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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 23:34

Je hochai la tête et nous nous quittâmes en haut des escaliers. J'entrai comme dans un cocon dans mes appartements. Mon mari me fut d'abord invisible, dans le noir de la chambre. Il alluma la lumière pour m'aider à me diriger vers le lit, il ne dormait donc pas encore. Je le regardai avec émotion en quittant mes vêtements lentement, pour ne rien perdre de sa réaction à la vue de ma nudité, chose que je n'avais pas faite depuis des années. Étonné de mon regard attentif il ne put s'empêcher de me demander de sa jolie voix grave :

  • - Qu'y a-t-il, Aliénor ?

  • - Je voulais regarder tes yeux courir sur mes seins, simplement.

Son sourire monta lentement, petite chose merveilleuse.

  • - Je vois que la présence de ta fille dans ton esprit réveille certains aspects de ta personnalité que je n'avais pas vus depuis quelque temps.

J'avais craint sa réaction, je ne le compris qu'alors. J'avais eu peur de quelque chose de plus blessant. Je n'avais pas écarté l'hypothèse selon laquelle nous faisions moins l'amour parce qu'il ne me désirait plus. Mais Liam m'aimait, il m'aimait telle que j'étais, même si je n'étais plus la même depuis la naissance de notre fille.

  • - Kiara n'est plus en moi, elle est retournée dans son corps.

Il s'agita grandement dans le lit qu'il quitta en deux trois mouvements brusques. Mais lorsqu'il posa de nouveau les yeux sur moi je le vis se creuser la tête. Je ne pus m'empêcher de sourire : sa mémoire lui servait d'empathie, il était en train de chercher un souvenir qui l'aidât à déterminer si c'était gênant de me laisser là, nue avec mon regard lubrique, alors qu'il irait prendre sa fille dans ses bras.

  • - Elle parle avec Vulcan, normalement, indiquai-je parce que cela suffisait.

  • - Oh.

bisou brunsIl demeura debout et posa sans gêne les mains sur mes seins sensibles en effleurant mon ventre humain de ses lèvres chaudes. Il devint centaure dans la seconde, cela faisait des années qu'il savait le faire quasiment à la demande. Maintenant il était plus grand que moi, avec son corps puissant. Ses mains possessives couraient sur mon torse, et mes flancs chevalins. Son nez glissait dans mes cheveux, dans mon dos. Je voulus me tourner vers lui pour lui donner du plaisir mais déjà il tendait les bras pour prendre appui sur mon dos et grimper sur moi. Je me dérobai d'un écart et me délectai de son regard perdu.

  • - Je veux prendre mon temps. Je n'irai pas travailler demain.

Soudain sérieux il fit le tour de mon corps pour venir me parler bien en face, tout contre moi. Mon torse frémissant entre ses bras musclés, je répondis à sa question muette :

  • - Je vais prendre soin de moi. Je ne suis pas qu'une pièce rapportée dans la famille divine. Je suis aussi ta femme et une personne. Tu m'encourageras dans cette voix, Liam ?

  • - Évidemment. Pardonne-moi, je... Oh miséricorde ! Je n'avais pas compris comme c'était grave !

  • - Peu importe, mon amour. Maintenant tout ira beaucoup mieux. Parfait, maintenant que tu es redevenu homme, laisse-moi te donner du plaisir.

Je le fis, ô combien. Il se transforma même de façon intempestive, depuis quand n'était-ce pas arrivé ? Ensuite de nouveau en quelques caresses il me fit frémir et je goûtai de nouveau le plaisir de l'accueillir en moi, trop puissant ; pourtant ce fut tellement bon !

 

J'étais dans ses bras lorsque je m'éveillai le lendemain, comme tous les autres. Depuis cette période les expéditions s'espacèrent. On fit construire une piscine intérieure accolée à la cathédrale, sous une verrière. Je m'y baignai régulièrement, mais je recommençai aussi à lire et à faire des grasses matinées.

 

Je ne sus jamais ce que Kiara dit à Vulcan cette nuit-là. Mais la première fois que je vis de nouveau par ses yeux, c'était ce matin-là. Désorientée je compris que ma fille s'était endormie près du jeune homme, à même le sol de la chambre de celui ci. Leur front reposait l'un contre l'autre. 

Centaure d'un dieu 175.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 23:34

Centaure d'un dieu, tous les articles.

Désorientée je compris que ma fille s'était endormie près du jeune homme, à même le sol de la chambre de celui ci. Leur front reposait l'un contre l'autre.

 - Bonjour, fit-elle, et il se réveilla précipitamment.

  • - On... s'est endormis, nota-t-il.

Elle gloussa.

  • - Merci, dit-elle soudain très sérieuse.

  • - De quoi? Patina-t-il.

  • - Merci de l'avoir bien pris, Vulcan. Tu es vraiment très courageux.

mélancole romanceIl lui sourit très tendrement.

  • - C'est mieux ainsi. Je t'aurais fait souffrir, c'est certain.

 

Je fus de nouveau dans mon propre lit, le nez dans le cou de mon époux, à qui je contai ce que je venais d'entendre et de voir. Il m'adressa un sourire confiant. Tout s'arrangeait, tentai-je de me convaincre. Ils passeraient à autre chose.

 

Trois ans plus tard on fêtait leur anniversaire. Ils étaient radieux, la fête avait été sublime. Nous étions tous vautrés au milieu d'une grande salle vide et en désordre. Nous avions dansé toute la soirée avec le peuple, nous étions lessivés. Après quelques commentaires ensommeillés sur la soirée chacun rentra dans ses pénates. Je m'écroulai comme Liam dans le grand lit confortable et aussitôt mon esprit fut happé par celui de ma fille.

Troublée je me vis très près de Vulcan. Je voulus reculer mais je n'étais pas là, c'était ma fille qui lui faisait face. Je vis son visage se rapprocher de plus en plus près puis je ne vis plus rien, Kiara avait fermé les yeux. Lorsque leurs lèvres se touchèrent je voulus m'enfuir, je ne voulais pas voir ça ! Kiara recula précipitamment.

