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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 20:18
Le destin des immortels - nouvelle publication 152

Le destin des immortels - nouvelle publication 151

- Ciel ! Se renfrogna-t-elle. Mais en quoi est-ce détestable ?

La déesse plissa les yeux, alors la jeune femme se douta qu'elle utilisait sur elle un pouvoir relativement malsain. Pour autant, elle ne put se résoudre à se détourner de la créature.

- Elphame, accroche bien ton cœur, car ce que j'ai à te dire dépasse l'entendement. Cet être qui ressemble à un homme, est un buveur de sang. Il craint les pieux en bois, ainsi que les objets sacrés, et peut se changer en chauve-souris et en loup, seules formes sous lesquelles il supporte plus les rayons du soleil.

Elphame se sentait troublée, comme si une pluie torrentielle tombait tout autour, si bien qu'un doux bruit, quoiqu'assourdissant, l'isolait de la réalité, au creux d'un cocon confortable.

- Un vampire, comprit la maîtresse de l'élément terre, sonnée.

La déesse hocha profondément son visage si délicat. Elle affichait une moue si triste qu'Elphame ressentit aussitôt le besoin de lui venir en aide.

- C'est cela. Il a créé tout un peuple de ses semblables, et alors que j'avais cru qu'ils seraient exterminés par les humains, en plus grand nombre, ils existent encore, plus de deux mille ans plus tard. Je veux que tu les anéantisses, Elphame. Traque le plus puissant d'entre eux, Sofiane. Tue-le. Sans lui, les autres sont voués à disparaître.

La jeune femme ne voulait pas accepter. Pourtant, elle se sentit articuler :

- Bien, ma Dame.

Elphame sentit le regard inquisiteur de sa Déesse : elle la jaugeait. Elle lui donna l'adresse où elle trouverait sa cible.

- Bonne chance, mon enfant, j'ai confiance en toi. Oh, et ne t'inquiète pas pour Mars : fais ce que je t'ai dit, et cette planète verra votre succès, lorsque le moment sera venu pour elle de vivre sous vos doigts.

A présent, Elphame n'existait plus. Endormie quelque-part, hors d'elle-même, elle avait bien malgé elle, laissé son corps à la disposition de sa déesse.

- Oui, ma Dame.

Elle serra la main de la divinité dans la sienne puis se jeta au sol. L'automate qu'elle était devenue ouvrit les yeux : elle était dans la chambre de Zelda. Celle-ci battit des paupières et secoua la tête. A cet instant, elle sut que sa mission serait remplie, sinon son amie n'aurait pas été rendue si vite. Aucun doute n'avait nuancé les prévisions divines, elle massacrerait ce vampire, Sofiane. Cela ne faisait plus ni chaud ni froid à la coquille vide qu'elle était devenue.

- Elphame ? Mais où est mon Océan ? Je n'ai pas fini de rencontrer la famille du dauphin...

  • - Je suis désolée, Zelda, répondit son amie, mais cela devra attendre. Tu as un homme à aimer dans cette vie, d'abord.

Jess avait entendu parler à l'intérieur, il s'était aussitôt rué dans la chambre, tandis que les autres restaient plus sagement en retrait, sauf Oran qui venait de se précipiter sur son aimée :

- Tu es vivante, tu es vivante, répéta-t-il sans fin. Tu es vivante, Elphame !

Jess lui-même se sentait paralysé. Il avait eu tellement de chagrin, il avait tant pleuré la mort de Zelda, que maintenant qu'elle était là à le regarder hagarde, il ne savait plus que faire. On le poussa doucement vers elle :

- Va l'embrasser, Jess, murmura Pearl, la gorge serrée.

La rouquine lui adressa un faible sourire :

- Ne l'écoute pas, tu as un deuil à porter, je le sais, je comprends.

  • - Elle lit dans mon esprit, rétorqua-t-il avant de lui proposer sa main.

