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Le destin des immortels, pour les nouveaux venus.
Le destin des immortels 95.
J'avais occupé la journée plus que de raison. J'étais là quand ils rentrèrent, nus comme des vers, chaleureux. Rien ne laissait voir que Sofiane savait, pourtant j'en étais convaincu. C'étaient
les vampires, me martelai-je, ils pouvaient me cacher n'importe quoi, s'ils le souhaitaient leurs traits pourraient exprimer le bonheur alors que leur âme se mourait, à supposer qu'ils en eussent
une, bien entendu. Ils n'avaient rien à déballer : comme à l'allée il étaient arrivés en chauves souris mais maintenant ils s'étaient habillés et trois verres de punch s'entrechoquaient entre nos
mains. Puis la colère franchit enfin le frontière de mes lèvres :
-
- Tu ne te demandes pas pourquoi je ne t'ai pas encore embrassée, alors que j'ai serré Sofiane dans mes bras avec émotion, attaquai-je Shalimar ?
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- Non, parce que je le sais déjà. Maintenant j'attends de savoir comment nous faisons : sache que j'aimerais tout de même te revoir souvent.
Soudain mon bras fut trop mou pour soutenir le verre, et si le vampire ne l'avait pas rattrapé au vol il eut chu sur le carrelage blanc.
Une fois l'ordre remis je m'aperçus qu'il me tardait de m'éloigner de la vampire. Elle était calme comme un lac, ses traits toujours chaleureux.
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- Tu ne dois pas lui en vouloir, prononça doucement mon blond protecteur. Elle s'est préparée, simplement, à respecter ton choix, si tu souhaites tant qu'elle se répande en hurlements pose
toi des questions sur tes sentiments : peut être n'ont-ils pas disparu, en réalité.
Affolé je vis ainsi un vampire m'inviter à saisir ma dernière chance de récupérer l'immortelle qu'il aimait. Peut être était-ce plutôt un ultime pacte : si je la lui laissais, plus jamais il ne
me laisserait m'en approcher. Ce devait être cela, songeai-ce en le dévisageant sans retenue. Puis je songeai à ce qu'il avait dit. Je secouai la tête, ce n'était pas cela. Comment nous
laissait-elle parler d'elle comme si elle était absente sans réagir ? Je posai de nouveau le regard sur ses yeux noisette, et je compris enfin : elle était figée en cette attitude chaleureuse
qu'elle s'était forgée, un masque rigide. Il avait raison. Je la pris par la main :
Je la tirai jusqu'au champ, inspirai un grand coup pour ordonner les idées dans ma tête, pour une fois le désordre qui y régnait n'avait rien à voir avec le désir.
-
- Je t'aime toujours, dis-je, comme celle qui m'a sauvé, celle qui m'a donné une raison de vivre pendant des années, celle que j'ai aimée comme un homme aime une femme, et surtout comme celle
à qui je voue une affection qui n'a rien à voir avec cela. Nous ne serons plus amants mais pour moi nous resterons les meilleurs alliés que la terre ait jamais portés. Mais c'est toi qui a
commencé à t'éloigner, t'en es tu aperçu, Shalimar ?
La statue de glace se craquela alors que la façade chaleureuse s'effaçait au profit d'une expression concentrée.
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- N'aie pas peur d'être sincère, l'encourageai-je. Tu es un vampire intrépide pour les autres, mais pour moi tu es la femme que j'ai aimée, frêle entre mes bras.
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- Je n'ai rien à expliquer, commença-t-elle tendue.
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- Je le sais, Shalimar.
-
- J'ai fait du passé une bulle de bonheur, elle bat à la place de mon cœur. Le futur s'ouvre devant nous, et je t'y vois comme la bouffée de vie que tu as toujours été. Si d'amant tu deviens
mon plus précieux allié alors rien n'est perdu, le bonheur n'est pas terminé.
Elle se posta face à moi, très près, comme nous ne l'avions pas été depuis des semaines.
Je le fis avec plaisir, maintenant que la façade était tombée elle était de nouveau la femme que je connaissais comme moi même. Je caressai son visage et enfouis la main dans ses cheveux alors
qu'elle posait un doux baiser sur mon front. Elle revint à mes yeux pour conclure :
-
- Ton aimée n'a qu'à bien se tenir, car je veux que cet homme là, ce lycan, soit le plus heureux que la terre ait vu naître. Tu mérites tout, mon bel amour passé, mais si tu l'as choisie je
suis sûre qu'elle peut te l'offrir et te donner le besoin de le lui offrir en retour.
Je la serrai fort, et loin des larmes, ce fut un sourire immense qui naquit sur mes lèvres. Voilà ce que j'étais venu chercher, des mots tendres dits et reçus, ni plus ni moins, pour clore une
relation et en rouvrir une immédiatement, avec exactement les mêmes personnes, mais sur d'autres bases. Je la tins par la taille alors que nous retournions à l'intérieur. Tranquille, Sofiane
servit le dîner et on se raconta tout ce qui nous manquait, tous les non dits furent portés à la lumière. Chacun prit plaisir à écouter l'amour des autres car en fait les choses s'étaient
modifiées simultanément des deux côtés, aussi personne n'était-il floué. Finalement nous vécûmes la rupture comme nous avions vécu la relation : là où il aurait dû y avoir de la jalousie et de la
colère, il n'y eut que compréhension et joie les uns pour les autres.
Le destin des immortels 97.