  • - Oh pardon, s'excusa le jeune homme, on en a déjà parlé, je suis désolé, cela ne se reproduira plus.

Kiara porta une main à ses tempes.

  • - Ce n'est pas ça, grommela-t-elle...

  • - Mère? M'appela-t-elle.

  • - Je suis là. Je suis désolée, je n'ai rien fait, je...

  • - Ne sois pas bête, sourit-elle (Vulcan n'allait rien comprendre à ses mimiques), tu n'as aucun pouvoir, tu n'es pas une déesse. C'est ma faute, bien sûr ! Attends...

  • - N'aie pas peur, ma fille, fis-je alors qu'elle lutta pour inverser le processus.

Elle se demanda un instant si je parlais réellement de Vulcan et elle. Lorsqu'elle comprit que c'était bien cela, elle m'expulsa facilement, non sans formuler juste avant :

  • - Merci, maman.

Je souris dans le cou de mon aimé. Il effleura le creux de ma taille. Oh, je ne vous ai pas dit : maintenant j'avais une taille car j'avais aussi des hanches !

 

Épilogue.

 

Le lendemain je frappai chez ma fille pour lui dire que j'allais en expédition avec son père, comme je le faisais depuis des années. Elle me demanda d'entrer, je le fis. Elle tapota la place près d'elle sur le lit. Je m'y assis à ma façon. Je remis en place l'une de ses mèches blondes, elle sortait juste du sommeil même s'il était plus de onze heures, oui les expéditions commençaient plus tard depuis trois ans, étrangement.

  • - Je vais essayer, expliqua-t-elle sobrement.

  • - Tu le désires, finalement? Souris-je.

  • - Je crois bien que oui. Il fait un très beau centaure, expliqua-t-elle.

  • - C'est fantastique, assurai-je. Ne te presse pas, fais tes choix, et je serai toujours là pour les approuver.

  • - Merci, mère. Tu t'en sors très bien en coutumes xivianes, conclut-elle.

Je mis longtemps à me remettre de ses paroles. Je hochai finalement la tête : les terriens avaient un bel édifice de jolies normes, une forte tour d'ivoire. Mais les xivians écoutaient simplement leur cœur. C'était un peuple beau comme le jour.

  • - Nous sommes magnifiques, assurai-je à mon mari.

  • - Nous sommes magnifiques, confirma-t-il en posant une caresse délicate sur ma joue de nouveau ronde. Nous l'avons toujours été.

Je versai une larme qu'il but sur ma joue.

 

Fin !

      Lien vers le début de mon nouveau roman :  Clio.1

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 22:39

Centaure d'un dieu, résumé

Centaure d'un dieu, tous les articles.

Devais-je lui dire qu'il pouvait devenir centaure ?

  • - Tu sais que ton père... Commençai-je avec hésitation.

  • - Je sais. Mais cela ne fait pas que je le désire.

dehorsJe m'arrêtai donc abruptement. Je n'avais pas à pousser ma fille à désirer son cousin. Toujours en proie au hoquet, je m'ébrouai. Je marchai encore dans l'eau. Puis mes idées s'éclaircirent.

  • - Alors ne te sens pas coincée. Personne ne t'oblige à rien. Si tu es certaine qu'il te désire, aie une discussion avec lui, quand tu te sentiras prête. Si tu doutes, dis-lui que tu as besoin de temps pour te sonder. Si tu es sûre que tu ne le désires définitivement pas, alors dis-le lui, c'est aussi simple que cela.

  • - Bien sûr que non, railla-t-elle. Depuis quand est-ce simple de dire à l'homme qu'on aime qu'on ne veut pas s'unir à lui, mère ?

Cette formulation... Se mentait-elle à elle-même ou était-ce moi qui ne comprenais rien ?

  • - Je peux lui en parler, si tu veux, proposai-je.

  • - Et puis quoi encore ?! Je n'ai plus deux ans, enfin !

J'avais raté mon coup, souris-je intérieurement.

  • - Alors il te reste les attitudes. Il comprendra tout seul, Kiara. Tu peux le lui dire de façon détournée !

  • - Mais ce n'est pas gentil, gémit-elle.

C'était un point de vue parfaitement immature. Un instant, je culpabilisai de pousser ma fille à adopter une attitude dont elle était incapable. Puis je me repris.

  • - On dirait que tu n'as jamais eu à repousser les avances d'un jeune homme ! Je sais que c'est faux, Kiara !

  • - Mais je n'aimais pas ces hommes !

J'étais à court d'idées.

  • - N'as-tu jamais eu à lui dire quelque chose de très désagréable ?

  • - Rien d'aussi désagréable.

Je marquai une pause, cherchant un autre angle pour faire avancer cette conversation.

  • - Tu parles comme si tu étais sûre qu'il te voulait pour femme.

Un blanc s'installa puis elle reconnut :

  • - Je crois que j'en suis convaincue. Mais je peux me tromper !

  • - Tu y arriveras. J'ai confiance en toi, tu réussiras à prendre ta décision, et à le lui dire. Aujourd'hui ou demain, personne ne te presse, tout le monde te comprendra, même lui, Kiara.

Après tout peut-être avait-elle simplement besoin d'entendre que personne ne lui en voudrait de prendre du temps. Mon hoquet était passé. Nous nous trouvions en terrain moins glissant et cela me soulageait. Je me couchai au bord de l'eau. Le brut du ressac me berçait. J'étais fatiguée.

  • - Pourra-t-il vraiment comprendre, mère ? Comprend-on ce genre de choses ?

  • - On comprend les choses véritables, lorsque l'on tient aux gens. Une fois ta décision prise tu auras les mots pour qu'il te comprenne, Kiara. Je te le garantis. C'est toujours comme cela, les relations humaines. Regarde, j'ai réussi à comprendre que ton père me désire alors qu'il ne trouve pas mon corps séduisant. Cela semble impossible à comprendre, pourtant c'est la vérité alors cela me semble évident.

Qu'étais-je en train de faire ? Je parlais de ma vie intime avec ma fille Kiara ! Je me hâtai d'oublier ce faux pas. Pourtant elle réfléchissait, j'avais peut être atteint mon but finalement. Après un long silence j'annonçai :

  • - Je vais rentrer à la maison, je suis fatiguée, ma chérie.

  • - Oui, mère, rentrons.

Une drôle de sensation parcourut tout mon être. Je la sentais toujours, tapie au fond de moi. Mais sa présence était plus légère. Elle ne fuyait plus. Elle m'accompagnait. Nous parcourûmes le chemin en silence. Arrivées à la maison elle me demanda :

  • - Je vais retourner dans mon corps, maintenant. Peux-tu venir près de moi pendant qu'on retire les perfusions ?

  • - Oui, ma chérie, répondis-je apaisante.

J'appelai le médecin en lui demandant de ne prévenir personne et ce fut avec une grande surprise que Gareth et Lara nous croisèrent alors que nous allions boire un thé toutes les deux en cette fin de soirée. Ils eurent seulement quelques paroles chaleureuses, heureusement ils sentaient bien qu'il ne fallait pas l'importuner avec des questions ce soir-là.

 

  • - Tu vas parler à père? Demanda-t-elle en avalant les premières gorgées.

  • - Dès que nous nous serons quittées. Et toi, tu vas commencer par passer une bonne nuit de sommeil ?

  • - Non, je vais aller dire à Vulcan que ce n'est pas sa faute et que je vais bien. 

  • Centaure d'un dieu 174.

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 01:10

reine-serieuse.jpgUn ange passa alors que je m'installais à l'ombre d'un arbre, après tout j'étais bien, ici aussi. Je sentis que ce pacte l'avait rassérénée. Je venais de promettre de lui parler de mes problèmes, ce que je n'avais jamais accepté. Cela comptait pour elle.

  • - Peut-on à présent parler de toi ? Tentai-je pleine d'appréhension.

Le silence chargé d'hésitation qui s'en suivit ne me rassura pas.

  • - Je suppose. Je croyais que t'avoir convaincue serait plus long, mais qu'ensuite je retournerais dans mon corps.

  • - Parce qu'il y a autre chose, de tout aussi important, qui te tracasse, Kiara. Je sais que tu as quitté ton corps quand Vulcan t'a dit qu'il ne t'aimait pas, mais que tu étais une partie de lui-même. Pourquoi est-ce que ce n'est pas suffisant?

  • - C'est beaucoup trop, répliqua-t-elle brusquement.

Nous y voilà, songeai-je, soulagée.

  • - Pourquoi? L'aidai-je.

  • - Il ne pourra jamais aimer personne autant que moi. Il vient de rejeter la femme qui l'aimait, la seule qui le comprenait autant que moi – Fara nous côtoie depuis la tendre enfance. Il me donne l'impression... Je ne sais pas, je me sens oppressée par son poids, depuis qu'il a quitté Fara.

Je me sentis vaciller. Et si, contrairement à ce que nous croyions, Kiara n'était pas amoureuse de son cousin? Est-ce que mes proches le croiraient? Cesseraient-ils de croire que j'en étais responsable?

  • - Quand il était avec elle, il était différent avec toi ?

  • - Non, mais il... Si... Je ne sais comment l'expliquer.

  • - Tu crois que sa façon d'être avec toi n'est pas acceptable ?

  • - Ce n'est pas qu'elle ne soit pas acceptable... C'est que j'étais bien avant. J'ai peur, là.

Elle avait peur. Sans cette phrase j'étais en voie de conclure qu'elle ne voulait pas de Vulcan comme époux. Qu'elle voulait rester sa jumelle. Mais non, ce n'était pas cela, elle avait peur. Je réfléchis désespérément à une répartie.

  • - Pourquoi as-tu peur ?

  • - Je... vois bien le regard des autres sur nous. Nous sommes...

Les jumeaux. Elle avait donc un réflexe anti-incestueux, les xivians avaient beau dire...

  • - Nous sommes pour beaucoup destinés à devenir un couple, c'est évident.

Ah non... Je me mordis la lèvre, j'étais ridicule. Les xivians ne voyaient pas le problème avec l'inceste, je devais me l'entrer dans le crâne !

  • - C'est trop de pression acheva-t-elle.

  • - Je n'ai jamais pensé cela, je ne crois pas que les autres l'aient pensé davantage.

  • - Je sais. Toi, je ne crois pas avoir ta bénédiction.

  • - Les terriens désapprouveraient cela, pour des raisons médicales, dont je viens d'apprendre qu'elles ne concernent pas votre peuple. Je l'ignorais, voilà pourquoi autrefois, je l'aurais désapprouvé. Aujourd'hui, quel que soit ton choix tu auras ma bénédiction, ajoutai-je avec une forte impression de déjà vu.

Un silence se fit, le cœur battant j'attendis qu'elle dise autre chose.

  • - Qu'est-ce que je dois faire? Finit-elle par demander.

  • - Que ressens-tu pour lui, Kiara ? C'est la seule question que tu dois te poser.

  • - Je l'aime. C'est évident.

  • - Mais il t'attire ?

  • - Il est très beau. Mais il est humain.

  • - Si tu fais abstraction de cela, si tu l'imagines centaure, tu peux le désirer ?

J'attendis qu'elle le fasse. Elle mit longtemps.

  • - Je ne peux pas l'imaginer centaure. Je ne peux pas, c'est impossible. Je suis donc bloquée. Je l'aime mais je ne sais si je le désire. Enfin je peux même dire que si je le trouve beau, je ne le désire pas.

Devais-je lui dire qu'il pouvait devenir centaure ?

       Centaure d'un dieu 173.

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 20:11
  • - Tu me remercies ? Tu viens de comprendre que ta vie est vide, que tu vis pour le travail, et tu en es heureuse, mère ?

  • - Non, me défendis-je. Kiara, je ne suis pas une poupée de cire, j'ai des obligations, je n'ai pas tellement le choix !

muhette-pleure-dehors.jpgJ'avais toujours eu le sentiment d'avoir une vie heureuse. Je me défendis d'en vouloir à ma fille de m'avoir fait sortir de ma prison dorée. Je me demandai simplement comment j'avais pu en arriver à ne pas m'apercevoir de son existence.