Lorsqu'elle s'en saisit de ses doigts glacés, il l'attira à lui. Elle se tenait maintenant sur ses pieds ; il prit son temps pour se saisir de sa taille. D'un coup sec, il la serra contre son corps.

- Doucement, murmura-t-elle, je me sens faible.

Les autres sortirent de la pièce tandis qu'il posait le premier baiser sur ses lèvres pâles. Il se sépara d'elle, réalisant qu'elle ne montrait pas vraiment d'enthousiasme. Son coeur se serra.

- Que nous arrive-t-il a tous ? Murmura-t-elle, pâle comme la mort. En deux jours Oran et Elphame sont fous l'un de l'autre, je n'osais même pas imaginer te plaire mais te voilà dans mes bras, et j'ai bien vu que Cyan et Pearl sont eux aussi bien proches, avant qu'ils ne s'échappent.

Il ne pouvait que confirmer.

- Nos Dieux nous ont peut-être fait un présent, répondit-il sur sa bouche. Laisse-moi t'aimer, Zelda...

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 21:29
Le destin des immortels - nouvelle publication 151

Le destin des immortels - nouvelle publication 150

Appuyé par les mots de Pearl, il posa le corps de Zelda dans le cercle. Elphame s'assit près d'elle, et il en sortit, tremblant. Il fit signe aux autres qu'ils quittaient la pièce, il fallait laisser travailler la maîtresse de la terre.

Elphame était enfin seule. Elle ralluma les bougies, s'assit et se laissa inspirer par sa quête. Elle avait déjà appelé Osiris, souvent en fait, aussi elle commençait à être à l'aise avec les incantations. Mais jamais elle ne lui avait demandé autre chose que des conseils...

- Osiris, Mère, je t'invoque encore, mais cette fois,

Ce faisant, et loin de perdre ma foi,

Je remets ma vie entre tes mains, mère,

Car ici bas, des évènements amers,

Sont venus troubler nos cœurs écorchés,

Mère, apparais-moi, et que soit faite ma volonté.

Elle sentit enfin son corps quitter Mars. La forêt se referma sur elle, comme à chaque fois. Agile, elle suivit le chemin en écartant les lianes entrelacées sur sa route. A l’affût, elle savait que la Déesse l'appellerait lorsque bon lui semblerait. Elle fit au hasard le tour d'un baobab, puis le murmure lui parvint, comme un chuintement. Elle leva la tête pour trouver la Déesse égyptienne dans l'arbre gigantesque. Elle avait cherché son image dans les livres longtemps avant de l'invoquer pour la première fois, et la divinité avait exactement les traits auxquels elle s'était attendue la première fois. Elle la trouvait magnifique avec ses grands yeux bridés et ses cheveux d'ébène.

Elphame gravit l'arbre de branche en branche pour la rejoindre. Bientôt, elle se retrouva près d'elle.

  • - Bonjour, mon enfant, sourit l'Egyptienne.

  • - Bonjour, ma Dame. Je suis ravie de vous revoir.

La divinité secoua doucement la tête.

  • - Pas moi, ma fille, je n'aime pas te voir risquer ta vie pour des gens que tu connais à peine. Mais tu es humaine, ajouta-t-elle avant qu'Elphame ait pu contester. A ton échelle les évènements qui viennent de survenir sont d'une importance supérieure.

Elphame ne s'était pas tellement attendue à devoir plaider sa cause. D'habitude sa déesse anticipait ses besoins. Elle se sentit patiner un peu.

  • - Oui, ma Dame. J'implore votre miséricorde : Zelda a été rappelée par Neptune par ma faute, laissez-moi échanger ma vie contre la sienne, je vous en supplie.

A sa plus grande stupéfaction, sa déesse secoua encore la tête. C'était non. Pour la première fois.

  • - Mon enfant, je ne veux pas te l'accorder. Tu es mon bras sur terre, je t'aime beaucoup, celui qui t'a précédée était moins intéressant. Je veux que tu restes sur le champ de bataille.

La panique menaçait de submerger Elphame. Elle suffoquait.

  • - Mais je ne puis vivre avec ce fardeau, Osiris ! Tentez de me comprendre, je vous en conjure !

  • - Ma belle émotive, soupira la divinité en posant une caresse sur sa joue. J'ai songé à un compromis.

Un soulagement sans borne emplit le coeur de la jeune femme. Elle expira lentement.

  • - Les dieux soient loués ! De quoi s'agit-il ?

  • - Je peux faire ce que tu demandes, mais il faut faire quelque-chose pour moi en retour.

Elle hocha précipitamment la tête, se demandant vaguement à quoi avait rimé le refus que la déesse lui avait d'abord opposé la déesse.

  • - Parfait ! Parlez et j'agirai.

Un large sourire de satisfaction éclaira le visage d'Osiris.

  • - Il est sur terre des créatures créées par erreur. J'étais en colère contre ma création : les humains malmènent l'équilibre que j'ai aussi créé. Je l'avais présagé dès peu après les origines. Par mon courroux, l'un d'eux, celui qui inventa le feu, prémisse des catastrophes à venir, sur qui ma haine s'est concentrée, s'est changé en un être détestable. Un immortel.

Curieuse, Elphame se languit aussitôt d'en savoir davantage. Mais l'instant d'après, elle comprit que cet être surprenant n'allait plus vivre bien longtemps.

- Ciel ! Se renfrogna-t-elle. Mais en quoi est-ce détestable ?

Le destin des immortels - nouvelle publication 152

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7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 23:13
Le destin des immortels - nouvelle publication 150

Le destin des immortels - nouvelle publication 149

Le visage de Neptune était doux comme celui d'un père. Il l'avait aidée avant, il ne lui ferait jamais de mal.

- Je t'offre mon âme sans trembler, prends-la, Neptune.

Elle en avait envie. Pour autant, elle n'aurait pas pu jurer que ses raisons fussent pures.

- C'est bien, ma fille, fit il d'une voix profonde en posant une caresse sur sa joue. Va maintenant, et fais ton présent à tes amis. A bientôt, Zelda.

Armée d'une force qui n'était pas la sienne, elle se leva, s'éloigna sans se retourner. Elle plongea dans le tunnel, nagea un peu puis se retrouva dans sa chambre, sereine. Pourtant lorsqu'elle tenta de se lever, ses muscles refusèrent de la porter : elle se laissa aller au sol et ferma les paupières.

Lorsque Jess vit les paupières de Zelda battre, son propre sourire ravi l'effraya lui-même. Que penserait sa défunte épouse en le voyant s'émerveiller du révveil d'une autre femme ? Elle en serait heureuse, vu le cauchemar qu'il avait traversé jusque-là, s'avoua-t-il, il devait cesser de s'autocensurer en se cachant derrière elle. Cette femme, la rouquine, lui plaisait de tout son être, il devait commencer par faire la paix avec lui-même à ce sujet, puis il avancerait comme il se devait. Il avança une main pour poser une caresse sur le visage de Zelda. Elle s'en émerveilla à son tour sans lui masquer son bonheur. Elle se redressa précautionneusement, puis lui tendit une main :

- Peux-tu m'aider à me relever ?

Il hocha la tête, ensuite ils rejoignirent les autres au salon : ils prenaient l'apéritif. Dès qu'ils la virent, Oran, et Elphame allèrent au devant d'eux. Alors commença l'engrenage : Zelda tomba comme une masse. Comme à chaque fois qu'il la trouvait évanouie, Jess chercha son pouls et sa respiration, un peu fébrile. Mais cette fois, il poussa un gémissement de bête traquée : rien de tout cela n'était plus. Tous les quatres regagnèrent la chambre de Zelda, Jess la portant en retenant ses larmes. Elle lui avait rapidement expliqué ce qui se passait, avant de sortir de la chambre, et il avait pressenti qu'il lui arriverait malheur, mais elle n'avait pas voulu le croire. Il l'avait laissée tranquille : comment la convaincre et croire lui-même que le Dieu de la rouquine lui voudrait du mal ?

