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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 23:08

 

Épilogue.

 

Yule sourit à son mari :

  • - Tu es un excellent conteur, Adam. Tu connais plus de détails que moi, je vais être jalouse !

  • - C'est que j'adore écouter nos amis, mon enfant.

  • - Avoue, tu as inventé ce que tu ne savais pas, chéri.

  • - Détrompe-toi, Tarah adorait me parler et c'était réciproque. Prince ne se remet pas de notre complicité.

Yule se tourna dans le lit, bougonne. Elle n'aimait pas que son presque frère ait perdu la seule personne qu'il aurait été capable d'aimer. Adam lui donna une longue caresse, sachant que sous sa colère se cachait principalement de la peine pour l'oracle. Elle savait qu'il n'attirait pas facilement l'amour, elle ne se voilait pas la face sur ses aptitudes à rendre une compagne heureuse. Mais cela ne l'empêchait pas d'être malheureuse. On toqua à la porte. Adam lui fit signe qu'il s'en occupait.

  • - Entre, invita-t-il la panthère de lune.

gothiqueL'immortel obtempéra. Ils restèrent silencieux un moment, assis dans le petit salon immaculé. Puis ils parlèrent en même temps.

  • - Mon père dit qu'il la croise souvent en forêt, dit l'oracle. Il dit qu'elle va bien, mais qu'elle a peut-être oublié qui elle est.

  • - On raconte partout que Tarah hante la forêt, mais elle ne paraît pas agressive, dit l'elfe, pourtant personne ne la voit jamais reprendre forme humaine.

Le vampire hocha la tête. Il savait que si son ami avait de meilleurs nouvelles, il les lui aurait déjà livrées. Il repartit avec sa grâce habituelle. Elle reviendrait un jour, entendons-nous bien. Les Dieux ne promettaient pas à la légère. Mais ils avaient offert un cadeau supplémentaire à la lycanthrope, en récompense de sa remarquable réussite. Personne ne sut de quoi il s'agissait. Lorsque la blonde aux yeux sombres se présenta fort longtemps plus tard devant l'immortel, il ne reconnut pas même son odeur d'autrefois. Elle lui sourit méchamment.

  • - Ça faisait longtemps, Prince. Je veux bien du pain chaud, je te prie. Nous sommes invités à déjeuner chez tes parents.

L'air froid, elle passa devant lui, puis s'attabla en attendant son petit déjeuner les bras croisés. Elle paraissait plus forte, plus froide, plus mauvaise. Elle n'était pas devenue vampire, sinon elle n'aurait pas dégagé cette chaleur, caractéristique aux lycanthropes. Il vérifia en tendant l'oreille que son cœur battait toujours, ce qui était bien le cas. Elle continuait de le regarder froidement, comme si elle attendait qu'il assume son rôle auprès de sa coéquipière au lieu de la fixer ainsi. Mais elle ne dégageait plus la même aura de lycanthrope qu'auparavant et cela l'inquiétait.

  • - Bons Dieux, qu'est-ce que tu es, à présent, Tarah ? La questionna-t-il, sur la défensive.

  • - Ils te passent le bonjour, répliqua-t-elle sèchement.

     Ils continuèrent à s'évaluer un long moment. Finalement, quelque-chose d'autre passa au fond des yeux sombres de la lycanthrope. Elle quitta brusquement sa chaise et fut en quelques secondes très près de l'immortel. Il retroussa les lèvres sur ses canines en poussant un grondement sourd. Il s'agissait du simple réflexe d'une créature dont les instincts de survie, provenant des natures qui composaient son être – un homme, un oracle, un vampire – convergeaient en ce sens. Elle planta les yeux tout au fond de ceux du mâle qui ne bougea pas. Tarah l'embrassa, brusquement, d'une manière qu'il ne parvint pas à déchiffrer. Ceci ne correspondait pas du tout à la façon de faire de la jeune dame. Il décida d'ignorer cette dernière donnée et lui rendit ce baiser. Pourtant, ses doigts se refermèrent sur le couteau qu'il tenait toujours fermement. Simple mesure de précaution.  

Fin !

 

J'espère recueillir votre avis sur le roman, puis je vous laisse choisir peut-être un autre roman sur notre blog que vous n'auriez pas lu. Pour tous les trouver, rendez-vous à l'accueil du blog, vous trouverez les résumés avec tous les liens.

 

De mon côté, je commence à publier Centaure d'un dieu, ce qui vous fait un nouveau roman à commencer si vous avez lu tous les autres - ou pas, c'est vous qui voyez :)

 

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 22:59

 

La louve et le prince, tous les articles.

  • - Laisse-moi partir, grognai-je. Je ne vais pas m'éterniser. Je te retrouve ici dans quelques heures.

Je vis plusieurs idées se succéder sous son crâne. Je craignis qu'il veuille venir dire au revoir à la musicienne. Finalement il avala sa salive – de façon tout à fait inutile. Sa pomme d'Adam se mut de façon tout à fait dramatique. Je fronçai encore davantage mes blonds sourcils. Il fallait laisser mes cheveux, à présent. Il tenta d'approcher mon visage du mien. Je voulus me détourner, mais il me paraissait évident que si j'utilisais mes forces de louve pour m'arracher à sa prise trop étroite, mon cuir chevelu se détacherait de mon crâne à peu près simultanément.

  • - Cesse de te débattre, ordonna-t-il d'un ton sec. Ensuite je te laisserai partir.

blonde-et-brun.JPGJe le laissai donc m'embrasser. Ce fut sexy, à défaut d'être quoi que ce soit d'autre. Jusqu'au moment où il me mordit la langue. Dans un cri je voulus reculer, mais ne me laissa pas faire. Il but mon sang pendant un moment, bloquant ma tête d'une main sur mon crâne. Lorsqu'il recula enfin, il prit note des larmes qui dévalaient le long de mes joues. Il écorcha sa main puis me la tendit pour que je boive aussi, afin de guérir ma langue. Ce que je fis, pas plus longtemps que nécessaire. Lorsque je voulus partir, il me laissa enfin me lever. Mais à une vitesse qui ne me permit pas de suivre ses mouvements, il se retrouva entre la porte et moi lorsque je m'apprêtai enfin à l'ouvrir. Il me sembla que j'allais craquer, quoi que cela pût signifier en pratique. Mais il me prit dans ses bras. Je ne l'étreignis pas. Le visage contre son torse, je me détendis pourtant considérablement.

