- Fais quoi ?
- Comment m’as tu mis à terre ?
Je hocha les épaules et rentrai sans répondre.
- Comment ce fait-il que ce soit si long ?
- Il faut reprendre toute l’instruction, refaire les procédures, bref ça va être long environ un an.
- Comment est-ce possible ? Le premier jugement n’a nécessité qu’un mois de préparation ?
- Ce n’est pas pareil. Je sais que tu n’as pas compris ce qui s’est passé lors du procès alors je vais t’expliquer. En fait si la condamnation est si peu élevée c’est qu’il s’en est fallu de peu
pour une relaxe. Les avocats de Blaise ont démoli la majorité des preuves et celles qui restaient ont été rejetées. Si bien que sans ton témoignage il aurait été relâché. Les policiers tiennent
une occasion exceptionnelle de condamner l’un des pires meurtriers de notre histoire. Ils ne veulent pas prendre de risque, alors l’enquête du meurtre du Fuzzi et ses conséquences est réouverte.
Toutes les procédures sont à reprendre. Sans oublier qu'il faut mener de front celle sur ton meurtre. Ils ont été trop vite la première fois, ils ne veulent pas refaire la même erreur, ils
n’auront pas d’autre chance.
Je regardais colgate boy qui baissa les yeux alors je me tournai vers le prêtre.
- Pitié, lançai-je désespérée.
Il me fit un sourire triste.
- Tout ce que je peux faire c’est essayer d’améliorer ton quotidien. Tout le monde te croit morte, alors il va être possible de t'attribuer une fausse identité. Ainsi tu pourras finir tes études
ici. Cela te convient-il ?
Je l’aurais embrassé. Si j’avais su que reprendre la Fac m’aurait procuré autant de joie ! Je dois aimer souffrir, j’aurais pu passer une année tranquille. Je me contentai de lui lancer un
« yes » enthousiaste. Je vis le gros homme, qui avait du comprendre que la situation était maîtrisée, esquisser un mouvement pour partir alors je le retins :
- Ce que j’ai dit tout à l’heure était vrai, j’ai réellement entendu Blaise parler de taupe.
Le blond traduisit :
- Thanks, me répondit-il.
- Attendez une minute, tout le monde me croit morte, mais ma famille ?
- Désolé.
Comment ça désolé, elle doit être effondrée il faut la rassurer. Lui dire que je vais bien.
Puis les mots du curé me revinrent à l’esprit, on ne pouvait pas les prévenir sans les mettre en danger. Des images de ma mère effondrée, de mon frère en deuil et de mon père anéanti
m’apparurent. Je sentis une larme couler sur ma joue. Harassée je remontais me coucher, personne ne m’en empêcha. Plus tard dans la journée le prêtre passa la tête par la porte de ma chambre.
- Tu comptes rester ainsi toute la journée ?
- Pourquoi pas ?
- Si c’est pour faire ça je ne vois pas pourquoi gueule d’ange s’esquinte à te trouver une fausse identité.
divin témoin 10