Partager l'article ! Les crocs de la justice 2: Il vit ses comparses faire de même tout au long de la rue, la journée sera peut être an ...
Il vit ses comparses faire de même tout au long de la rue, la journée sera peut être animée fit-il avec espoir, il se remit à siffloter emportant avec lui le ressac de sa mauvaise humeur, elle reviendra, elle revient toujours.
En haut Kiera n’avait pas perdu une miette de ce spectacle, le jour s’était maintenant définitivement levé, il était l’heure de passer à l’action. Elle délassa ses muscles une dernière fois, et sans une hésitation sauta du haut des quatre étages. Personne ne vit ce petit être suicidaire, trop occupés à leur routine, trop occupés à penser qu’à eux. Le sol se rapprochait dangereusement, il était temps. La louve murmura un charme d’apesanteur et se posa comme une plume, au loin un vendeur la repéra mais ne comprit pas ses intentions. Kiera le regarda, lui sourit puis faucha trois pompèches dans l’étale qui s’étendait devant elle avant de s’enfuir laissant l’homme ébahi. Bientôt ce sera ton tour pensa-t-elle, mais patience. Comme prévu le boutiquier sortit et hurla impuissant à la vue du larcin, Kiera était déjà loin. Les pompèches n’étaient pas son fruit préféré, mais elle ne pouvait pas faire la fine bouche, d’autant plus que ça faisait plus de deux jours qu’elle n’avait pas mangé. En un instant son repas fut fini, ne laissant qu’un arrière goût de trop peu, mais elle s’était fixé pour règle de ne jamais voler deux fois dans la même journée, trop risqué. Jamais deux vols et jamais deux fois le même marchant. J’arrive, je prends ce que je peux et je repars, quand me suis-je fixée ces règles ? S’interrogea-t-elle. Elle s'était assise au pied d’une maison qui la protégeait de son ombre, une enfant comme une autre aux yeux des gens. Depuis combien de temps je vis en volant les gens ? Elle n’arrivait plus à se souvenir. Elle vit une image flou de ses parents qui l’avaient nourrie par acquis de conscience, la femme pleurait lui semble-t-il quand elle m‘a abandonnée, mais peut être qu’elle enjolivait ses souvenirs, peut être qu'elle voulait simplement avoir été désirée au moins une fois dans sa vie. Son imagination enfantine prit le relais, peut être que ses parents étaient des agents qui ne pouvaient la garder. Des agents de quelle organisation ? Quelle agence pourrait demander à ses employés d’abandonner leur enfant ? Ses rêveries s’en moquaient, seul l’espoir de cette hypothèse l’intéressait. Le temps défila faisant valser une foule indifférente au gré de ses minutes. La nuit tombée Kiera erra quelques instants afin de choisir la meilleure maison pour son larcin du matin. Lorsque ce fut fait, elle murmura un sort d'envol pour escalader plus aisément la façade. Demain, songea-t-elle, je devrais trouver un lieu pour me métamorphoser la lune est bientôt pleine. Elle devait dénicher un endroit sûr caché de tous les regards, il lui faudrait aussi une cabane pouvant lui servir de protection en cas de pluie. Kiera n’aimait pas ces nuits où elle perdait le contrôle sur son corps, elle haïssait la bête qui la possédait. Des vies qu’ils cohabitaient mais jamais elle n’arrivait à dompter ce fauve stupide. Les soirs où son heure venait enfin il se déchaînait ne pensant qu’à courir à travers ce monde qu’il ne comprenait pas. Il cherchait les arbres, la forêt, la forêt est morte hurlait-elle, pauvre fou ne vois-tu pas que cette terre périt, ce sont des hologrammes espèce d’animal dégénéré, tu ne reconnais même plus ton habitat ! Tonnait son esprit. Il s’en moquait, il auscultait le monde, puis lorsqu’il trouvait enfin des arbres son esprit s’envolait les transportant dans une joie bestiale simple. Dans ces instants, sans qu’elle ne sache pourquoi la haine de Kiera se décuplait. Ce sont des faux, criait-elle en vain à qui voulait l’entendre. Puis le loup s’apercevait de la supercherie et inévitablement la peine emportait leurs deux âmes, seule Kiera avait la satisfaction mauvaise d’avoir eu raison. Puis la nuit suivante l’animal reprenait son inlassable quête laissant sa partenaire épuisée au petit matin.