  • - Ce n'est pas comme si ça allait s'arrêter un jour et que tu pourrais profiter ensuite, mère. Quand notre peuple aura terminé avec ce côté de l'océan, il passera au reste de la planète.

Je souris intérieurement, ma fille avait une vision de la Terre assez simpliste, ce qui était bien normal. Les Xivians ne connaissant pas cette planète, ce qu'ils enseignaient aux enfants était profondément incomplet. Or je ne l'avais jamais ennuyée avec la géographie, matière qu'elle détestait.

  • - D'après ce que tu as dit cela va prendre des centaines d'années.

  • - Tu y vas fort, Kiara !

  • - En dix-sept ans regarde où nous en sommes !

Elle avait raison, compris-je brusquement. La colonisation étai incroyablement longue car tout était négocié avec moi, j'étais la seule à savoir ce qui pouvait être rasé ou non, ce qu'on pouvait planter et de quelle façon, l'agriculture avançait à son rythme, et imposait elle aussi un grande lenteur : il ne fallait pas trop s'éloigner des champs conquis, parce que les troupeaux ne pouvaient pas trop être divisés, ils étaient encore trop petits.

  • - Tu as raison, avouai-je.

  • - Tu es prête à remettre ta vie de couple et tes autres plaisirs à aussi longtemps ? Qu'est-ce que tu aimes faire quand tu ne travailles pas ?

Je compris avec effroi qu'elle n'en savait réellement rien. Ma propre fille !

  • - J'aime les animaux. J'aimais lire, mais voilà une éternité que je ne l'ai pas fait, c'est vrai, Kiara. J'adore me baigner. Ma vision du paradis, c'était un bon livre au bord de l'océan.

Toute forme d'animosité avait quitté ma fille.

  • - C'est pour cela que je nous ai amenées au bord de l'eau, fis-je.

Elle ne répondit pas. Je sentais qu'elle hésitait sur l'attitude à adopter. Comme je l'avais fait vis-à-vis de Vulcan, plus tôt ce jour-là.

  • - Je vais changer ça, promis-je.

  • - Vraiment ? Tu répondras non aux agriculteurs pour la prochaine expédition que tu es en train de rater ?

Je ne pouvais pas. Je m'ébrouai, nerveuse au possible. Pour me calmer, je regardai les vagues. Quand pourrais-je, comme autrefois, m'y ébattre et retourner sur le sable chaud pour dévorer une histoire d'amour?

  • Je me donnerai deux jours et deux nuits. Entre chaque expédition. C'est ainsi que faisaient les terriens. On appelait cela des week-ends. Je ferai en sorte qu'on l'accord à tous les xivians.

  • - Les xivians ne travaillent jamais le matin, me rappela-t-elle. Et ils chôment dix jours une fois par tranche de deux lunes.

  • - Je m'ébrouai. Je le savais, mais je n'avais simplement jamais cherché à adopter leur rythme.

  • - Tu as raison, articulai-je. Je vais respecter ce rythme.

Je m'aperçus que j'avais le hoquet. J'étouffais. Je respirai profondément, par larges goulées. J'avançai jusqu'à l'eau, puis commençai à marcher au bord.

-  Voilà des années que je me creuse la tête pour savoir ce qui ne va pas chez toi, avoua-t-elle, tandis que toi, tu t'accroches à l'idée que tu es heureuse ainsi, sans jamais laisser à quiconque l'occasion de t'écouter. Ça fait tellement de bien que tu acceptes cette discussion!

  • - Merci, Kiara.

Je laissai un silence réparateur demeurer entre nous.

  • - Je vais changer les choses, repris-je, sereine. J'en fais le serment devant nous deux, Kiara.

  • - Tu le feras? Insista-t-elle. Une fois retournée au milieu du tourbillon dans lequel on t'enferme sans te voir, tu sauras dire que c'est assez ?

  • - Je me ménagerai de plus longues pauses entre les expéditions, je veillerai à ce qu'elles soient assez longues pour avoir le temps et la force de m'occuper de vous et de moi.

  • - Je sens que tu es sincère. J'espère que tu ne fléchiras pas le moment venu, mère.

 Elle avait raison, bien sûr, ce serait difficile. Prendre du temps libre serait peut-être un pur ravissement auquel je prendrais goût. Mais peut-être pas. Cela me permettrait de penser davantage, de prendre du recul sur moi-même. J'avais depuis des années choisi d'accueillir la prophétie, sans remettre en cause son bien fondé. J'avais accepté de renier mon peuple. J'avais fait alliance avec ses meurtriers. J'avais aimé avant Xivia, des êtres magnifiques, dont j'avais renié la mémoire. Un voile de désespoir tomba sur moi, qui me laissa l'impression d'être une créature dégoûtante. Kiara s'agita à mon esprit, comme si, sans pouvoir en identifier la source, elle avait senti le malaise qui m'avait assaillie. Penser à elle me redonna quelque espoir.

 

  • - Tu m'aideras ? La questionnai-je ainsi.

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 16:21

Centaure d'un dieu, tous les articles.

Centaure d'un dieu, résumé

J'eus beaucoup de mal à me vider l'esprit mais dès que ce fut fait, peu avant d'atteindre la plage, un retentissant éclat de voix heurta mon esprit :

  • - Mère !

  • - Par les Dieux, Kiara, tu me fais mal à la tête, répondis-je en pensée.

  • - Excuse-moi, mais voilà des heures que je t'appelle, ne m'entendais-tu pas ?

magie-jouit.jpgJe me sentis soulagée d'entendre le son de sa voix. J'avais été choquée de voir son corps inerte. Je n'avais pas identifié la cause de l'étau qui s'était formé autour de mes poumons. Elle me paraissait claire à présent qu'il venait de se desserrer.

  • - Non. Je crois que ce n'est possible que quand je me concentre très fort en ce sens, et j'ai été très occupée jusqu'à maintenant.

  • - Qu'est-ce que tu faisais, s'enquit-elle suspicieuse ?

J'eus un éclat de rire nerveux en ressentant ce sentiments vibrer en moi, à l'endroit qu'elle occupait.

