Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 20:54

 

derrier fenetreJe ne mange pas assez pour que tu puisses faire ça, tentait-elle d’argumenter, mais l’animal s’en moquait, lui aussi avait faim, faim de nature, alors quand la nuit devenait son domaine il se mettait en chasse. Au moins il a peur de l’eau maintenant, se dit Kiera. Lorsqu’elle se transformait elle prenait soin de toujours vérifier qu’il y avait un lieu où s’abriter. L’animal ne comprenait pas pourquoi fuir la pluie cependant il s’était toujours plié à sa volonté, souvent après une lutte acharnée. Mais un jour alors qu’ils étaient bloqués dans une grange, il décida de ne pas écouter la voix qui hurlait dans sa tête. Il avait vu une forêt dehors, une vraie cette fois, il en était persuadé, et bien qu’il n’aimait pas la pluie les arbres le protégeraient. Alors il s’engouffra hors de l’enceinte protectrice sourd aux vagues de rage de sa passagère. Dès qu’il reçu la première goûte d’eau un hurlement de douleur lui échappa, pourquoi cette eau le blessait ? Pourquoi le feuillage ne l'abritait-il pas ? L’animal ne comprenait pas, dépité il regagna sa tanière. Ce jour là Kiera n’avait pas crié, elle partageait l’amertume de son compagnon. Il n’avait plus bougé pendant les trois lunes qui suivirent attendant de perdre le contrôle sur ce corps. La leçon fut dure, se souvient l’enfant dont le dos portait encore les stigmates, elle se rapellait encore la peine de l’animal, immense. Puis il s’était réveillé et s’était remis en chasse, que pouvait-il faire d’autre ? Mais l’enthousiasme et l’espoir ne guidaient plus ses pas.



                Cela faisait dix jours que Kiera arpentait les pavés de cette rue, un dernier vol se dit elle et je change de ville, j’ai pris assez de risques. Je partirai vers le sud cette fois, les étés y sont moins secs. Mais avant elle devait prendre des provisions pour la route, elle se cala au bord du toit, épia l’homme et sauta.

« J’ai honte, murmurait la femme cachée derrière son rideau.

- Il ne faut pas, cet enfant ne peut pas vivre ainsi, nous avons fait que notre devoir.

- Je ne sais pas, elle rendit les armes dans un murmure, elle n’avait jamais pu s’opposer à son mari. »

 

Dans la rue ils épiaient celui qui pensait être un garçon se poser léger sur le pavé, l’insouciance de son âge le portait. Discrètement il se dirigea vers l’étal de fruits du père Borin quand tout d’un coup des soldats jaillirent de part et d’autre de la rue. Les cris du piégé transpercèrent le cœur de la femme, marquant à jamais la mère qu’elle était.

« Nous avons bien fait de le dénoncer, conclut son mari, il nous aurait dépouillé de tous nos biens ! »

 

 

Les crocs de la justice 4

Par solenne&chloé - Publié dans : Les crocs de la justice - Communauté : Lire et vous lire
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil

copyright

 

 

 

 

Toutes les images apparaissant sur ce blog ne sont pas notre propriété.

Elles appartiennent à leur autreur.

Hé c'est nous !

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Recommander

visiteurs

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés