Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 12:45

 

entre-chateau-sombre.jpgÇa devrait être aisé, se dit-elle sure de ses capacités, deux aveugles et un vieillard, même affaiblie je peux gagner !

- Ce n’est qu’un envoûtement d’aveuglement, fit l’intendant aux soldats effrayés, je le lèverais mais pour l’instant je m’occupe de l’enfant.

- Ce n’est pas un enfant, c’est Noki en personne !»

Soren n’écoutait pas, il s’approchait doucement de sa cible dont seules les lèvres bougeaient. Il était arrivé à son niveau lorsque les derniers mots s’envolaient.

«Un sort d’AL’mec, ce n’est pas très gentil mon garçon, en plus pour réussir ce tour il te faut une branche de cerisier. »

Dans un élan de désespoir elle tenta d’incanter une dernière formule mais ne put la mener à son terme. Terrassée Kiera ouvrit la main découvrant le morceau de bois. Elle ne comprenait pas pourquoi son charme d’immobilisation n’avait pas touché ses proies, elle était maintenant trop fatiguée pour livrer combat, elle avait présumé de ses forces. « J’ai perdu » se dit-elle rageusement.

Soren était admiratif, cet enfant possède un grand potentiel, se dit-il, je le surveillerai de près, de très prés.

«Je m’en occupe lança-t-il aux soldats.»

Il s’était emparé du garçon, et l’avait posé délicatement dans ses bras de père.

«Rentrez m’attendre dans mon bureau, je vous rejoint au plus vite.»

Les soldats hochèrent la tête et leurs pas prirent des directions opposées.

L’orphelinat était à l’origine qu’une annexe du château, mais les années avaient passées et l’orphelinat avait prospéré, c’était maintenant lui qui occupait le plus d’espace. Les constructions successives avaient fait de cet édifice modeste un géant de pierre qu’avaient appris à redouter tous les enfants. Milles rumeurs plus terrifiantes les unes que les autres circulaient dans les petites bouches, et lors des veillées nocturnes, à l’heure des histoires d’horreur, il n’était pas rare d’entendre murmurer dans le noir des contes d’orphelinat. Cette réputation servait bien les parents épuisés par les facéties de leur descendance. Leur menace favorite se dressait à présent devant Soren. Il n’est pas encore assez étendu, se disait l’intendant, je vais encore devoir le faire agrandir, quelle est cette époque où les gens n’aiment plus leur progénitures ? Se demanda l'homme fatigué, dans un soupir il franchit les lourdes portes censées contenir le flot de vie de ces lieux.

«Ne t’en fais pas, fit-il dans l’espoir de rassurer l’enfant, cet orphelinat a une aile spécialement conçue pour les personnes comme toi. Tu seras entouré de garçons ayant eux aussi des dons et tu apprendras plein de nouvelles choses.»

L’enfant demeurait silencieux.



Au premier étage de la battisse se trouvaient les salles de classe, les jours de pluies le grand hall servait de cour de récréation, derrière lui se trouvait un jardin couvert de pelouses et de jouets, la cour de récréation des jours de beau temps. À cette heure aucun cri ne résonnait, le silence régnait en maître sur cet étage. Étonnant, se dit le vieil homme en se dirigeant vers l’accueil. Il sonna une fois, deux fois, une troisième, puis las d’attendre demanda :

«Unité centrale.

- Oui Monsieur l’intendant, fit une voix sans maître.

- Je souhaite procéder à une nouvelle inscription.

- L’orphelinat est actuellement sous le plan anti-épidémie, les étages supérieurs sont en quarantaine et aucune admission n‘est possible.

 

Les crocs de la justice 7

Par solenne&chloé - Publié dans : Les crocs de la justice
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