Partager l'article ! Les crocs de la justice 11: Sa voix mourut sur ces mots, Soren resta muet. Ses oreilles ne captaient plus aucun son, son mon ...
Sa voix mourut sur ces mots,
Soren resta muet. Ses oreilles ne captaient plus aucun son, son monde s’était enfermé sur lui, sur lui et sur l’orphelin, sur cet enfant, sur cette… fillette !
«Tu es une fille, fit-il dans un souffle. » Il avait besoin d’ancrer cette donnée dans la réalité.
L’air commençait à lui manquer, il suffoquait. Kiera sentit que le vieil homme vacillait. Il était blême et avait du mal à respirer.
«T’as quoi ?
- Tu es une fille, articula de nouveau le vieil homme.»
Kiera était perdue, elle ne savait comment aider l’intendant. Mais alors que ses larmes commençaient à dévaler ses joues une voix mauvaise lui susurrait que c’était bien ainsi. Si ce vieillard mourrait elle pourrait facilement s’échapper, déjà son esprit élaborait un plan. Puis sa raison reprit le dessus, non il ne devait pas mourir ! Ne sachant que faire Kiera se mit en désespoir de cause à arroser le malade, quand elle perdait l’esprit un peu d’eau la rafraîchissait toujours. Sa méthode semblait d’ailleurs porter ses fruits, l’homme reprenait des couleurs, encouragée l’enfant intensifia ses éclaboussements.
«C’est bon, c’est bon. Je suis trempé !
- Tu m’as fait peur ! l’accusa-t-elle.
Il posa sur elle un regard indéchiffrable.
- Excuse moi j’ai été surpris, mais ça change tout. Comment est-ce possible ? Oui ça change tout.»
Son regard perçant se posa à nouveau sur la fillette intimidée. Maintenant qu’elle était propre cela était évident, ses yeux violets, ses cheveux argent, ses traits fins, tout en elle respirait la féminité. Elle sera une femme superbe ne put s’empêcher de remarquer Soren, oui mais une femme dangereuse. Que faire d’elle ? Soren était un homme habitué à prendre des décisions, il avait beaucoup vécu et malgré sa réaction peu de choses le surprenaient. Déjà son esprit avait retrouvé son calme, il percevait froidement les solutions et leurs ramifications, il devra faire un choix.
«Sèche toi et rejoint moi dans le chambre, je dois me changer, fit l'homme soudain froid. »
Alors que l’enfant fit un geste vers ses vêtements il compléta son ordre.
- Ne touche pas à ces affaires, enroule toi dans ta serviette».
Puis il sortit. Il eut à peine le temps de changer de tenue que l’enfant penaude fit son apparition.
«Je dois aller soigner l’homme que tu as blessé, prends ça et choisit toi un kimono sur Internet, l’adresse de livraison est la chambre 4 445 du château, tu t’en souviendras ? »
L’enfant était déjà penchée sur la plaquette qu’il lui avait donnée. Elle pianotait au hasard des touches qu’elle trouvait traçant un chemin cybernétique improbable.
«Tu t’es déjà servie d’un O’pad ?»
Elle secoua la tête dans un signe de négation. Parfait se dit-il, cela l’occupera suffisant longtemps.
«Verrou niveau 7» ordonna-t-il à la chambre avant de partir. Ce niveau était le dernier, même les fenêtres étaient bloquées.