  • - Je t'aime, Tarah, affirma-t-il durement.

Puis il s'écarta avant de m'ouvrir la porte. Il me fit signe de partir, ce que je fis sans lui accorder un regard. A mon arrivée, Hassan me sourit tendrement,. Nolhanne et Nicolaï paraissaient mitigés entre le souvenir de la douleur et la nécessité de se montrer raisonnables. Je me postai devant Hassan.

  • - Au revoir, murmurai-je.

Ensuite, je ne sus que faire de plus. Quelque-chose comme de l'intimité passa enfin dans son regard. J'enlaçai le chanteur et lui donnai un baiser très, très intime. Enfin je posai un autre baiser sur son torse, puis restai devant lui encore un moment. Il m'embrassa de nouveau.

  • - Je t'aime, avouai-je, la gorge nouée par la douleur.

Il me serra dans ses bras. Quelques minutes après, il me proposa de rester me ressourcer un peu avant de partir. Sans savoir de quoi il voulait me parler, j’acquiesçai du menton. Il me souleva pour me poser sur un vaste divan. Puis il s'allongea près de moi, se cala à mes côtés, nous débarrassa de la plupart de nos vêtements.

En réalité nous passâmes des heures simplement allongés là pelotonnés l'un contre l'autre tout à fait chastement, à n'échanger que de sages caresses du bout du doigt ou du plat de la main. Nous ne parlâmes presque pas. Puis je finis par ressentir le besoin de bouger.

  • - Je rentre à la maison, affirmai-je, enfin reposée. Prends soin de toi, Hassan.

Il hocha la tête, puis l'éclat de lumière se produisit. Je clignai des yeux, reconnaissant la grotte autour de moi. Le roi de Terra lisait en lustrant le poil d'une panthère noire comme la nuit. Il leva le nez et déclara, l'air tranquille :

  • - Les enfants sont de retour, chérie.

Visiblement ils avaient été délivrés de leur châtiment divin. Prince se tenait près de moi. Je vidai mes poumons. Comme le silence s'éternisait, j'annonçai que j'avais besoin de sortir prendre l'air.

 

La louve et le Prince 168.

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 01:05

 

La louve et le prince, tous les articles.

 

Elle tomba à genoux et le papillon d'argent voleta vers son frère et sa sœur au plafond. De sa gorge purent enfin sortir ses cris de douleur.

Lorsque la porte céda, en un éclair Prince et moi eûmes le même réflexe : il devint panthère et moi louve. Il y eut un mouvement de flottement : la sécurité entra et demanda fébrile pourquoi tout ce sang dans cette pièce, si quelqu'un avait un permis pour la panthère et qu'est-ce que j'étais, moi. L'un des hommes prit ses jambes à son cou, mais deux restèrent courageusement. L'un s'inquiéta de savoir si nous présentions un danger quelconque. Nolhanne fébrile indiquait Prince et moi depuis qu'ils avaient parlé de sang. L'un des hommes finit par chercher fébrilement son arme.

wolf.jpgPrince me dépassa pour filer entre les jambes des hommes. Je me hâtai de le suivre et courant à perdre haleine, j'entendis une balle me rater de peu. Lorsque nous débouchâmes enfin dehors, je me mis en pilote automatique, suivant le fauve noir qui se hâtait en me lançant un regard de temps à autres. Je ne me remis en marche manuelle qu'au moment où je reconnus notre petit motel. Passant derrière à l'abri des regards, Prince redevint homme tandis que je me changeai en humaine. Je m'aperçus que j'étais sous le choc lorsque je me laissai choir dans l'herbe, tremblante. Prince voulut me rendre dans ses bras mais je lui hurlai de ne pas me toucher. Obtempérant il attendit que je revienne à moi.

  • On est loin des pulsions érotiques, me sourit-il tranquillement.

- Je levai le nez puis nous nous observâmes longtemps, jaugeant l'autre après cette nuit d'interdits.

  • - C'est fini maintenant, dit Prince et s'approchant un peu.

J'ignore quels organes venaient de se métamorphoser en moi, mais je poussai bien un hurlement de garou, version avertissement. Ses prunelles dorées parurent s'illuminer à cause de ses pulsions vampiriques, qui le poussaient à me trancher la gorge, à moi la lycanthrope.

  • - Pas encore, fis-je très lentement. Je lui ai promis de revenir lui dire au revoir. Je tiendrai ma promesse. Ensuite nous rentrerons à la maison où est notre place. Nous verrons ce que les Dieux feront de moi cette fois-ci.

Prince s'agenouilla devant moi, riva ses deux mains à mes genoux, mais ne bougea même pas lorsque mes griffes grossières en arrachèrent la majorité de la peau. Seuls ses traits devinrent plus inhumains, mais il maîtrisa parfaitement son corps ainsi que sa voix lorsqu'il rappela doucement mais froidement :

  • - On le savait, tu étais d'accord. Ne l'oublie pas, maintenant. Sans compter que c'est toi qui t'es attachée à l'un deux.

Il finit par hocher la tête, comme je ne disais rien. Il ne m'offrit pas sa main pour m'aider à me relever. Pourtant la peau avait presque achevé de se soigner là où je l'avais arrachée quelques secondes auparavant. Je me relevai aussi, puis nous passâmes nus devant la réceptionniste. Nous nous coulâmes entre les draps. Lorsque je fermai les yeux, il se saisit de mes cheveux pour me forcer à venir entre ses bras. J'appelai à moi la force nécessaire pour lui arracher le bras, mais au terme de ma transformation rapide, il murmura froidement :

  • - S'il y a du sang, nous allons encore nous attirer des problèmes avec le service de sécurité.