Comprenant ce qui se passait, Elphame fit les gestes de secourisme qu'elle avait appris dès son plus jeune âge. Mais cela ne fonctionna pas. Alors la détentrice de l'élément terre se concentra, pour voir si elle pouvait réveiller la vie chez son amie, mais rien ne lui répondit dans le corps déjà pâle.

- Fais quelque-chose, hurla Jess, c'est ta faute, alors ramène-la, tout de suite !

Oran sortit de sa paralysie, et ceintura son compagnon tandis qu'Elphame sombrait dans l'effroi : en l'aidant, son amie avait payé de sa vie, Neptune avait récupéré son enfant. Quel était ce cri déchirant, tellement effroyable ? C'était sa propre voix, comprit-elle noyée de larmes, se balançant comme si elle avait perdu la raison.

Jess restait prostré dans sa chambre, il y avait deux heures que Zelda était morte mais il ne l'avait pas quittée des yeux. Il l'avait menée là dans ses bras, et il ne cessait de lui parler :

- Je suis maudit, c'est ma faute si tu n'es plus. Par les dieux, Neptune, prends-moi à sa place, je ne veux plus vivre si c'est aux dépens de quiconque m'aimera, autant me pendre ce soir !

Il cessa sa litanie, car la brunette venait d'entrer dans la pièce.

- Laisse-moi, Elphame dit il d'un ton sec.

- Non. Je vais la ramener, si je n'en ai pas le pouvoir, Osiris, déesse de la terre, m'aidera à le faire. Replace-la dans le cercle.

- Promets, gronda Oran dans le dos d'Elphame.

- Non, Oran, je suis désolée. On se retrouvera dans l'autre monde.

Jess, qui traînait le corps là où elle l'avait ordonné, comprit enfin : elle allait invoquer sa déesse elle aussi, et donc payer de sa vie. Oran voulait qu'elle fasse le serment de ne pas aller jusque-là, serment qu'elle venait de lui refuser.

- Non, murmura Jess, d'un timbre mal-assuré.

Il ne savait plus que faire. Méritait-il qu'on meure pour lui ? Il posa une caresse, du bout des doigt, sur la peau raide du cadavre. Zelda le méritait.

- Si tu ne m'aides pas à l'y porter, je le ferai moi-même. Si vous m'en empêchez ce soir, je le ferai demain, et ainsi de suite. Vous ne serez pas toujours là pour me surveiller.

-Bien sûr que si, répliqua Oran dans un état second, ce soir et pour l'éternité.

-Laisse-la tranquille, dit Pearl d'une voix maternelle.

C'est alors que Jess sut que ça tournerait mal. Il tenta de se ressaisir.

- Pardon ? Hurla Oran.

Comme un automate, Jess écoutait chacun sans lâcher le corps inerte. Le sien n'obéissait plus. Ses idées, confuses, refusaient de s'éclaircir.

-Je sens sa détermination, expliqua la télépathe. Vous ne m'avez rien dit, mais n'oubliez pas que je peux tout savoir. Cette fois, c'était trop important pour respecter votre silence. Si elle n'arrive pas à ses fins, elle perdra la raison, j'en sens les prémisses, Oran, c'est que tu veux pour elle ?

Jess s'attendait à de la violence. Mais le brun aux yeux bleus n'en eut pas la force.

- Tu mens, répéta-t-il plusieurs fois, tu mens, tu mens...

-Jamais, soupira-t-elle, regarde-moi bien, j'ai l'air d'aimer les morts inutiles ? Simplement, je sais que la folie est bien pire que la mort. Il faut la laisser partir vers sa Déesse, Oran, elle l'appelle probablement. C'est ainsi, s'étrangla-t-elle en lui saisissant le bras.