  • - Je discutais avec tout le monde. J'essayais de comprendre, tout comme eux .

Cette fois, ce fut comme si de l'inquiétude liquide m'éclaboussait le visage.

  • - Qu'est-ce que tu leur as dit ?

  • - J'ai beaucoup écouté. C'est toi que je veux écouter, maintenant, Kiara.

Un silence chargé de mécontentement s'établit entre nous. Puis elle le brisa brusquement.

  • - Je ne veux pas parler de moi. Comment ça va, toi ?

  • - Bien, assurai-je surprise.

  • - Pourquoi es-tu tellement maigre, maman ?

Je fronçai les sourcils et pris un pas plus lent. Diantre, pourquoi poser cette question ? Devais-je aller dans son sens ou la forcer à parler d'elle ? Bien sûr que je ne devais pas la forcer, la brutalité n'était jamais une bonne solution.

  • - Parce que j'ai des besoins importants mais une faim humaine.

  • Oh, alors ce n'est pas parce que tu ne vas pas bien.

  • - Non, Kiara ! Je suis heureuse ! J'aime ton père, ton oncle et ta tante sont mes meilleurs amis, ainsi que Wyne, comme tu le sais. Tu étais inquiète pour moi ?

Elle me mitrailla d'une nouvelle question, si rapidement que je me sentis telle la victime d'un interrogatoire.

  • - Pourquoi ne veux-tu pas me parler ? Avec papa tout est simple, il me dit tout, je sais où il en est à chaque instant. Mais toi... Tu ne parles jamais de toi. C'est comme si tu refusais que l'on t'aime, maman. C'est insupportable, pour moi.

Le hoquet me prit et je me tus pour réfléchir. Je me rappelai mon retour sur Terre, dans le vaisseau, Gareth avait eu du mal à me faire parler de ce que je ressentais. Puis je cherchai l'occasion suivante où j'avais parlé de moi-même. Je n'en trouvai aucune. En proie au vertige je m'agenouillai.

  • - Mère ? M'appela ma fille plus pour me rappeler à l'ordre que parce qu'elle s'inquiétait pour moi. Tu ne crois pas que c'est lié à ta maigreur ? Une introversion qui te pousse à une telle nervosité que tu ne ressens pas la faim ?

Je m'étais toujours demandé pourquoi je n'avais toujours pas assez faim pour sortir de ma maigreur. Se pouvait-il qu'elle eût raison ?

  • - Parles-tu à quelqu'un d'autre que moi? Continua-t-elle impitoyable.

  • - Kiara, implorai-je, me surprenant moi même. Ma chérie, je vais bien, je le jure. Je ne parle pas de moi mais je vais bien, réellement. J'aime ton père à la folie...

  •  - Tu me l'as déjà dit. Et ta vie ? Quels sont tes loisirs, maman ?

J'étais sans arrêt consultée et appelée à mener des expéditions et à fournir des rapports à propos de ma planète. Je travaillais tous les jours, du matin au soir et le plus souvent hors de chez moi. Il ne m'était jamais venu à l'esprit de le contester. J'estimais devoir au moins cela à un peuple qui m'avait élevée au rang de princesse et m'avait offert un mari et des proches si exceptionnels.

  • - Et bien... Tu le sais, j'ai peu de temps pour moi, mais je discute beaucoup avec mon mari ou mon beau frère, ou avec Lara...

  • - Non, des loisirs, maman. Vulcan s'entraîne avec papa, c'est leur loisir principal. Oncle Gareth et tante Lara passent leur temps à lire tout ce qu'ils trouvent sur ton ancienne civilisation. Moi je me promène avec Fara ou/Vulcan. Mais toi, que fais-tu quand tu as une minute ?

  • - Je vais discuter avec l'un de vous, cela me plaît, c'est un loisir, me défendis-je.

Un ange passa pendant que je commençais à comprendre. Et si elle avait raison finalement ? Si je m'étais laissée absorber par les agriculteurs et les architectes, qui m'entraînaient toujours hors de mon foyer des jours durant, me réduisant à une relation téléphonique avec les miens ? L'après-midi même j'étais d'ailleurs censée repartir avec les agriculteurs, j'avais oublié ! Je me forçai à me calmer. Si on ne m'avait pas appelée c'était qu'on m'avait épargné cette expédition. On avait compris que j'avais autre chose à gérer ces temps-ci, les Dieux soient loués. Depuis quand n'avais-je pas aimé intimement mon époux ? La question percuta mon esprit fatigué, mais la réponse fut encore pire : cela faisait près d'une semaine, puisque la nuit où Kiara avait quitté son corps je venais de rentrer d'une expédition, et qu'entre celle-ci et la précédente, j'avais expliqué à mon époux que j'étais épuisée, ce qui était la pure vérité... Bon sang ! Je me demandai vaguement pourquoi Liam ne m'avait pas parlé du manque de relations charnelles. Peut-être, me voyant déjà très absente et fatiguée, n'avait-il simplement pas voulu m'importuner avec cela, sur les conseils de Gareth? Je me demandai vaguement s'il était possible qu'il me fût infidèle. La peur me mordit le ventre lorsque je réalisai que c'était parfaitement possible. Je devrais avoir une discussion avec lui à ce propos. 

 

 

  • - Tu as raison, admis-je. Merci, ma chérie. Je ne m'en étais pas aperçue.

  • - Tu me remercies ? Tu viens de comprendre que ta vie est vide, que tu vis pour le travail, et tu en es heureuse, mère ?

  •   Centaure d'un dieu 171.

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 18:00

Centaure d'un dieu, tous les articles.

Centaure d'un dieu, résumé

- J'étais terrienne, lui rappelai-je. Le peuple xivian m'a tout enlevé. Pourtant j'aime ce peuple. C'est le mien, depuis le début.

Ses yeux écarquillés paraissaient emplis d'effroi. Je réalisai que ce que je venais de dire était inadmissible. Pourtant c'était ce que je ressentais. C'était qui j'étais. Je me troublai en songeant que c'était l'œuvre de la prophétie. Il parut s'apaiser en découvrant mes défauts.

