Partager l'article ! Les crocs de la justice 119: A l’entrée un garçon récupéra la moto volante, Kiera la regarda s’en aller alors que son cavalier était ...
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l’entrée un garçon récupéra la moto volante, Kiera la regarda s’en aller alors que son cavalier était fouillé.Elle n’avait jamais compris comment un engin aussi ridicule avait pu éclore dans
l’esprit d’un concepteur. S’était-il réveillé un jour avec cette idée ou fut-il inspiré par un dessin d’enfant ? Nul ne le savait, mais la naissance de ce phantasme laissait toujours la jeune
femme perplexe. Une moto volante était exactement la même chose qu’une moto terrestre avec juste une grosse hélice sur le dessus de l’engin. Puis l’inventeur était apparu dans une émission bidon
et avait présenté ça comme une révolution, et tout le monde l’avait cru. « L’être humain est décidément bien surprenant » se dit-elle reprenant sans s’en apercevoir les propos du démon.
Depuis les bolides s’étaient améliorés, ils avaient gagnés en stabilité et en vitesse quand des réacteurs leurs furent posés, mais jamais sa forme burlesque ne fut changée au grand dam de la
jeune femme. Enfin la fouille prit fin, elle se saisit du bras du Duc puis entra à ses cotés. La salle était splendide, une forêt holographique avait été recrée pour l’occasion. On ne percevait
plus les murs de la salle qui disparaissaient sous un flot de couleur, de verdure. Un parfum artificiel embaumait l’air créant un sensation d’herbe mouillée, de rosée du matin. Au milieu de la
salle courait une rivière cristalline, ondulant parmi les convives elle charriait des éclats de diamants. Un frisson parcourut la louve il faisait frais. « On se croirait à la maison »
songea-t-elle. C’est alors qu’un flash retentit, chaque invité était photographié dès son arrivée, une innovation demandée par Naël et approuvée par sa mère.
« Vous voila arrivée, je vous souhaite une bonne soirée même si je n’ai eu aucun plaisir à vous connaître.
- De même, répondit-elle distraitement, déjà elle scrutait la salle et ses invités.
- Une dernière chose, enlevez votre capuche si vous souhaitez qu’on vous reconnaisse. »
Puis le Duc s’en alla. D’un regard la louve parcouru la pièce, les conviés étaient encore peu nombreux, elle reconnut plusieurs nobles et quelques âmes en peine, certainement des invitées dont le cavalier n’était pas encore arrivé, rien de suspect. Au fond du bosquet se tenait Soren qui devisait avec l’embrouilleur, il semblait s’amuser comme un enfant devant un nouveau gadget, ses gestes larges trahissaient son empressement et son enthousiasme, l’intendant jouait. Étonnamment Soren avait toujours apprécié ces paris, c’était quelque chose qu’il ne s’expliquait pas, il aimait ça et c’était tout. Lorsqu’il racontait ces fêtes à Kiera le soir pour l’endormir il ne lui narrait que ces instants où tout était possible.
« Madame De fac avec Monsieur De Puis, pourquoi pas, disait il d’un air mystérieux, c’est en tout cas ce que m’avait conseillé l’embrouilleur. Cependant ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace. Et tu sais ce qu’on dit sur l’embrouilleur Kiera.
- Il embrouille, répondait l’enfant excitée.
- Alors oui Madame De fac avec Monsieur De Puis, pourquoi pas mais que dire de la jeune femme qui ne la quittait pas du regard, oui ma fille que dire de cet étrange trios ? J’ai imaginé que la petite n’était autre que la fille cachée de Madame De Fac, une enfant issue d’un amour déchu dont la noble ignorait tout.
- C’est impossible papa, on sait qu’on est enceinte quand on est une femme.
- Hélas pas toujours, cet homme l’aimait tellement qu’il lui a fait une petite dans le dos. Quand on aime suffisamment c’est possible Kiera. Et cet enfant perdue dans cette robe trop grande, dans cette salle trop abondante, ressemblait tellement à cette femme. Certes au niveau physique elle avaient peu de points communs, mais au niveau du cœur... si les gens pouvaient voir leur âme cela était tellement évident !
- Tu les vois toi les âmes ?
- Las non, mais je les devine car c’est mon métier et je suis assez fort à ce jeu là.
L’enfant ouvrait des yeux ronds d’émerveillement devant ce monde où tout était réalisable. Bien sur elle n’y croyait pas mais son père avait été à une fête et là bas il parait que tout était envisageable, alors pourquoi pas un homme qui avait fait un enfant à la femme qu’il aime.
- J’ai pensé que Monsieur De Puis, qui a fait un long voyage à travers au sud, avait retrouvé cette enfant et l’avait ramenée à sa mère, voila pourquoi cette blonde timide ne lâchait pas la noble des yeux, alors j’ai parié Kiera. J’ai misé sur cet improbable couple qui lui-même s’ignorait, la duchesse et la blonde.»
Bien sur Soren perdait toujours mais ça lui importait peu, ces paris c’était son monde, un instant où tout était possible. Kiera le vit renvoyer l’embrouilleur un sourire enchanté sur les lèvres, il avait fini pour le moment.