Il hurla et voulut l'arracher à Jess. Cyan, arrivé comme Pearl probablement attiré par les cris, fit ce qu'il fallait faire : il ceintura Oran. Il était visiblement plus fort que le maître du feu, il avait quelque chose du lycan, Jess l'avait bien remarqué sans que son compagnon ait eu à lui raconter son ascendance. Il y avait des choses que l'on sentait lorsque l'on avait soi-même quelque chose de surnaturel. Et sa meute de loups aidait l'imagination.

Appuyé par les mots de Pearl, il posa le corps de Zelda dans le cercle. Elphame s'assit près d'elle, et il en sortit, tremblant. Il fit signe aux autres qu'ils quittaient la pièce, il fallait laisser travailler la maîtresse de la terre.

Le destin des immortels - nouvelle publication 151

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 22:19
Le destin des immortels - nouvelle publication 149

Le destin des immortels - nouvelle publication 148

Le dauphin, par quelques pirouettes, l'obligea à le lâcher. Il lui donna un coup de nez amical puis s'en fut bien loin, vers l'infini.

Zelda se sentit bien seule soudain. Puis elle comprit : elle était là parce qu'ici se trouvait l'entrée de la grotte. Elle y nagea lestement. Étonnée de sentir la façon dont elle se mouvait, elle regarda ses jambes et émit un rire cristallin car étouffé par l'eau soyeuse. Elle était une sirène, mais quoi de plus normal pour la maîtresse de l'eau? Se dit-elle. Elle s'engouffra dans la grotte, mais le chemin ne fut pas bien long. Aussitôt le tunnel prit fin sur un espace vaste et sec. Au centre trônait un genre de bassin naturel, à la couleur surréaliste, un peu comme les yeux de Cyan. Penser à lui la ramena à sa mission. Où était Neptune et qui était cet homme de dos, s'adonnant à un bain de pied visiblement délicieux ? Elle se hissa au sec, aussitôt sa queue redevint ses jambes. Elle se redressa et vit qu'elle était nue, comme cet homme, Neptune, qui d'autre ? Son dos large était en partie couvert par sa longue chevelure dont les boucles lui rappelèrent celles de Jess, qu'elle aimait. Non, s'indigna-t-elle, pas encore, ce n'était pas possible.

- Monseigneur, murmura-t-elle.

Le visage se tourna vers elle, alors son cœur maqua un battement. A part la teinte azur des cheveux et des sourcils, c'était Jess.

- Comment est-ce possible? Piailla-t-elle.

- Viens t'asseoir, mon enfant, fit Neptune, de la voix de Jess.

Les jambes flageolantes, elle s'exécuta. Il l'observa des pieds à la tête et sa propre nudité la gêna, autant que celle de son dieu. Des jambes galbées, un ventre musclé, de discrets pectoraux... Jess était il ainsi, lui aussi ?

- Pourquoi vois-je mon ami et non toi, Neptune ?

- Ton ami, se moqua-t-il... Parce-que je ne suis pas matériel, mon enfant. J'apparais comme ce que ton esprit se plairait le mieux à me découvrir. Tu aimes cet homme, Zelda.

- C'est trop tôt, contra-t-elle résolument. En tout cas je suis très honorée de...

- Laisse tout cela, Zelda. Je ne veux pas de cela entre nous.

Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre. Elle n'était pas son serviteur. Peut-être avait-elle une chance de s'en tirer sans mal, finalement.

- Très bien, monseigneur, je vais essayer de m'y faire.

- Comment vas-tu, petite ?

Elle se sentait surprise, bien-sûr, qu'il lui parle comme s'il était son père. Pour autant, il semblait sincère. Après tout, en effet, elle l'avait toujours senti auprès d'elle, dans chaque plan d'eau, jusque dans la pluie dehors.

- Moi je vais bien, Neptune, car tu veilles sur moi.

- Ne te perds pas en transitions, pose-moi ta question. Je te vois tous les jours, dès que tu entres en contact avec notre élément, dès que tu intéragis avec lui. Je sais ce qui t'amène.

Un vertige la saisit. Elle se raccrocha à ses yeux azur.

- Peux-tu me permettre de les aider, Seigneur ?