  • - Je... Me suis gardé de tirer des conclusions hâtives, commença-t-il. Quand nous étions petits, Kiara et moi, nous attendions avec impatience de connaître nos pouvoirs, étant tous deux des demi dieux.

panadeIl gloussa tristement et reprit très vite, en un souffle :

  • - Tu n'as qu'à voir. C'est arrivé pour la première fois ce matin. Ne me parle pas, j'ai besoin de beaucoup de concentration. Ça va surement prendre du temps.

Je hochai la tête et il ferma les yeux. Ce fut long, en effet. Les mains jointes sur son front, son visage se détendit peu à peu. Une forme de bonne humeur finit par y prendre place. Les minutes s'égrenèrent. Sa respiration s'accéléra. Il ouvrit des yeux à l'expression étrange et les posa fiévreusement sur ma fille ; alors mes entrailles me lancèrent. Je n'aimais pas voir cela. Avec une vitesse rendant le détail invisible, il finit par devenir centaure. Sa robe était magnifique, d'un blond vanille. Je tremblais violemment lorsqu'il reprit forme humaine et me secoua comme un prunier en appelant à l'aide.

  • - Non, implorai-je...

Mais c'était trop tard. Il pleurait, mon mari et mon beau frère étaient là. Ils pressaient le jeune homme de raconter ce qui était arrivé pour engendrer une telle crise de nerfs. Sans le vouloir ils étaient presque brutaux ; soudain le jeune dieu trouva une faille entre eux et partit en courant. Ses pleurs silencieux retentirent paradoxalement sous mon crâne douloureux. Je me ressaisis et galopai dans sa direction. Je le vis disparaître à un angle, descendre les escaliers... Au rez de chaussée il m'échappa et disparut dans les jardins. Là je le rattrapai enfin, à mon aise sur le terrain meuble de la riche terre brune.

  • - Vulcan ! Vulcan, pardonne-moi !

  • - Non, refusa-t-il avec force alors qu'il était toujours en larmes. Tu as menti, tu as dit que tu accepterais, tu as menti !

  • - Non, gémis-je. Écoute-moi, et ensuite tu décideras, d'accord ? Je ne te demande qu'une explication et ensuite si tu ne veux plus jamais me parler alors je respecterai ton choix.

Je m'étais agenouillée devant lui et il me dominait d'un regard mauvais. Je me mis à expliquer l'inceste, pour les terriens. La peur au ventre, je me rendais bien compte que c'était la pire chose que je pouvais lui dire. Pourtant je terminai mon exposé. Ensuite je lui expliquai les conclusions que j'avais tirées le matin sans lui dire que j'avais parlé avec son père. Enfin je répétai que je voulais toujours leur bonheur, que je leur donnerais ma bénédiction quoi qu'ils décident, que je les aimais et que je les aimerais toujours quelle que fût leur voie. Enfin je passai à ce que je venais de voir :

  • - Vulcan, mon mari aussi se change en centaure régulièrement.

Soudain attentifs, ses yeux perdirent leur éclat d'incrédulité, qui avait déjà remplacé la colère.

  • - Il le fait quand il a envie de moi. Je sais donc que tout à l'heure pour prendre cette forme tu éprouvais du désir pour Kiara.

Il rougit un peu et je compris qu'il n'avait pas eu l'intention de me l'avouer.

  • - Mais ce qu'il faut savoir c'est que si Liam peut se changer en centaure c'est seulement grâce à un don de son père. Ce n'est donc pas comme toi. Toi tu as un pouvoir divin en ce sens. Je crois que tu es destiné à t'unir à une centaure.

Enfin Vulcan eut l'air soulagé parce-que je l'avais compris. Surement aussi parce que j'étais arrivée à la même conclusion que lui.

  • - Je vais parler avec ma fille, maintenant, conclus-je.

Je continuai de le fixer jusqu'à ce qu'il hochât la tête. Puis je me relevai et m'éloignai sans me retourner.

 

 

J'irais à la mer bien sûr. J'en pris tranquillement le chemin au grand trot, pour éviter d'avoir à répondre aux gens qui ne m'arrêtaient jamais quand je faisais cela. Je devais arborer la mine de la personne qui voulait rester seule avec elle même. Enfin je fus hors de la Cité, c'étaient les quelques villes occupées par les Xivians depuis notre arrivée dix-sept ans auparavant. La Cité allait jusqu'à la mer, mais je pris volontairement un chemin plus long, pour échapper aux regards et être tranquille. J'eus beaucoup de mal à me vider l'esprit mais dès que ce fut fait, peu avant d'atteindre la plage, un retentissant éclat de voix heurta mon esprit :

Centaure d'un dieu 170.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 13:53

Dégoûterait...

- Dérangerait? Me repris-je, satisfaite.

  • - Non, s'empressa-t-il de répondre. Mais... Je ne pourrais pas accepter.

  • - Pourquoi? Questionnai-je d'une voix maîtrisée.

ailé durIl me semblait qu'à la moindre maladresse, mon neveu se fermerait. Il était là, tout petit par rapport à moi. J'avais le sentiment que la forme de mon corps lui imposait du respect. Cela m'aidait à le questionner. Mais il me semblait aussi que s'il se détournait de moi maintenant, il ne me laisserait pas d'autres chances d'accéder à son cœur.

  • - Je ne pourrais pas lui rendre la pareille. J'aurais l'impression de le faire mais ce serait faux, elle serait malheureuse avec moi.

Je me figeai. Les pensées se bousculèrent un moment dans ma tête et je mis une éternité à les rassembler, mais quand ce fut fait je dus admettre ceci :

  • - Tu y as déjà réfléchi, Vulcan.

  • - Non, mentit-il.

  • - Pourquoi ne veux-tu pas l'avouer? Avançai-je. Tu n'as pas besoin de me mentir, fis-je très douce. Je ne te juge pas, je ne sais rien, je ne souhaite rien, je veux juste que vous soyez heureux. Je veux vous aider quel que soit le sens dans lequel je dois vous accompagner. Que vous choisissiez le même sens, et quel qu'il soit, ou que vous en choisissiez deux différents.