Non merci. Je redevins humaine, puis de ma voix la plus agressive, je tâchai de lui donner des ordres, ce qui constituait une erreur grossière.

  • - Alors lâche mes cheveux, crétin, grognai-je dans un grondement de gorge.

De sa voix la plus humaine ainsi que la plus ferme, cette voix d'un homme qui sait qu'il peut avoir ce qu'il désire sans se fatiguer, il répliqua de façon tout à fait originale :

  • - Non, Tarah.

Je n'allais pas arracher mes cheveux. Je n'allais pas me battre pour ne pas créer d'effusion de sang. Avec des gestes sans tendresse, je m'installai donc pour dormir contre lui, de la seule façon que le permettait sa prise sur la tignasse blonde.

 

Le lendemain j'avais prévu d'aller seule le plus tôt possible, à la suite que nous avions quittée la veille. Mais lorsque je me réveillai, l'immortel me regardait dormir. Je voulus me lever sans un mot pour le planter là. Mais de nouveau, il arrêta mon geste en m'attrapant par les cheveux.

  • - Laisse-moi partir, grognai-je. Je ne vais pas m'éterniser. Je te retrouve ici dans quelques heures.

La louve et le Prince 167.

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 16:31

 

La louve et le prince, tous les articles.

  • - Je repasserai te dire au revoir.

Il fit oui de la tête et me regarda m'extraire des draps réchauffés par nos corps. Intrigué il me vit entrer dans sa salle d'eau. Je l'entendis me rejoindre tandis que je lavais le fer, c'était vital, comme toujours. Assis sur le rebord de la grande baignoire il buvait mes gestes de son regard fatigué. Puis il frémit lorsque sans le quitter des yeux, je rangeai les épées dans leurs fourreaux, à l'intérieur de mes épaules.

  • - Tu te sens mieux, observa-t-il. Les loups garous sont des êtres étranges, mais j'ai vu pire ces derniers temps.

toi--.jpgSans répondre, je posai un doigt en travers de ma bouche et il me fit signe que d'accord, il garderait mon secret. Enfin je nouai une serviette autour de mon corps, puis je sortis dans le couloir. Inspirant un grand coup, de fis jouer la poignée de la porte de Nicolaï. Le brun ténébreux lisait, mais lorsque son regard se posa interrogatif sur mon corps presque nu, je sus enfin pourquoi ma pudeur s'était progressivement évaporée ces derniers temps. C'était réellement parce que les Dieux m'avaient lentement transformée en quelqu'un d'autre. Qui avais-je été autrefois? Étais-je encore capable de m'en souvenir ?

  • - Tu n'arrives pas à dormir? Me questionna Nicolai dans un air amusé mais relativement à l'aise.

Je me demandai dans quelles mesures ces Spares, entraînés dans le flot du succès, savaient exactement ce que ne faisaient pas les humains ordinaires. Par exemple, ils ne changeaient pas de chambre enroulés dans une serviette de bains. Je lui rendis son sourire en m'approchant de lui. J'allais profiter de son évident manque d'expérience en matière de comportements humains ordinaires.

  • - Qu'est-ce que tu fais, Tarah ? Me questionna-t-il en refermant son livre.

    D'où l'avantage d'être une guerrière dans un corps d'enfant.

  • - J'ai une surprise pour toi. Un cadeau. N'aies pas peur, susurrai-je dans un murmure.

Lorsque je me sentis suffisamment près, mes mains vinrent se refermer sur le bois. Je tirai et en un éclair le fer jaillit, ne laissant pas le temps à Nicolaï de réagir, car j'étais trop près. Je frappai. Les yeux remplis de douleur, il ouvrit grand la bouche et le papillon de nuit prit son envol. Avec une impression de déjà vu j'étouffai des deux mains son cri de douleur, mais lui se débattit. Il ne me connaissais pas, pourquoi m'aurait-il fait confiance ? Telle un violeur, je m'accrochai à lui pour ne pas quitter ses lèvres de mes petites mains. Dans la lutte ses plaies se refermèrent. Pourtant dès qu'il fit libre il continua de hurler :

  • - Ça ne va pas, qui êtes-vous ? Je ne sens plus rien, est-ce que je suis déjà mort ? Où, où est mon téléphone...

  • - Taisez-vous, tentai-je, je viens de vous libérer, vous ne réalisez pas ? Il ne faut pas réveiller Nolhanne...

Mais c'était trop tard. J'entendis un bruit de dispute dans le couloir et je m'immobilisai contre la porte pour réfléchir à une stratégie.

  • - Ici, hurla Nicolaï, elle est ici, attention !

  • - Crétin, fis-je entre mes dents, avant de sortir dans le couloir, où je ne trouvai personne.

Je me déportai donc devant la chambre d'où provenaient les bruits de lutte. A toute volée, d'un coup de hanche, j'ouvris la porte mal fermée. Le jeune femme en déshabillé apparut tout prés, j'abattis les épées, mais dans mon mouvement désordonné, je ratai la musicienne. Elle se mit à hurler. Tandis que je réessayais encore et encore, la ratant ou frappant un mauvais endroit, j'entendis des bruits de course dehors. Les cris attiraient le personnel de l'hôtel.

  • - Concentre-toi, hurla Prince, coléreux.

Il avait raison. Nous nagions en plein cauchemar, mais nous ne pourrions nous en inquiéter que lorsque j'aurais enfin fait sortir le Spare. J'inspirai un grand coup tandis que ses bras se refermaient autour de la jeune femme épuisée et en pleurs. Ainsi on voyait bien la tendresse dans ses yeux et ses geste. D'un ton glacial je lui ordonnai de la lâcher parce que je risquais de l'empaler aussi, tandis que l'on tentait d'enfoncer la porte de la chambre. Lorsque les garçons apparurent dans le couloir, Hassan maîtrisait son frère, c'était au moins un point positif. J'échangeai un regard avec cet homme qui avait fait fondre mon cœur. Il me le renvoya chaleureusement. Prince lâcha la musicienne en lâchant un juron. Saisie de colère contre lui, j'enfonçai les lames de moitié dans le côté gauche de la musicienne. Je paniquai un instant, tandis que la mort planait dans son regard. Elle tomba à genoux et le papillon d'argent voleta vers son frère et sa sœur au plafond. De sa gorge purent enfin sortir ses cris de douleur.

