Partager l'article ! Les crocs de la justice 149: 20 Heures : Introduction Danse rituelle de la mariée : L'envol de l’affreuse chimère ...
20 Heures : Introduction
Danse rituelle de la mariée : L'envol de l’affreuse chimère pour peut être devenir une fée, du logis bien sur.
Chant matrimonial : Mélomane fuyez.
20 Heures 30 : Cérémonie.
Tirage aux sorts.
Combats.
Echange des serments.
21 Heures : retour vers la villa pour festoyer.
Lorsqu’il découvrit le
carton Naël ne put s’empêcher de sourire reconnaissant là la patte de sa mère, nul doute que Kiera n’en avait pas eu connaissance. Sahel et Arcadius n’y jetèrent même pas un œil, Dries par contre
prit son temps pour l’examiner puis, comme la majorité de la salle, releva la tête perplexe. Le temple de l’eau était un vieil édifice qui datait des constructions de l’avant guerre, du temps où
les hommes croyaient encore. Il était composé de cinq salles, les quatre premières réparties en étoile étaient entièrement construites en pierres grises uniques au monde, c’était les mi temples,
de petits édifices dédiés à un élément. Chacun était différent des autres tout en étant assez semblable pour donner une cohérence à l’édifice. De ces mi temples partaient des chemins qui menaient
au temple lui-même, l’architecte, demeuré inconnu, avait pris soin de refléter symbolique de ces éléments dans les moindres détails. Ainsi le temple du feu voyait son toit couvert de pic de
pierre bien mystérieux aux yeux des scientifiques et divins à ceux des croyants, car ils s’illuminaient sous l’effet du soleil donnant une impression de flamme éternelle. Cela n’avait rien de
magique car c’était la propriété de la pierre de feu, mais cela seule Kiera s’en souvenait. Son chemin était fait de dalles peintes en rouge. Le temple de l’air, placé un peu plus loin, était
cintré d’anneaux blanc qui fendaient l’horizon, les rocs formant son chemin étaient taillés dans le même matière. Le mi temple de l’eau était une réplique miniature parfaite du temple principal à
une différence, le mi temple était fait de pierres grises alors que le temple principal était entièrement transparent. Enfin le mi temple de la terre formait une bulle entourée d’arbres éternels.
Des arches sortaient délicatement de ses flans pour puiser dans la terre son énergie, c’était dans cette salle que les convives attendaient, dans chacun des autres édifices les mariées se
livraient au même protocole. Kiera arriva par la voie des aires chevauchant un dragon d’un bleu limpide. L’animal, comme la mariée, firent sensation. Dès qu’elle fut a terre la louve sentit son
mal aise s’accroître face à l’assemblée. Dans le mi temple régnait une douce fraîcheur et une lumière baignée d’obscurité, elle ne pouvait distinguer correctement les visages mais discernait
quand même les corps. Bientôt une musique s’éleva emplissant l’unique salle de ses notes, c’était l’heure de la danse. La gardienne savait exactement les pas qu’elle devait enchaîner pour
réaliser cette chorégraphie ridicule mais tout son être s’y refusait. Pour rester dans le thème du titre elle devait mimer un volatil en claquant des bras puis au fil de la mélodie l’étrange
volaille se transformait en ce que Kiera ne pouvait que nommer de fille de petite vertu finissant sa danse dans un magnifique soulevé de jupe. Elle n’avait pas très bien compris comment cette
danse pouvait être cohérente, il faut dire qu’elle ne s’était pas non plus penchée sur la question, persuadée qu’elle n’aurait jamais à la faire. Maintenant que l’heure avait sonnée elle
répugnait à se livrer à cette mascarade et pourtant toute la salle attendait qu’il joue son rôle, que ses bras forment un triangle avec son corps et s’agitent au grés de mouvements désordonnés.
J’aurais dû protester plus fortement, se dit la louve, et si je la plantais là déclarant la chorégraphie trop ridicule pour que je m’y livre ? Les notes s’envolaient vaporisant son doute sur le
visage des invités. Bientôt un brouhaha se fit entendre « Qu’est ce qu’elle attend » se demandait le flot des corps sans visages, la sonate s’arrêta et recommença pour le plus grand
déplaisir de la louve. Elle prit une inspiration puis jeta sa fierté aux orties, mais alors que son corps contraint se mit à bouger elle se souvint d’un temps où elle aimait danser, elle se
rappela des feux de camps où elle valsait pour la terre, de ces danses rituelle faites pour dynamiser cet univers. Ce lieu avait d’ailleurs été construit pour ça, pour ses sœurs et elles, chacune
son mi temple. Les rires résonnèrent de nouveaux à ses oreilles, c’était son temple ! Elle avait oublié le but de ces édifices quand elles y valsaient avec ses sœurs et soudain tout devint clair.
Ses pas changèrent et s’assurèrent, elle était dans son mi temple et ici c’était elle qui faisait régner sa loi. Dans un ensemble de mouvements gracieux elle fit remonter le long de ses jambes
les courants telluriques qui ruisselaient sous ses pieds faisant une nouvelle fois résonner les arches de sa puissance. Une vibration emplit l’air alors que les forces de la terre répondaient à
son appel. Soudain des larmes se mirent à dévaler sur ses joues, elles étaient si faibles ! Puis son corps se mit en mouvement pour les rassembler, unir les quatre éléments dans un même corps,
les confondre et les réanimer. Elle avait passé des vies entières à accomplir ce rituel dans l’espoir de sauver sa terre, son corps, sa mémoire maintenant savait. Mais elle avait échoué et
aujourd'hui elle ne brassait plus que de l’aire, les faibles forces qu’elle arrivait à convoquer n’étaient plus l’ombre d’elles-mêmes, elles ne résonnaient plus à travers l’univers. Un cri
d’effroi jaillit de sa bouche alors que ses pas s’accéléraient puisant toujours plus profond jusqu’à attendre le cœur de la planète : Il ne battait plus ! elle tenait en ses mains le peu de
d’énergie qui lui restait, les derniers souffles de cet organe épuisé et elle avait beau les lier, y déverser sa magie, sa vie, rien ne se passait alors elle hurla et son cri de douleur traversa
le temps.