L'ouragan qui battait à mes tempes s'apaisa et je sentis que j'avais dit ce qu'il fallait. Il détourna le regard pour de nouveau se concentrer sur les paupières de Kiara. Il inspira un grand coup.

  • - Tante Aliénor... Nous n'avons jamais tant parlé, sourit-il.

Il était visiblement heureux que cela change. Une bouffée d'affection emplit mon cœur et je tendis un bras hésitant pour effleurer sa joue du dos de la main. Il m'aimait bien, ou du moins il appréciait ma présence près de lui. Aussi idiot que cela pût paraître, je ressentis une grande fierté du fait qu'il ne pouvait pourtant pas aimer. C'était idiot, me rappelai-je à l'ordre.

  • - Tu étais très réservé, mais je suis heureuse que cela soit en train de changer, souris-je bêtement.

Il hocha la tête et rassembla ses pensées pour répondre à ma question.

  • - Si Kiara disait ressentir cela pour moi je tenterais de la dissuader, je ne veux pas lui faire de mal. J'attendrais que cela lui sorte de la tête.

  • - Et si cela la rendait malheureuse, si elle ne pouvait pas passer à autre chose parce que justement, elle n'en voulait aucun autre auprès d'elle ?

  • - Alors, après avoir observé l'attitude que je t'ai dite, je lui offrirais ma vie avec un dévouement sans bornes. Car je n'aimerai jamais aucune autre mieux qu'elle. Elle fait partie de moi. Sans elle je ne suis pas.

  • - Tu n'es rien, corrigeai-je grammaticalement.

  • - Non, je ne suis pas. Je n'existe pas sans elle. Peux-tu...

Un tic nerveux agita le coin gauche de ses lèvres. Étonnant, je n'avais jamais rien vu de tel sur son visage.

  • - Peux-tu supporter...

Mon cœur battait la chamade.

  • - Non, se reprit-il. Je vais te laisser aller faire ce que tu voulais. Tiens-moi au courant, tante Aliénor.

Je lui attrapai le poignet alors qu'il se dirigeait mollement vers la porte, chaque pas lui coûtant un peu plus que le précédent.

  • - Vulcan. Quoi que tu aies à me dire, ça ne changera rien dans mon coeur. Je sais que tu es un garçon bien, malgré ce que tu penses. Tu as une caractéristique divine. J'aime Liam, pourtant il n'a pas d'empathie. Il ne peut pas deviner ce que je pense, ou pourquoi j'agis, car il ne comprend pas les autres, il ne peut pas se mettre à à leur place. Je t'aime aussi, et j'ai confiance en toi comme j'ai confiance en lui. Quoi que tu fasses, tu ne me décevras jamais.

Il renifla, la gorge nouée il émit quelque chose qui devait être un remerciement.

- J'étais terrienne, lui rappelai-je. Le peuple xivian m'a tout enlevé. Pourtant j'aime ce peuple. C'est le mien, depuis le début.

 

Ses yeux écarquillés paraissaient emplis d'effroi. Je réalisai que ce que je venais de dire était inadmissible. 

Centaure d'un dieu 169.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 13:52

Centaure d'un dieu, résumé

Centaure d'un dieu, tous les articles.

Je hochai la tête et retrouvai ma fille inerte dans son propre lit. En la bordant, un frisson de peur me saisit. Elle n'était pas morte. Elle était là, tapie dans ma tête, elle pourrait me parler et m'entendre dès qu'on me laisserait assez seule pour cela. Je m'apprêtais à serrer le bras de Vulcan avant de partir lorsqu'il osa enfin faire courir ses doigts sur le front de Kiara. Je tâchai de me détendre, me demandant si je devais demander au jeune humain comment il voyait ma fille. Centaure.

  • - Hips !

BLOND - CopieIl me jeta un regard interrogatif, sachant que je n'avais jamais le hoquet sans raison. Je détournai le regard, lâchant un vague mensonge :

  • - Il est normal que je m'inquiète pour elle.

Mais il en profita pour établir le dialogue, pourtant ce n'était pas son fort :

  • - Qu'a-t-elle dit ? Sait-elle pourquoi elle est partie de son corps ?

  • - Elle a besoin de réfléchir, répétai-je gentiment.

  • - Mais a-t-elle dit à quoi? Insista-t-il.

Il l'avait voulu :

  • - Non, mentis-je. Es-tu plus au courant, Vulcan ? Elle ne peut pas nous entendre, tu sais.

Il m'adressa un regard suspicieux.

  • - Je t'en fais la promesse devant les Dieux, m'emportai-je, ça te va ?!

  • - Tante Aliénor ! Je ne t'ai jamais vue t'emporter, s'étonna le jeune homme. Non, je ne sais pas exactement.

  • - Je crois que si, insistai-je.

Maintenant, je n'arrivais que mal à me cacher que ma fille et son cousin n'étaient pas censés s'aimer comme un homme aime une femme. Ma fille faisait deux fois la taille de Vulcan. Que je sache, aucune prophétie n'était censée amener l'un des deux à changer de forme, comme Liam en était capable. Pourquoi étais-je censée convaincre deux êtres aussi différents à assumer un amour qui à l'évidence, leur apporterait de la frustration?

  • - Je sais que c'est à cause de moi, reprit le dieu avant que je ne me rétracte, à cause de ce que je lui ai dit. Mais je ne sais pas pour quelle raison exactement elle est partie. C'est arrivé au moment où...

Il ferma les yeux pour réfléchir. Je sus qu'il ne mentirait pas, m'en voulant terriblement d'avoir menti de mon côté. Je ne pouvais pas faire cela. Pourtant, j'y étais obligée. Ils comptaient tous sur moi. Gareth était un être juste. Il ne m'aurait pas encouragée à faire quelque-chose de mauvais pour nos enfants.

  • - Elle m'a dit quelque chose, pardonne-moi de t'avoir menti, articulai-je difficilement. Elle a dit qu'il s'agissait de toi, qu'elle t'avait cru quand tu lui as dit qu'elle était tout pour toi. Je ne sais rien de plus.