 

La louve et le Prince 166.

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 21:20

 

La louve et le prince, tous les articles.

  • - Tu n'as pas vraiment 18 ans, lâcha-t-il après un moment de silence qu'il avait consacré à mieux m'observer.

Un éclat de rire féminin attira mon attention. Je réaffirmai mon mensonge. A présent, je voulais rendre la monnaie à Prince. Pas parce que je lui en voulais. J'avais accepté ce plan. Au fond de moi, je savais de plus que ce que faisait le vampire ne signifiait rien pour lui. Je n'étais pas sûre de regretter ce que je le laissais faire. Mais je savais que je regretterais de ne pas me permettre de l'imiter. Le châtain aux yeux noisette secoua la tête. Il allait rester sage parce qu'il ne me croyait pas.

  • - Promets-moi que tu ne vas pas crier, murmurai-je. Je ne te veux aucun mal.

enfant-nue.jpgIl haussa les sourcils, le menton haut, l'air narquois. Je laissai seulement pousser mes oreilles, mes dents, mes ongles et ma queue blonde. Après quelques secondes, je repris ma forme initiale. Je vis bien ses yeux s'écarquiller. Mais c'était un Spare, il ne s'étonnait plus de l'existence de la magie.

  • - Qu'est ce que tu es ? Me demanda-t-il enfin.

  • - Un loup garou, souris-je. Je n'ai pas 18 ans, mais je deviens une machine à tuer les soirs de pleine lune.

Hassan comprit ce que je voulais dire. Je n'allais pas porter plainte, pas en étant qui j'étais. Nous sortîmes du bain, il m'enlaça, me souleva de terre, puis j'aurais rêvé qu'il me fasse l'amour, ici et dans cette position. Mais il me porta simplement au lit. Je fermai les yeux, pour tenter de calmer mon désir. Lorsqu'il m'eut étendue au lit, je faillis me mettre à pleurer. Il le remarqua, alors il me donna un long baiser, chargé de tendresse.

  • - Tu es trop jeune, Tarah, sourit-il sur mes lèvres.

Je ne me vexai pas, parce qu'il ne cachait pas son désir, je savais que là n'était pas le problème. Il caressa mon bras du bout du doigt. Je l'imitai doucement. Nous nous fixâmes encore une éternité. Finalement, il me prit étroitement entre ses bras puis ferma les paupières. J'attendis qu'il s'endorme avec appréhension. Tout doucement je me relevai au-dessus de lui et empoignai le bois des épées. J'inspirai un grand coup. Ma tendresse pour lui s'était immiscée sans crier gare. Je n'avais qu'une envie, c'était de le laisser tranquille et de le revoir encore et encore. J'aimais Prince, je voulais passer l'éternité à ses côtés. Mais je rêvais d'un intermède avec l'homme aux si soyeux cheveux châtains. Le fer glissa contre le fer, tandis qu'il s'agitait dans son sommeil, mais il ne s'éveilla pas. Je n'eus plus qu'à abattre les armes, puis il s'éveilla et ouvrit grand la bouche, les yeux exorbités de douleur et de surprise. Le papillon argent sortit d'entre ses lèvres et je le suppliai de ne pas crier pour ne pas alerter les autres.

  • - Ne crie pas, Hassan, tu vas survivre, crois-moi, amour (je sais, je sais), je te libère, tu vas revivre, fais-moi confiance...

Alors que le cri sortait tout de même de sa gorge je plaquai mes lèvres sur les siennes pour étouffer le bruit. Haletant, il ne put rien y faire, paralysé par la douleur. Enfin il se calma, tandis que la plaie se refermait rapidement. Je m'écartai enfin en lui caressant le front.

  • - Ça va mieux, bel ange ? Murmurai-je en glissant les doigts dans ses boucles claires.

  • - Je... suis libre, haleta-t-il, comment as tu fait ? Je suis libre !

Je me retrouvai à conter mon histoire, car une question en appelait une autre, et finalement j'avouai que j'aimais Prince du plus profond de moi. A cet instant c'était un mensonge, puisque j'avais très manifestement envie de le tromper pour lui, mais je devais m'y raccrocher. La main qui me caressait le dos pour finir sur les fesses depuis des dizaines de fois s'immobilisa sur celles ci. Ses yeux m'interrogeaient. Je contai le stratagème et la tendresse inattendue. Son regard se fit douloureux tandis que les larmes me montaient. Je lui caressai le front et finis par annoncer :

  • - Je dois terminer tout de suite, Hassan, si je ne le fais pas cette nuit ce sera difficile.

Il ne fit rien pour me retenir. Mais je ne mis pas mes mots à exécution. Ce fut avec délices que je me laissai glisser contre lui sous les draps. Nous nous cajolâmes et nous nous embrassâmes. Sachant que ce seraient les dernières fois, c'était beaucoup plus troublant que ça aurait pu l'être.

Enfin je me levai et m'adressai au papillon pendu a plafond :

  • - Je vais te rendre ton frère et ta sœur, prends patience.

L'homme était prêt à me laisser partir. Il paraissait serein. Je ne pouvais pas en dire autant.

  •  - Je repasserai te dire au revoir.

Il fit oui de la tête et me regarda m'extraire des draps réchauffés par nos corps.

 

La louve et le Prince 165

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:48

La louve et le prince, tous les articles.

La louve et le prince, résumé.

