Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 01:15

 

La louve et le prince, tous les articles.

La louve et le prince, résumé.

 

- Je ne te laisserai pas partir, lâcha-t-il avec autorité. Si tu ne me suis pas de toi-même, je te tiendrai prisonnière.

Je n'avais pas eu l'intention de m'en aller, c'était sans doute le pire. Je l'aimais jusqu'à l'os. J'étais déjà prisonnière. Pire encore : je ne le pardonnais pas particulièrement par des considérations raisonnables. J'aurais pu me dire que les vampires étaient réputés pour aimer la fornication, que c'était donc dans sa nature, qu'il n'y avait rien d'autre à expliquer. Mais non, je ne pouvais simplement pas le quitter parce que je l'aimais trop. Il ne me restait que la force de le haïr pour ce qu'il avait fait. L'albinos dansait d'un pied sur l'autre.

  • - Tu lui fais mal à force de tirer, nota le vampire. Il est déjà arrêté, ne vois-tu donc pas ?

inquiete.jpgJe réalisai que si la monture avait stoppé, c'était parce que j'avais tiré sur les guides, ce que je continuais à faire sans m'en apercevoir. Je les relâchai, flatta son cou, ce qui le détendit un peu. Je demandai le galop.

  • - Je suis ce sentier tout droit ?

  • - Oui, Tarah, c'est très bien. Continue d'avancer.

La louve en moi se rebella devant sa façon de croire qu'il me maîtrisait. Ironiquement, je fis oui de la tête et cessai de réfléchir. Tout ce qui comptait c'étaient ses mains autour de ma taille fine. Et le sentier. Et ma rage, satisfaite par le martèlement des sabots qui me ballotait en une course folle, laquelle me donnait l'impression d'évacuer le mal qui se déversait entre le vampire et moi-même. Pour finir, il ordonna d'arrêter, ce que je fis comme un automate toute juste articulé, mais en tout état de cause, incapable de former une réflexion cohérente. Une fois au sol Prince annonça en s'égosillant qui il était et qu'il souhaitait rencontrer lutins et fées. Nous attendîmes un long moment mais personne ne paraissait disposé à apparaître.

  • - Pas de panique, dit il, je vais retrouver leur traces avec mon flaire de panthère.

  • - Ce n'est pas moi qui ai le meilleur flaire ?

  • - Laisse moi d'abord essayer, d'accord ?

Et hop, il fut panthère au raz sur sol. Le nez en l'air, il eut l'air ridicule mais le plus grave fut qu'il ne trouva rien. Enfin il redevint homme tandis que je me changeais en loup. Je m'étais un peu avancée. Je ne sentis rien de très fort, ne sachant pas ce que je cherchais j'abdiquai rapidement. Prince désigna aussitôt au sol ce que j'avais déjà vu : des empruntes de pieds d'enfants.

  • - Cela peut-il nous mener jusqu'aux lutins ? Questionnai-je incrédule.

  • - Oui, entre le gnome et l'humain, le lutin mesure environ un mètre. Cela pourrait correspondre. Par contre il va falloir continuer à pied, sur le dos de Rubis nous ne verra pas les traces. Du moins je vais marcher, remonte, toi.

Avant que j'aie pu contester il faut panthère, donc je fis ce qu'il disait. Je le suivis sagement au pas pendant une heure puis je l'interpellai sur un ton ironique :

  • - Chéri ? D'un, je m'ennuie, de deux j'ai faim, mais c'est peut être parce que je m'ennuie. Je m'ennuie, je l'ai dit, déjà ?

Prince prit le temps de se changer en lui même, de passer les vêtements que je lui lançai et d'enfin se retourner avant de répondre, bougon :

  • - Nous allons finir par les retrouver, mais je ne vois pas comment faire autrement. Je suis désolé que tu aies confondu notre mission avec des vacances à la campagne. Tout n'est pas toujours plaisant quand on est celui qui sait, je croyais que c'était déjà clair...

Il ne put continuer car maintenant j'étais tout contre lui, descendue de cheval, je lui adressais un regard mauvais. Je fis apparaître mes canines de louve, lui offris un rictus probablement répugnant. Il ne se défit pas de son sang froid. Je repris forme humaine, puis me ravisai, pour finalement me faire louve. Je jetai un regard à Rubis, qui trépignait derrière nous, probablement mal à l'aise. Enfin, je me mis à suivre la traces à toute allure, puisque telle était l'obsession de l'immortel.

L'après midi s'annonça déprimante, à dix-sept heures nous n'avions toujours pas trouvé les lutins. A vingt heures, surprise moi-même de ce qui se passa subitement, je me mis à tituber, puis je mordis la poussière. Ma vue se brouilla, puis je me sentis partir.

  • - Prince ! Appelai-je en reprenait à peu près forme humaine.

Il ne dit rien pour me rassurer. Mes ses doigts se mirent à lisser mes cheveux emmêlés.

 

  • - Bois un peu, me rudoya-t-il lorsque je m'éveillai, plus faible que je ne me m'étais jamais sentie jusqu'à présent.

J'opinai et retins mes larmes en avalant l'eau qui coulait d'une source verticale, les yeux clos, seulement concentrée sur cette opération qui me parut démesurément laborieuse.

  • - Je ne veux pas repartir, hoquetai-je quelques secondes, tandis que je sentais sa présence près de moi, alors qu'il ne disait toujours rien.

  • - Je le sais, souffla-t-il rudement en posant un baiser sur mon front visiblement glacé, car je ne sentis pas la différence de température avec son corps naturellement dénué de tiédeur.

La louve et le prince 109.

Par chloé - Publié dans : La louve et le prince. - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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