Partager l'article ! Les crocs de la justice 4: « Nous avons bien fait de le dénoncer, conclut son mari, il nous aurait dépo ...
« Nous avons bien fait de le dénoncer, conclut son mari, il nous aurait dépouillé de tous nos biens ! »
Kiera n’était pas concentrée, elle songeait au chemin qui lui restait à parcourir, elle avait déjà trop pris ici. Un jour je les rembourserai, se promit-elle une nouvelle fois, un jour je serais moi aussi honnête ! Mécaniquement elle s’empara d’épina-tomates et les rangea dans son sac. C’était l’heure de s'enfuir. Mais alors qu’elle battait retraite des soldats fusèrent des extrémités de la rue, elle était piégée.
« Du calme mon garçon, fit le premier soldat. Nous ne te voulons aucun mal, rends ce que tu as chapardé et suit nous. »
Les soldats s’avançaient doucement, comme s’ils traquaient une bête sauvage, bientôt ils allaient lui couper sa seule issue. D'un geste irréfléchi Kiera se transforma, elle devait aller vite, elle devait se fier à l’instinct de l'animal qu'elle hébergeait, l'enfant détestait ces situations où acculée elle n'avait d'autre choix que d'avoir recours à l'autre partie de son être. Troisième rue à gauche lui invectivait-elle, c’est la sortie de la ville. Comprenant l’urgence de la situation l’animal ne discuta pas les ordres et se mit à courir.
« Berka ! Un loup, il ne manquait plus que cela, pesta le soldat le plus proche.
- On ne les a pas encore éradiqués ces sales bêtes !
- Faut croire que non, il va nous échapper. Alf lasso ! »
Aussitôt un lourd filet s’abattit sur la louve qui s'évadait. Comprenant que l’animal ne pourrait pas s’en sortir Kiera reprit les rênes, et dans sa forme originel elle tenta de soulever le piège qui l'emprisonnait. Les soldats attendirent qu’elle ait fini de s’agiter, inutile de se blesser l’enfant ne pourrait pas s’échapper, autant le laisser se débattre et se fatiguer.
«Pas la peine mon mignon, fit le soldat le plus proche. ce sont des chaînes aimantées, tu ne pourras pas les soulever sans ça. »
Il brandit un instrument que Kiera n’avait jamais vu. Un hurlement de rage lui échappa alors qu’elle essayait quand même de s’enfuir sous les rires des soldats.
«Aller, p’ti gars, faut pas t’en faire l’orphelinat ce n’est pas si terrible, fit Caled le soldat qui la détachait»
Lui aussi avait connu ça. La détresse de l’enfant le touchait, mais certainement pas au point de le libérer. Il l’empoigna fermement, son coéquipier récupéra le magot de sa victime et le jeta écœuré au commerçant.
«Votre bien, lui dit-il.»
Erwin comprenait son collègue, lui aussi avait mal au cœur. L’orphelinat n’était peut être pas un enfer mais le procès pour vol qui suivrait avait de quoi détruire n’importe quel adulte, alors un enfant. Ce garçon sera accusé de dix effractions environ, avec son joli minois il passionnera les foules, les procès d’enfants attiraient toujours les charognards. Peut être qu’il s’en sortira, se dit-il, ou peut être que la foule avide de sang le fera lyncher, en tout cas moi je ne voterai pas pour lui ! Sur cette résolution il souleva son gigotant fardeau et se mit en marche vers le château. Le reste de la troupe se chargea de réparer les dégâts causés par la bataille.