 

Puis il me glissa après plusieurs chansons :

  • - J'ai un plan. Je suis en train d'hypnotiser la brune. Après le concert je passe derrière les rideaux avec toi, tu es ma petite sœur. Je me débrouille pour me retrouver dans leur hôtel et tu me suis puisque nous sommes ensemble. A toi de jouer pour obtenir le garçon de ton choix dans la nuit. Ça t'en fera un. Puis tu rejoins l'autre, enfin tu finis par la fille. Je l'occuperai, donc c'est mieux que tu t'occupes des deux autres en premier. Si tu as un problème, tu cries. Tu me suis ?

méchante offerte épéeJ'avais pensé mener la danse, c'était moi qui avais les épées, après tout. Aussi réfléchis-je bien à ce qu'il avait proposé. Alors je dois reconnaître que son plan me parut excitant.

  • - Je te suis, déclarai-je dans un timbre malsain.

Les chansons se succédèrent, puis le public retint encore le groupe pour quelques instants. Enfin les gens se dispersèrent, alors Prince se glissa derrière le bâtiment, moi sur les talons. Il frappa à une petite porte, la seule qu'il trouva à cet endroit. On ouvrit, c'était l'employé de la sécurité. Le vampire expliqua qu'il connaissait Nolhanne, aussi l'homme lui demanda-t-il son nom. Prince lui servit un sourire énigmatique en affirmant que sa seule description suffirait à la musicienne pour accepter qu'il entre la saluer. L'homme s'en fut mais revint peu après nous confirmer l'accord de la jeune femme.

Nous entrâmes dans un univers de strass. Les musiciens étaient au démaquillage, mais la belle posa sa coupe de ce qui paraissait être du champagne, pour embrasser mon amant sur les deux joues. Chaleureusement les hommes nous offrirent à boire dès que mon âme sœur expliqua qui j'étais censée être. Puis nous nous assîmes près de la jeune femme, évidemment. Celle-ci eut vite fait de laisser traîner ses mains manucurées sur la cuisse de Prince, qui lui envoyait des sourires ravageurs en entrant parfaitement dans l'intimité du groupe chaleureux. Ils en vinrent à parler de moi :

  • - Vous ne vous ressemblez pas, à part le charisme qui paraît clairement être de famille, dit celui des percutions.

  • - C'est la perle de mes jours, sourit tendrement l'immortel.

En cela au moins, je vis qu'il ne mentait pas. La conversation coula sur les relations familiales, tandis que les heures s'écoulant lascives. Le champagne descendait, mais je notai clairement à quel moment Nolhanne posa un premier baiser dans le cou du vampire. Il l'enlaça d'un bras possessif. De mon côté mon cœur fit une embardée. Je vidai ma coupe d'une traite. Immédiatement, dans la mesure où j'avais déjà trop bu, je commençai à avoir les idées moins claires. Mais très clairement, je me sentais mieux.

Enfin il fut évident qu'il les suivait à leur hôtel, moi sur les talons. C'était là que j'entrais en action. Je me mis à coller Hassan.

  • - Elle t'aime bien, déclara Prince en s'asseyant avec un dernier verre.

Je jouai les petites sœurs effarouchées. Mon corps me paraissait plus souple que d'habitude, de même que les limites qu'il est possible de franchir avec un homme que l'on ne connaît pas. J'aimais Prince, songeai-je, mon ivresse décroissant lentement, tandis que je réalisais ce qui se passait entre lui et la brune aux yeux sombres. Mais je me sentais excitée par cette histoire de limites.

  • - Je vois, fit le chanteur, pensif.

Plongeant dans mes yeux noisette, il enfouit la main dans mes cheveux blonds et je fus surprise de sentir comme j'appréciais ça. C'était bon comme la nouveauté. D'un bond je l'enjambai pour me retrouver à califourchon sur ses genoux. Nous échangeâmes quelques paroles où il était principalement question de l'âge que j'avais. Je mentis allègrement. Puis nous partageâmes des baisers, à la suite de quoi chacun gagna pudiquement sa chambre. Prince, un bras autour de la taille de Nolhanne, disparut sans un regard, mais je m'attachai à suivre Hassan dans sa propre chambre. Mon ventre s'évertuait à effectuer nombre de cabrioles, tandis que je le laissais me déshabiller. Puis Dieu merci, il se révéla comme aimant prendre son temps. Il m'invita dans un bain fumant.

  • - Tu n'as pas vraiment 18 ans, lâcha-t-il après un moment de silence qu'il avait consacré à mieux m'observer.

Un éclat de rire féminin attira mon attention. Je réaffirmai mon mensonge.

 

La louve et le Prince 164.

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 00:09

La louve et le prince, résumé.

La louve et le prince, tous les articles.

  • - Tu as réfléchi à la façon d'entrer dans leur vie ? Questionna-t-il sans transition.

Je le pris comme une façon de signaler que c'était sans importance, ce qui me convenait parfaitement. Je fis non de la tête. Prince était un vampire, et c'était celui qui savait. Je ne dis pas que je m'en remettais à lui. Mais je savais qu'il aurait au moins autant de ressources que j'en sentais courir dans mes veines. L'adrénaline, ça le connaissait, à lui aussi.

 

sexy 1Le lendemain soir nous étions à Bayonne mais il fallait dormir, alors nous remîmes les festivités au lendemain à la première heure. Non, aucune trace d'humour dans cette résolution. Ce soir-là l'amour se fit de toutes les façons qu'il est possible d'imaginer, parce que le lendemain soir et les soirs suivants, il nous faudrait nous souvenir de cet instant. Aussi les baisers se succédèrent d'abord. Le langoureux, le sauvage, le renversant. Puis nos mains possédèrent nos corps. Doucement, puis sévèrement. Nos bouches prirent alors le relais, embrassant et mordant. Nos corps fusionnèrent enfin et le mignon n'eut plus sa place, au profit du brut, du presque douloureux. Le lit soudain nous parut une ineptie et les fauteuils, la baignoire, les tables, puis enfin le sol, connurent chacun nos corps enfiévrés.

