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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
Quelque chose passa dans ses yeux, comme si j'avais raison, mais
que c'était ce qu'il aimait chez moi, ce qui me fit un sale effet. Quelques secondes s'égrenèrent, dont je profitai pour me poser d'innombrables mais vaines questions. Finalement Prince annonça
qu'il m'emmenait visiter les souterrains des efles jusqu'à chez Yule que nous devions rejoindre, nous irions à pied, ce n'était pas bien loin. Misère...
Mais pour rien au monde je ne me serais plainte. J'avais assez pleurniché dans mon monde, ce nouveau départ me trouverait plus forte. Et Prince m'aida bien en faisant le guide. Nous avions informé la jeune servante que nous reviendrions en début d'après midi. Maintenant il m'expliquait les modes de construction, les raisons de telle ou telle forme de bâtisse, il me conta la façon dont les elfes sortaient chasser comme toutes les races qui peuplaient la forêt de Terra. En somme il aimait le côté naturel et proche de l'environnement de son monde, comprit-il maintenant qu'il avait un point de comparaison, le mien. Cette discussion m'y ramena et pour la première fois depuis que j'étais arrivée, je songeai à ma famille. Mon père était un puissant chef de clan, oui les loups garous étaient divisés en clans. Je me sentais assez éloignée de lui, j'étais pour ma part réservée et je fuyais les réunions qu'il animait, mais qui étaient sa raison de vivre. Mon frère était un tombeur, de dix ans mon aîné. Nous avions été complémentaires, j'étais timide tandis qu'il n'avait peur de rien, finalement nous nous taquinions beaucoup, c'était une tendre relation qui s'ignorait. Cette pensée m'arracha un pincement au cœur. Je tâchai de me concentrer sur ce qu'expliquait Prince mais ensuite mes souvenirs me ramenèrent à ma mère. Cette fois les larmes coulèrent, elle était la seule à réellement me connaître et c'était réciproque, nous nous aimions d'un amour viscéral.
- Qu'est-ce qui se passe ? Fit Prince. Tu trouves ça émouvant que les elfes sont excellents sculpteurs et dessinent souvent les frises qui ornent leur maison eux-mêmes ?
- Pardon, je me suis perdue dans mes pensées.
- A savoir ?
- Je pensais juste à ma famille, ce n'est pas grave, continue, je t'en prie.
Il dut bien voir que je n'avais pas envie d'en parler, ou peut-être ne vit-il pas comment me remonter le moral, alors il partit dans des propos délirants et finit par m'arracher des sourires et même des éclats de rire. Jugez vous mêmes :
- Oui, il existait d'affreuses petites créatures qui peuplaient les cieux. C'étaient de petits vers avec de très gros yeux globuleux.
Il plaça ses mains sur ses yeux pour mimer des orbites énormes.
- Ces petites créatures étaient toujours fatiguées parce qu'elles devaient utiliser des forces herculéennes pour porter leurs yeux plus gros qu'elles. Le soucis était que ces petits vers étaient les êtres qui avaient pour rôle de pondre les prophéties. Alors tu vois elles se réunissaient en troupeaux de petits vers pour parvenir malgré leur épuisement à faire du bon travail. Là elles s'accouplaient en se soufflant dessus, et les prophéties sortaient de leurs oreilles neuf mois plus tard.
Il mima tes tonnes de petits vers de ses doigts.
- Mais tout de même ils faisaient toujours des bêtises. Et une fois que la prophétie tombait c'était trop tard pour se rattraper. Or ce jour là les petits verts aux très très gros yeux cherchaient une jeune femme pour sauver un peuple. Ils trouvèrent bien cette demoiselle, farouche louve à la perspicacité redoutable, ils se dirent super, on a notre sauveur ! Mais ils avaient oublié de vérifier qu'on pouvait la déraciner de son monde sans risque. Alors ce jour là, pouf, celui qui savait ravit la belle, très honoré de pouvoir l'approcher. Celui qui savait était un truc bizarre, avec des oreilles immenses, comme un éléphant, et un corps tout fin. Pareil, il était le fruit des petits verts.
Il avait mimé de grandes oreilles à la place des siennes qui auraient traîné au sol.
- Donc le pauvre garçon se retrouva dans le monde perdu avec la jolie demoiselle.
- Comment ça finit ? Souris-je.
- Ils arrivèrent chez Yule et prirent une délicieuse liqueur à la rose.
Sur ce il frappa et assez vite, alors que j'étais encore secouée de quelques spasmes de rire, une demoiselle nous ouvrit la porte. Hum, je devrais me renseigner sur le sort de ces petites servantes, je trouvais cela inquiétant que les elfes pratiquent l'esclavage. Mais il fallait avouer que j'en faisais peut être un peu trop, les servantes n'avaient pas l'air malheureuses.