Partager l'article ! Les crocs de la justice 12: «Verrou niveau 7» ordonna-t-il à la chambre avant de partir. Ce niveau était le dernier, même l ...
«Verrou niveau 7» ordonna-t-il à la chambre avant de partir. Ce niveau était le dernier, même les fenêtres étaient bloquées.
Pour l’instant la priorité de Soren était de gérer le problème qui attendait dans son bureau, ensuite il aviserait. Les soldats connaissaient l’enfant, sans compter sur les témoins du village qui guetteront le procès de l'être dont ils ont causé la perte. Dès demain il irait nettoyer la zone, en attendant il devait s’occuper d’un problème autrement plus épineux, certains êtres magiques étaient résistant à son sort d’oubli. C’était la faiblesse de ce charme comparé au puissant envoûtement d’amnésie, il ne permettait que d’effacer certains éléments de la mémoire et ne fonctionnait que sur certain êtres, sans compter sur son temps d‘incubation, le sort d‘amnésie avait un effet immédiat, celui d'oubli prenait quelques jours. Cependant il avait aussi un avantage considérable : son coût. Lancer un enchantement d’amnésie volait aussi bien les souvenirs de l’enchanté que de l’enchanteur, un prix inacceptable lorsque son enfant ne vivait plus que dans la mémoire de son père. Restait à espérer que les soldats ne seraient pas résistants au sortilège, Soren n’aurait pas aimé recourir à la magie noire. Décidément cette enfant lui causait bien des problèmes. Un cas comme celui-ci nécessitait normalement qu’on prévienne le conseil, cela n’appartenait ni à ses capacités ni à son niveau d’accréditation. Mais s’il faisait ça alors cet enfant n’aurait plus d’avenir, le conseil s’en emparait et la transformerait en cobaye. Soren était à présent confronté à ses limites, jusqu'où allait sa fidélité envers son employeur ? Il aurait préféré ne jamais le savoir. Ce n’est plus de mon âge, grommela-t-il, j’aurais du prendre ma retraite et laisser ce dilemme aux jeune chiens qui veulent ma place ! Il était arrivé, il s’arrêta sur le pas de la porte, inspira profondément et entra.
«Désolé Messieurs, mais il s’avère que déposer un orphelin n’est pas aussi simple que ça !
- Il vous a causé des ennuis ?
- Non, pas réellement ne vous inquiétez pas.
- Dès demain j’irai le voir à l’orphelinat pour lui apprendre ! Ce gamin est puissant mais il ne doit pas se prendre pour Abbal !»
L’instinct protecteur du jeune soldat fit sourire Soren, lui et Erwin se connaissaient depuis longtemps, ce garçon avait été un ami de sa fille.
«L’orphelinat subis actuellement une épidémie, j’ai du le conduire à la caserne. Vu son caractère il ne faudra pas bien longtemps avant qu’il aille au trou. »
Les hommes éclatèrent de rire. Alors qu’ils conversaient Soren s’était penché sur le malade silencieux. Il plaça ses mains autour de son visage pour tester la magie, un maléfice de base, simple, efficace et peu coûteux en énergie, un choix judicieux. En un instant le charme fut levé. Une simple incantation avait suffi.
«C’est réglé, tu n’auras aucun effet secondaire mais je te conseille de prendre du repos, je te donne un certificat d’absence.»
Le congé de Caled séparerait les deux hommes le temps que son envoûtement produise son effet.
«Une dernière chose et je vous libère, il s’est avéré que l’enfant était malade.
- Erk ! Il nous aura pourri la vie jusqu’au dernier moment.
- En effet, puis-je savoir quelle créature vous êtes ?
- Je suis un croquemitaine, fit Caled.
Parfait.
- Et moi un esprit renard»
Le regard de Soren s’emplit de tristesse, il allait devoir tué Erwin, les esprits renards étaient immunisés contre toutes les magies de la terre, ce qui expliquait pourquoi le jeune homme n'avait pas été aveuglé.