A midi j'ouvris un œil et souris. Tout était désordre autour de nous, mais nous étions un îlot de tendresse au beau milieu de la chambre - champ de bataille, lovés l'un contre l'autre sur le lit en vrac. Un langoureux baiser plus tard, nous prîmes notre temps à la salle d'eau et au restaurant. Puis nous découvrîmes Bayonne, jolie ville au demeurant. Le concert était à vingt-et-une heures. Professionnels, nous fûmes suffisamment à l'avance pour acheter nos places. Nous avions laissé Rubis et Vesta aux bons soins de l'hôtel. En payant le prix fort, les employés eurent l'air motivés pour bien s'en occuper.

Nous étions enfin en place, devant la scène, comme il se doit. Quand vous êtes au bras d'un vampire c'est assez aisé, en réalité. Sans savoir pourquoi, les gens s'écartent sur votre passage. Le groupe arriva enfin. Le chanteur, Hassan, apparut d'un châtain riche et bouclé, s'arrêtant à la nuque. Ses yeux noisette brillaient d'excitation. Nicolaï, le type des percussions, un brun ténébreux, possédait d'envoûtants yeux noisette. La guitariste, Nolhanne, brune aux cheveux très longs, très noirs, très raides, paraissait plaire sans exception à tous les hommes du public. Les yeux noisettes, elle avait un air d'enfant sage qui tranchait avec sa tenue aguicheuse. Je suppose que c'était le cocktail gagnant.

Je n'avais aucune idée du genre de musque que nous allions entendre, aussi ma surprise fut-elle enchanteresse lorsque je découvris des rythmes entêtants, pour des paroles qui disaient tantôt l'amour, tantôt la peur, parfois la guerre, souvent le doute, mais toujours l'inconnu. Par exemple cette chanson-là racontait l'histoire d'un chaton. Il se réveillait un jour éberlué de ne plus trouver son jeune maître. Ensuite des gens en noir entraient par convois dans la jolie maison, alors le chaton effrayé courait sous les meubles. La maîtresse de maison s'impatientait de le voir couper la route des convives. Enfin, le chaton retrouva son maître. Le petit garçon demeurait immatériel, mais le chaton s'en fichait bien, enfin rassuré. Le jeune maître guida le petit animal à travers le grand vestibule, sous une grande caisse de bois. De l'autre côté se dressait une petite fille. Qui pleurait, qui pleurait. C'était le refrain. Le petit garçon dit à son chaton de grimper, plus haut, toujours plus haut, et sa promise depuis son parc accueillit le chat aussi jeune que perdu et apeuré qu'elle. Dans le dernier couplet, il s'agissait d'une femme et non plus d'une fillette. Elle enlaçait un homme mais au moment de l'embrasser ses lèvres touchèrent le vide. Pourtant le chat lui était bien là, boule de poils toute blanche, toujours aussi mignonne. La dame ramassa l'immortel animal et rejoignit sa dame d'honneur. Son mari était sublime mais avant d'accepter sa main et de lui donner le baiser attendu, elle fit un clin d'œil à la créature immaculée qui hocha la tête, donnant sa bénédiction au bonheur de celle qui avait été la fillette qui pleurait, qui pleurait...

J'avoue qu'après cela, je n'écoutai plus, pendant un moment. Je regardais le groupe, je pensais à ce qu'avait raconté le Spare qui avait quitté Claire de son propre choix. Cette chanson avait-elle été écrite avant, ou après l'arrivée des parasites ? Je glissai un regard humide à Prince qui s'était apprêté à parler, mais referma la bouche. Il me laissa le temps de recouvrer ma concentration sur ce que nous étions venus faire. Puis il me glissa après plusieurs chansons :

  • - J'ai un plan.

La louve et le Prince 163.

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 22:52

 

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Nous nous observâmes simplement et lorsque nous considérâmes avoir tout vu, nous prîmes une douche en silence, avant de retourner auprès des autres.

sourit-vin.jpgClaire parlait comme une pipelette, mais lorsque nous arrivâmes au salon elle avait terminé, elle en était à notre arrivée et à son débat avec le Spare engendré par celle ci. Je m'apprêtais à lui enjoindre de ralentir la cadence, parce qu'elle paraissait trop pâle. Mais elle ne m'en laissa pas le temps. Sans préambule elle nous annonça :

  • - Les trois autres sont des triplés. Ils sont descendus dans un groupe de musique, qui se nomme les Hanino, parce que leurs prénoms c'est Hassan, Nicolaï, et Nolhanne. En ce moment ils sont à Bayonne.

  • - Parfait, souris-je, allons-y.

Un instant plus tard, j'étais sur mes pieds, tandis que tout le monde m'observait comme si j'avais mangé Tarah et que j'étais une usurpatrice. Il faudrait vous y faire, vous tous, les Dieux ne m'avaient pas seulement ajouté des épées. Elles m'avaient changée, c'était certain, mais j'avais le sentiment que je m'étais également adaptée de moi-même au tournant que les Dieux avaient imprimé à ma vie. En somme je me sentais plus lycanthrope que jamais, avec de la violence plein le corps et une puissance intrinsèque qui me démangeait.

  • - Vous avez de l'argent ? Questionna Callista. Non, hein ? Ne bougez pas.

Elle revint avec une liasse de billets de deux cent euros en nous faisant signe de ne pas nous en faire. Nous dîmes au revoir puis enfourchâmes nos montures avec des sacoches pleines de vêtements et d'eau, la tête pleine d'indications sur la chemin à prendre. Je lançai Rubis à travers champs avec un plaisir non dissimulé, pour lui comme pour moi. Il fallait prendre le Sud, tout droit, c'était facile. Quatre heures plus tard Prince hurla dans mon dos. Il avait dû passer au trot. Je me mis à sa hauteur et confirmai :

  • - On va s'arrêter dormir. Tu veux qu'on cherche un hôtel ?

Lui n'avait pas l'air fatigué. Il paraissait davantage craindre que je tombe de selle, comme un automate qui tombe subitement en panne de piles.

  • - Tu veux te laver les dents ce soir et demain matin ? Alors je crains que oui, répliqua-t-il d'un ton autoritaire.

