Partager l'article ! La louve et le prince 109.: La louve et le prince, tous les articles. - Je ne veux pas repartir, hoque ...
La louve et le prince, tous les articles.
- Je ne veux pas repartir, hoquetai-je quelques secondes, tandis que je sentais sa présence près de moi, alors qu'il ne disait toujours rien.
- Je le sais, souffla-t-il rudement en posant un baiser sur mon front visiblement glacé, car je ne sentis pas la différence de température avec son corps naturellement dénué de tiédeur.
Plus tard nous nous installâmes pour la nuit. Une fois le feu dressé et le lapin embroché au dessus je me sentis bien mieux. C'était une idée de Prince, même s'il se garda d'en faire état à haute voix, il savait que j'apprécierais de sentir l'alléchante odeur en buvant une bonne rasade d'eau fraiche.
Ensuite, nous nous affalâmes l'un contre l'autre devant le coucher de soleil, dans un silence qui ne me dérangea pas davantage qu'il ne parut le gêner de son côté.
- Je voudrais... commençai-je d'un timbre incertain. Je voudrais...
J'ôtai lentement ma tunique ainsi que la jupe à mi genoux. Je me couchai devant lui. Je le regardai considérer mes traits de petite fille
aux longs cheveux clairs. Il continua de me fixer d'un regard sévère. Je ne pus détailler le mouvement trop rapide pour mes yeux sombres. A présent, il était nu près de moi,
appuyé sur le coude. Il se pencha sur mes lèvres pour me donner un baiser lent, exigent, qui me laissa hors d'haleine. Puis il me caressa lentement, avec de doux mouvements circulaires, en posant
ça et là des baisers légers et langoureux. De mon côté je lui répondis par des mouvements désordonnés, un peu fiévreux, qui parurent lui plaire assez. Puis il s'apaisa graduellement. Au supplice,
je l'interrogeai de mon regard brun. Le sien demeura impénétrable, mais il prononça d'un timbre apaisé :
- Si tu possédais toutes les données je pense que tu pourrais te voir comme une élue comblée.
Je posai mille questions silencieuses, auxquelles il répondit d'un hochement de tête dans un gloussement à peine audible.
- Je le sais pour nous deux, fit-il avant de faire glisser ses lèvres sur mon front à présent plus chaud.
J'effleurai en pensée quelques considérations. Son amour, qu'il traduisait à sa damnée manière. S'il ne m'avait pas tant aimée, il ne se serait pas autant appliqué à me faire souffrir presque sans cesse. Ainsi faisaient les immortels ! Je me tournai dans mon sommeil, enfin apaisée par ces pensées qui me parurent sonner juste. De son côté... Qu'avait il à s'agiter ainsi, il faisait peur à Rubis qui piétinait rageusement. Encore ensommeillée j'ouvris les yeux à grand peine pour hurler à pleins poumons. Prince convulsait ! Les yeux grand ouverts mais d'un blanc laiteux, il parlait aux Dieux, compris-je. Je me levai pour apaiser l'étalon qui menaçait à partir en piaffait. Il était si affectueux avec nous que je ne l'attachais jamais, ce qui me parut soudain une grossière erreur. Mais non, il se laissa approcher quoique fort tremblant.
- Voilà, voilà, celui qui sait parle à ses supérieurs, mon joli, regarde, il va se calmer. D'accord, je sais bien que tout de suite sans ses yeux d'or il est moins séduisant, mais toi tu devrais t'en moquer, je te signale !
Vous voyez un peu le genre de bêtises que l'on peut débiter pour calmer un animal affolé. Prince finit par se calmer et je souris d'amour en le voyant me chercher dans son demi sommeil.
- Je suis là, amour.
Il ouvrit les yeux à grand peine.
- Qu'est ce que tu fais debout, c'est tout juste l'aube ?
- Tu m'as réveillée, et tu as fait paniquer notre fier destrier.
- Oh.
Il se leva pour nous rejoindre. Rubis le laissa s'approcher sans cesser de trembler.
- Voilà, mon bel ami, tout va bien, je suis là à présent.