Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 19:47

 

chateau-blanc.jpg- L’orphelinat est actuellement sous le plan anti-épidémie, les étages supérieurs sont en quarantaine et aucune admission n‘est possible.

- Scret ! Pesta Soren. Comment ce fait-il que je n’en sois pas informé !

- L’ e-mail fut envoyé à 14H02.»

Soren se rappelait maintenant ce courrier, mais il était pressé, il devait aller en ville et il n’avait pas pris le temps de le lire. L’orphelinat ne l’intéressait plus vraiment.

« La prochaine fois envoyez moi un message sur ma montre ! ordonna-t-il de mauvaise foi, rien ne disait qu’il le lirait plus.

- Bien, répondit la machine docile.

- Quel est le protocole ?

- Il faut déposer l’orphelin à la caserne d’Elbria.»

L’image de cette directive s’imposa directement à Soren qui eut du mal à retenir un éclat de rire en imaginant les durs soldats en proie avec ces turbulents enfants. Voila une tâche qui devait mettre à mal les plus valeureux ! Si cette vision le détendit, le problème demeurait, il devait se rendre à la caserne. Le bâtiment se trouvait à l’autre bout de la ville, Soren allait devoir prendre un taxi à moins qu’il ne prenne sa propre voiture volante. Dans un soupire il se tournait vers la sortie quand une pensée le percuta, c’était impossible. Si on apprenait que j’ ai abandonné un enfant à la caserne cela ferait trop de bruit, et j’aurai beau me défendre mes opposants ne cesseront de médire ! Surtout un enfant dont le procès est imminent, je ne me suis pas éreinté à me composer un visage de saint pour qu’on me le transforme en celui d’un bourreau d’enfant. Il serait trop facile de déterrer les vieux dossiers, les scandales ne s’oublient jamais, ils dorment en attendant d‘être réveillés. Si le nom de Sarah faisait à nouveau la une il ne le supporterait pas. La question restait posée : que faire de cet encombrant enfant ?

«Dans combien de temps sera levée l’alerte ?

- Dans quinze heures »

Demain en fin de matinée, c’était acceptable. Sans ajouter un mot il partit chez lui le garçon toujours dans ses bras.

« Tu es bien silencieux, lui dit-il sur le chemin.»

L’enfant ne lui répondit pas, il était trop occupé à scruter ce qui l’entourait.

« Je comprends, reprit le vieil homme, c’est magnifique. Contrairement au village que tu pillais, cette bâtisse fut construite à la fin des années noires. Sais-tu comment on fait la différence ? »

La question n’était que rhétorique, l’homme enchaîna sans attendre la réponse.

 

«Ce sont les pierres qui permettent de dater un édifice, celles jaunes du village sont en p’urta, un matériel robuste capable de supporter toutes les saisons mais surtout qui ne reflètent pas la lumière, ainsi les nights n‘ont aucun pouvoir dessus. Cependant lors de la grande guerre beaucoup de constructions furent détruites, notamment des bâtiments militaires, il fallut donc les reconstruire rapidement, pour cela, on épuisa les carrières de p’utra sans penser aux lendemains. Quand le conflit fut terminé, en 987 avec le traité de Calléka, il ne restait plus de ce précieux matériel on l’a donc remplacé par le Nina, mais cette pierre présente beaucoup moins d’avantages que la précédente elle est plus fragile, et sa façon de capter la lumière donne aux night un avantage sans commune mesure. Cependant il faut l’admettre c‘est magnifique.»

 

Soren rehaussa l’enfant afin de vérifier si son auditoire lui accordait toute l’attention que son discours méritait. Son regard parcourait l’édifice, il est subjugué par sa beauté déduisit l’intendant. Je ne suis qu’un vieil homme blasé incapable de m'émerveiller de ce que cet enfant admire, et au lieu de le laisser profiter de l’instant je l’assomme de mes discours. Ce fut donc en silence que le couple franchis les derniers mètres qui menaient au château. La battisse se dressait fièrement en face de l'homme, le crépuscule naissant lui donnait toute ses lettres de noblesse. Construite en pierre blanche, les tours prenaient une teinte rosée au couché du soleil alors que le corps même de l'édifice restait d'un joli marbre argenté. Le palais comprenait trois étage visibles de l'extérieur, sur l'un de ses cotés un escalier en colimaçon les desservait. Son toit était le seul pointu de toute la capitale, un hommage aux Dieux selon l'architecte de cette merveille. Ensemble ils franchirent les lourdes portes qui se fermeraient automatiquement à la nuit tombée. L'intérieur du palais était plus frais, comme toujours. Dans l'immense hall d'entrée chacun vaquaient à ses occupations, prêtant peu d'attention aux personnes qu'ils bousculaient. Un dernier lacet et ils seraient enfin dans les appartements. Lorsqu’il tourna afin de rejoindre sa chambre, Soren sentit l’enfant se crisper, il s’arrêta quelques instants pour voir ce qui lui arrivait.

 

Les crocs de la justice 8

Par solenne&chloé - Publié dans : Les crocs de la justice - Communauté : âme d'artiste ...
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