On s'habitue vite au luxe. Nous récupérâmes la route et bien vite trouvâmes un motel. Nous attachâmes les animaux devant la fenêtre qui resta ouverte.

  • - Vous criez s'il y a un problème, leur ordonnai-je faussement.

Rubis souffla bruyamment des naseaux mais je n'étais pas dupe, il n'avait rien compris. Après un agréable passage par la salle de bain, je me coulai contre mon vampire glacé, qui referma ses bras autour de moi pour la nuit, serein.

A la première heure, c'est-à-dire midi, nous repartîmes en forme. Ben quoi ? Nous nous étions couchés à trois heures du matin, tout de même ! Nous cheminâmes toute la journée plein sud et lorsque nous nous assîmes au restaurant du motel, nous savions que le lendemain nous serions enfin sur place.

  • - C'est quoi le plan ? S'inquiéta Prince d'un air concentré. On va au concert et on attire leur attention ?

  • - Exactement, en sachant qu'on devra acheter les places aux revendeurs de dernière minute, s'il y en a. Nous parvenons à entrer dans leur vie et je les empale séparément à la première occasion.

Il cassa le rythme de la conversation, prolongeant le silence. Je m'attendis aussitôt aux inquiétudes habituelles. Mais elles ne vinrent pas cette fois.

  • - Ça a l'air de te plaire. L'adrénaline.

Je me reculai dans ma chaise puis fis oui du menton. La connivence, identifiai-je l'éclat dans ses yeux jaunes.

  • - Même physiquement, tu as changé, reprit-il en me dévorant de son regard perçant. Tu ne ressembles plus à la frêle poupée blonde, tu ressembles à l'enfant dangereuse.

Visiblement, j'avais l'air plutôt malsain, si j'en croyais le ton avec lequel il avait parlé. Non, arguai-je en mon for intérieur. Les Dieux m'avaient créée pour ce que je vivais actuellement. C'était impossible.

  • - Même pour toi, vampire ? Le cherchai-je, en souvenir de tout ce qu'il avait dit m'avoir fait subir.

Se rappelait-il à mon contact qu'il n'était pas seulement un mort-vivant, mais aussi l'oracle des Dieux ? Tant pis pour lui, songeai-je en moi-même, cynique.

  • - Ça et l'érotisme, oui. Tu as réfléchi à la façon d'entrer dans leur vie ? Questionna-t-il sans transition.

Je le pris comme une façon de signaler que c'était sans importance, ce qui me convenait parfaitement.

 

La louve et le Prince 162.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 19:52

 

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Je posai un baiser sur la joue de Claire et d'un coup sec, je nous retirai d'elle, mes épées et moi-même.

a terre sangCertes le sang coula et elle hurla tout son soûl, mais me reculant pour laisser ceux qui l'aimaient la prendre dans leurs bras, je savais que tout irait bien, maintenant. Prince, derrière moi, referma ses bras autour de moi et j'appuyai la tête sur son épaule. Ensemble nous gagnâmes notre salle d'eau, où je lavai les lames sous l'œil inquiet de mon amant. Je sentais la tension dans l'air, même si elle ne parviendrait pas à gâcher mon moment d'aise, alors je fis :

  • - Qu'est-ce qu'il y a, Prince ?

Il ne dit rien, il ne bougea pas. Pourtant, je sentis les émotions monter en lui. Il les diffusa vers moi. Les vampires ne pouvaient-ils pas garder sur eux ce qui leur appartenait ? M'indignai-je, fidèle à mes instincts séculaires de loup-garou.

  • - Tu sais bien ce qu'il y a, répondit-il doucement. Tu es différente, depuis ça. Je n'ai pas l'intention d'en parler de nouveau. Nous avons épuisé la question.

Il effleura mon dos le long des fourreaux et la sensation fut dûment érotique. Mais je ne pouvais pas m'adonner à ma pulsion tant que je n'aurais pas fait cela. Propres, je levais les épées et les glissai dans les fourreaux avec un plaisir palpable. La fin de mon râle me surprit moi même. Je me tournai vers Prince pour avoir le verdict :

  • - Et cela ne te plaît pas ? Tu es libre, tu sais. Tu peux me quitter, si tu penses que c'est mieux.

Ces paroles auraient pu paraître ridicules. Mais les dieux nous observaient depuis là-haut. Le libre arbitre n'était pas une évidence, pour des gens comme nous.

  • - Si je pense que c'est mieux...

Il avait dit cela lentement, tandis qu'un sourire de concupiscence lui montait aux lèvres. Il me donna un baiser très intime avant de reprendre en parcourant mon corps du bout des doigts :

  • - Entendons-nous bien, je ne te trouve pas plus attirante qu'avant. Mais c'est une variation de toi qu'il me reste à apprivoiser. Je prends mon temps. Je veux le faire à la longue...

Je me retournai pour le plaquer contre le mur. L'immortel aux yeux d'or et à la ténébreuse chevelure d'ébène se pencha pour prendre mes lèvres, possessif. M'entourant de ses bras, ses mains se refermèrent sur le bois près de ma nuque. Alors je compris que le bois vivait. La chaleur qu'il émit se referma sur moi et en flammes,je retirai moi même mon débardeur. Je réalisai à peine que je ne brûlais pas vraiment. Prince dut toutefois lâcher les poignées brûlantes mais ensuite, alors que je me débarrassais de mon pantalon, ses doigts coururent sur les fourreaux qui se fondaient dans mes chairs. Les flammes rentrèrent en moi et soudain je n'eus plus qu'un but : être contre le froid, c'est à dire contre lui. J'arrachai sa chemise puis dégrafai son pantalon, avant qu'il ne tombe mollement à nos pieds. Je m'agenouillai également à même le sol. Couvrant son cou d'albâtre de baisers éperdus, je me pressai contre lui. Tandis que la chaleur se communiquait à son corps glacé, il bascula la tête vers le plafond, la bouche entrouverte, tandis que mes lèvres parcouraient à présent les muscles de son torse. Brusquement, je poussai sa poitrine pour le coucher au sol. Son râle, lorsqu'agenouillée à ses pieds nus, je me mis à explorer son intimité, me donna un frisson annonciateur de la fusion éminente. Bientôt, je recueillis entre mes lèvres le fruit de son plaisir et me relevai pour l'embrasser avec fougue alors que langoureux, il avait du mal à suivre la cadence.