Il avait relevé la tête, étonné. Quant à moi je planais dans une sorte de brouillard, empêtrée dans mes émotions et mes incertitudes.

  • - J'allais te le dire, expliqua-t-il. J'ai dit ça, elle a réfléchi un moment et elle est devenue inerte.

Je le regardai bien ; il ne mentait pas, j'en étais sûre. Je crus que lui-même ne savait pas ce qu'avait cru Kiara, si du moins Gareth avait vu juste. S'était-elle méprise sur ce que ressentait Vulcan pour elle ? Devais-je demander au jeune homme si son père avait vu juste ? Soudain la vérité m'apparut : le prince ne se trompait jamais sur les sentiments des gens, il avait l'Empathie. Probablement que son fils voulait ma fille pour épouse... Non, me rappelai-je, il n'avait rien affirmé, il avait juste supposé. Après tout...

  • - Vulcan, que penserais-tu si ta cousine...

Mon cœur bondit, mais je me raisonnai : ce n'était pas un inceste, et les xivians de surcroit se fichaient des incestes. J'inspirai. Quant à la forme de leurs corps... j'expirai. Malheureusement si leurs sentiments étaient déjà là, je ne pourrais rien y faire.

  • - Si elle t'aimait comme une femme aime un homme ?

Il écarquilla les yeux avait de se tourner lentement vers moi.

  • - Note que je ne fais qu'émettre des suppositions, j'essaie de savoir pourquoi on en est là aujourd'hui, expliquai-je.

Il se détendit un peu. Mais il cherchait une réponse, c'était difficile.

  • -Cela te..?

Dégoûterait...

-  Dérangerait? Me repris-je, satisfaite.

      - Non, s'empressa-t-il de répondre. Mais... Je ne pourrais pas accepter.

Centaure d'un dieu 168.

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 18:22

Centaure d'un dieu, résumé

Centaure d'un dieu, tous les articles.

  • - C'est simplement un tabou fondé sur les conséquences médicalement néfastes de telles alliances.

Le prince opina patiemment.

  • - Notre médecine n'a jamais décelé de tels problèmes.

élégante graveJe hochai lentement la tête. Leur médecine était plus avancée que celle que je connaissais. Si la consanguinité avait posé problème, cela aurait été décelé. Les êtres de la planète Xivia pouvaient donc pratiquer l'inceste. Je n'avais aucune raison de m'y opposer.

  • - Gareth, tu crois que c'est à cause de moi que Vulcan ne peut pas aimer? Tu crois que depuis le début, il est amoureux, mais que sachant que je ne le permettrais pas et que de ce fait, Kiara ne lui ouvrirait jamais son cœur, il a créé ce système de défense?

Il fit signe qu'il n'en savait rien. Ce qui était déjà beaucoup trop.

  • - C'est une possibilité, murmura-t-il comme pour atténuer l'effet de ces paroles atroces.

Je n'avais pas adressé un seul regard au guerrier depuis le début de cette conversation. Je n'avais pas osé. A présent je devais m'y résoudre.

  •  - Je suis désolée, Liam.

Il s'agita, faisant voler sa frange. Il avait l'air perdu. Je me réfugiai dans ses yeux noirs. Cela me fit du bien.

  • - Tu n'as pas à l'être, murmura-t-il, à l'évidence mal à l'aise au sujet des sentiments que nous évoquions. Nous savions depuis toujours que nos cultures étaient différentes. Nous nous attendions à ce que de graves problèmes en découlent. Jusqu'ici nous y avions échappé. Celui-ci me paraît facile à résoudre. Tu as simplement à prouver à nos enfants qu'ils ont ta bénédiction.

Le guerrier n'avait pas l'empathie. Il ne se rendait pas compte des souffrances que Vulcan aurait pu éviter, ainsi que Kiara, si j'avais eu un comportement différent.

  • - Je vais essayer, soupirai-je.

Soudain ma fatigue me parut insupportable. Je les abandonnai là, je devais me reposer.

Lorsque je m'éveillai je m'affolai de constater que la nuit était tombée. A l'évidence la présence de Kiara dans ma tête m'affaiblissait et ne devais pas laisser la situation s'installer trop longtemps. Liam avait laissé des messages. Je l'informai de mon état, me couvris démesurément et me dirigeai vers le jardin. Il me semblait qu'un lieu paisible m'aiderait à mieux gérer mes émotions. Mais Vulcan me rejoignit, probablement informé par son oncle.

  • - Tante Aliénor, où vas-tu ?

  • - Seulement dehors, parler tranquillement avec Kiara. Ça va aller pour toi ?

  • - J'ai connu mieux, grogna-t-il. Va-t-elle revenir ? Peux-tu parler facilement avec elle ?

Cette carapace me rappelait tellement Liam qu'elle me fit perdre mes moyens l'espace de quelques secondes.

  • - Je crois, pour les deux questions. Tu sais...

Hésitante je me rapprochai de lui et m'agenouillai devant son petit corps de jeune homme. J'étais centaure, et il n'avait pas encore la musculature qui serait sienne à l'issue de son initiation. Liam était déjà petit pour moi, alors Vulcan...

  • - Ni elle ni moi ne t'en voulons. Nous t'aimons, ni plus ni moins qu'avant cette nuit. Nous nous fichons de ce qui s'est passé avec Fara. Je suis sincère, assénai-je. D'accord ?

La façade de mon neveu devint plus évidente. Son visage demeurait dur, mais il fuyait mon regard sombre.

  • - Si tu veux me parler de quoi que ce soit, ou si tu as un autre message pour elle je serai toujours disponible pour toi, conclus-je fermement.

Il me sourit à travers ses incertitudes et je me relevai, pensant que l'incident était clos.

  • - Tante Aliénor, peux-tu venir avec moi la voir dans sa chambre, s'il te plaît ?

 

Je hochai la tête et retrouvai ma fille inerte dans son propre lit. En la bordant, un frisson de peur me saisit. Elle n'était pas morte. Elle était là, tapie dans ma tête, elle pourrait me parler et m'entendre dès qu'on me laisserait assez seule pour cela.

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