Partager l'article ! Les crocs de la justice 8: Lorsqu’il tourna afin de rejoindre sa chambre, Soren sentit l’enfant se crisper, il s’arrê ...
Lorsqu’il
tourna afin de rejoindre sa chambre, Soren sentit l’enfant se crisper, il s’arrêta quelques instants pour voir ce qui lui arrivait. L’enfant paniqué posait son regard partout, puis il vit le
plafond avec son ange reconnaissable entre tous, le seul personnages de tout l’édifice, le reste des plafonds était couvert de signes abstraits créant parfois une impression de vertige, mais
souvent reposants. Le regard de l’enfant se fit plus tendre alors qu’un sourire naissait sur ses lèvres.
«Il semble te plaire mon ange, c’est vrai qu’il vieille sur moi depuis bien des années, il connaît tous les secrets des puissants mais ne les révèle qu’à celui qui sait écouter. Tu sais… »
Tout en reprenant son pas, Soren se lançait dans une explication sur les anges, être féeriques qui auraient parcouru ces terres il y a bien longtemps. Mais alors qu'il s'envolait dans son exposé il remarqua que les lèvres de l’enfant n’esquissaient plus un sourire, elles chiffraient. 336 chuchotaient-elles, 337, 338, ainsi de suite. Étonné l’intendant s’arrêta pour chercher ce qui pouvait bien retenir ainsi son attention, aussitôt le décompte cessa. Qu’est ce qui pouvait bien être ainsi répertorié ? Se demandait l’homme, le regard du garçon ne s’attardait sur aucun détail. Encore une lubie enfantine, se dit-il en reprennent ses pas et le décompte suivit.
«J’espère que tu ne comptes pas les choses que tu pourrais voler, fit-il dans une plaisanterie qui n’amusait que lui. Puis soudain il comprit.
-Tu comptes mes pas ! Tu calcules les distances pour refaire le chemin inverse, incroyable !
Un rire le secoua, alors qu’il passait une main affectueuse dans les cheveux de l’enfant.
- Tu es vraiment un enfant incroyable ! Et sale aussi fit-il en regardant sa main. N’espère pas pouvoir t’échapper, dès demain tu iras à l’orphelinat. »
Ils étaient arrivés dans une petite chambre tristement meublée. Le lit placé contre le mur de droite semblaient avoir quelques années de trop, sur la cloison opposée se trouvait un immense bureau. Au fond, une armoire complétait l’habillement de la pièce. Soren posa l’enfant sur la table.
«Je sais que ce n’est pas très beau, fit-il autant pour lui que pour son invité. Mais j’ai des fruits dit-il en brandissant une Banorange. Et même une salle de bain. Commençons par les fruits, tu en veux ? »
Kiera dévisagea d’un œil méfiant l’homme qui lui tendait à manger. Ses yeux noisette s’étaient à nouveau éteints, ils ne prenaient de l’éclat que quand il parlait des choses. Le doute l’assaillit quelques instants, est-ce qu’il essayait de l’empoisonner ? Elle ne l’avait pas vu faire de mouvement suspect, mais il était capable de choses surprenantes, comment avait-il compris tout à l’heure ? Elle comptait pourtant dans sa tête. Tout en saisissant le fruit la louve savait qu’elle devait se méfier. Elle était épuisée et le manque de nourriture tarissait son énergie cependant elle puisa dans ses dernières forces pour lancer un sort de détection de poison. Elle vit l’homme en face sourire de cette prudence, un sourire qui ne se répercutait pas dans ses yeux. Le fruit était à présent sûr, elle ne prit que quelques secondes pour le déguster. Qu’avait-il donc vécu pour qu’un ange garde ses secrets ? S’interrogea-t-elle en jetant son trognon par terre. Elle n’était pas rassasiée mais son énergie commençait déjà à se reconstituer.
«On ne met pas les déchets par terre ! tonna l’homme. La poubelle est là-bas, soit tu l’appelles, soit tu y vas, mais en aucun cas tu ne mets tes détritus au sol !»
Les rides de l’homme s’étaient creusées alors que la colère éclairait son visage normalement doux. Sa mâchoire carrée et sa carrure de combattant renforçaient son emportement lui donnant sûrement plus d’importance qu’il n’en avait réellement. Kiera sauta de la table et ramassa son trognon sur le sol dallé, la poubelle était près de la porte. Toutefois, tandis que ses pas la rapprochaient de l’extérieur ses pensées l’enfermaient. C’est certainement un piège, songeait-elle, cet homme n’est pas stupide, et le palais doit être rempli de gardes à cette heure, mieux vaut attendre la nuit, quand tout est calme, là sera mon heure. En se retournant elle vit à nouveau le sourire triste de son geôlier.
«C’est bien, je n’aime pas la technologie, elle rend les gens faignant. Faire les choses par soi-même est quand même plus intéressant. Bien, maintenant passons au bain, je n’ai jamais vu de personne aussi sale que toi ! Tu viens ?»