  • - Alors quoi, vampire, c'est trop pour toi ? M'étonnai-je, moqueuse.

  • - Qui... es... tu..?

Il me cherchait de ses yeux d'or, mais déjà je me relevais et gagnais la salle d'eau attenante. Tandis que la douche froide raffermissait tout mon corps, il put reprendre son souffle. Si bien qu'il vint m'arracher de la salle de bains. Il me souleva de terre pour me poser au lit. Mais il vit bien que c'était terminé. Il n'y eut pas d'excuses, pas de mensonges. Nous nous observâmes simplement et lorsque nous considérâmes avoir tout vu, nous prîmes une douche en silence, avant de retourner auprès des autres.

 

La louve et le Prince 161.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 18:27

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La louve et le prince, résumé.

 

Mon cœur manqua un battement lorsque je compris que c'était le Spare qui habitait la rouquine, qui parlait sans se cacher.

-... nous avons été projetés sur Terre mais nous n'y sommes pour rien. Planant entre les deux mondes, nous avons su qu'il fallait choisir un endroit pour nous infiltrer et survivre. Sans trop y penser nous avons fait ce que la Nature murmurait. Ce n'est qu'une fois piégée à l'intérieur de Claire que j'ai entrevu ce que nous avions fait. Soyez sûrs que je faisais de mon mieux pour ne pas lui faire de mal...

masque.jpgElle changea d'expression et posa les mains sur ses tempes avant de continuer :

  • - Le Spare me laisse libre de temps en temps mais c'est très douloureux...

Dans un frisson je compris que Claire était là de nouveau.

  • - Bref elle dit vrai, ce n'est pas un être mauvais... Cependant nous avons décidé qu'elle quitterait mon corps pour rejoindre son aimé.

Elle brandit le papillon gris. C'était donc l'animal que nous avions extrait de Kenzo, comme je m'en étais doutée dès que j'avais posé sur lui mes yeux bruns agrandis de surprise.

  • - Mais pourquoi n'est-ce pas déjà fait ? Questionna Prince d'un ton brusque.

  • - Parce qu'elle ne peut pas sortir sans ton aide, Tarah. Alors nous sommes prêtes. Même si c'est beaucoup dire...

Ses nerfs lâchèrent alors. Elle essaya de parler, mais ses paroles furent étouffées par ses bruyants sanglots. L'autre ange nous expliqua d'une voix blanche qu'il semblait que sous leur forme animale, les Spares devenaient des êtres primitifs, guidés par de simples instincts. Le Spare qui avait habité Kenzo restait près de Claire depuis qu'il avait remarqué sa présence, mais elle savait qu'il ne la comprenait pas. Il ne paraissait habité d'aucune intelligence, après quelques tests qu'elle avait effectués sur le papillon. On pouvait comprendre sa peur panique à l'idée de redevenir ainsi.

Elle tenta de se relever, mais Cristal dut l'aider à se tenir droite. Les crises de panique étaient réputées pour présenter ce genre de manifestations. Je n'en avais jamais vues, mais je tentai de garder mon calme en me rattachant à cette idée. Un garde fut prié d'ouvrir la porte, mais quoique libre, Claire ne fit rien pour s'enfuir.

Je réalisai alors que tous braquaient sur moi des regards insistants. Je compris soudain qu'il était temps. Je me préparai comme les autres fois, à grands renforts d'effets visuels et sonores, sans lesquels je n'aurais pas trouvé la force d'agir. Claire se mit à trembler de façon incontrôlable et ses larmes redoublèrent. Je compris que si j'aurais du mal à attaquer une femme innocente et désarmée, elle-même ressentait une peur panique de ce que j'allais faire, ce qui était bien naturel.

  • - Ferme les yeux, proposai-je.

Elle gémit très fort que non, non, elle ne pouvait pas.

  • - Sois certaine que tout se refermera ensuite, soufflai-je.

Elle gémit encore plus fort, mais cette fois ses paroles demeurèrent inintelligibles. Je reculai un peu pour prendre de l'élan. Je laissai Tarah derrière moi et appelai les épées à mon esprit. Rien ne se produisit. Alors j'appelai la louve. Elle vint au premier plan avec un enthousiasme qui me réconforta.

Dans un bien-être immense, je laissai l'être non pas froid comme mon vampire, mais en proie à une folie bouillonnante, brandir les armes à l'horizontal, les bras tendus devant moi. La proie hurla et supplia qu'on la tienne, pour enfin pouvoir se débattre. Mais je levai une jambe un peu haut, fis un petit saut, formai un bond en avant, puis un autre, comme le loup prend appui avant de courir en une longue succession de bonds vers la proie figée d'effroi. Le fer traversa la peau avant que les gens aient pu bouger pour la tenir, mais déjà je me retrouvai liée à la proie.

Les deux armes enfoncées côte à côte dans le cœur, Claire me fixait les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Un filet de sang épaississait à la commissure de ses lèvres crispées. J'étais si près d'elle que l'on eut pu croire que nous allions nous embrasser. J'avais l'impression que loin de tenir le bois des épées, mes deux mains étaient fichées dans le corps de la jeune femme, en une union fatale. Enfin à peine eus-je le temps de voir arriver le papillon argent dans sa bouche qu'il s'en échappa, m'effleurant le visage. Comme tout le monde sauf Claire qui ne bougeait pas, j'observai le couple ailé s'échapper par la fenêtre grillagée. Alors le temps reprit son cours. Je posai un baiser sur la joue de Claire et d'un coup sec, je nous retirai d'elle, mes épées et moi-même.

 

La louve et le Prince 160.

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