Ses yeux à elle descendirent sur les lèvres du dieu. Elle se retint de les embrasser. Elles étaient faites pour les siennes. Elle secoua la tête, revint à ses pupilles.

- Je peux tout lorsqu'il s'agit de l'eau, mais comme tu le ressens, la contrepartie sera terrible.

Étourdie, elle aurait tout accepté. Jusqu'au pire et jusqu'au meilleur.

- Quelle est-elle, Neptune ?

- Il faut m'offrir ton âme, bientôt, quoi d'autre ?

Zelda comprit qu'elle l'avait toujours su, comment était-ce possible ?

- Pourquoi ai-je tellement confiance en toi, alors qu'Oran n'ose même pas contacter son dieu ?

Il avait déjà fourni une réponse : la mort l'attendait au tournant. Mais ce n'était pas tout.

- Parce-que Vulcain et moi sommes différents. J'aime communiquer avec mon enfant, alors qu'il qu'il préfère le laisser travailler seul, ce sont deux façons de procéder qui se défendent. J'ai insufflé certains savoirs dans ton esprit en te guidant pour t'aider, lui pense que son fils sera plus fort s'il le laisse trébucher et apprendre seul. Veux-tu toujours formuler ta requête ?

Le visage de Neptune était doux comme celui d'un père. Il l'avait aidée avant, il ne lui ferait jamais de mal.

Le destin des immortels - nouvelle publication 150

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 22:53
Le destin des immortels - nouvelle publication 148

Le destin des immortels - nouvelle publication 147

Zelda leur fit signe de la suivre dans sa chambre : elle ne voulait pas prendre le risque qu'on les entende. En croisant Pearl qui descendait déjeuner, ils la saluèrent.

Pearl vit bien qu'il se passait quelque chose de grave, aussi elle n'hésita pas : elle entra dans l'esprit d'Elphame, qui avait l'air d'être la plus affectée par leur secret. C'était confus : elle voyait de l'appréhension, de l'amour, la maîtresse de la terre était partagée entre deux valeurs à protéger : son amour et Zelda. Pearl passa son chemin pour ne pas être remarquée, mais se promit de suivre ce problème. Elle avait toujours été là pour protéger les autres, elle s'y attacherait cette fois encore.

Oran écarquilla les yeux lorsque Zelda expliqua calmement :

  • Je vais invoquer le Dieu de l'eau, Neptune. Il acceptera sans doute de m'aider. Voilà tout, maintenant vous pouvez sortir me laisser travailler.

  • J'en étais sûre, lâcha Elphame, ainsi Oran gagna un degré de surprise supplémentaire. Je n'avais pas songé à cela, Zelda, mais plutôt à quelque chose que tu pourrais faire toi-même. Tu peux donner naissance à l'eau sous le Dôme, ne peux-tu pas donner un système à l'un de nous qui permettrait de neutraliser le feu d'Oran ?

  • Je ne vois pas comment. Je peux créer l'eau, mais pas en un système non naturel. Par exemple je peux créer une chute, mais jamais je ne réussirai à faire remonter l'eau de façon durable, tu comprends ? Si je fais ça, au bout d'un moment, ma création disparaîtra, comme ce que j'ai fait sous le dôme avec les canalisations.

Zelda vit la brunette transposer cela à ses propres pouvoirs dans son esprit, ensuite elle la vit comprendre. Mais Elphame savait tout sur la question, déplora-t-elle :

  • Si tu t'adresses à ton Dieu il te demandera une lourde contrepartie, va savoir laquelle !

  • C'était cela ! S'exclama Oran comme s'il avait compris comment changer l'eau en vin.

Les deux femmes le dévisagèrent, mais Zelda reprit vite le cours de la conversation :

- Oui, mais qu'importe, je trouve que le jeu en vaut la chandelle. Ce type-là ne tombe pas facilement amoureux, c'est la première chose que chacune de nous a remarquée en le voyant. Je ne veux pas me dire, plus tard, que la seule fois où ça lui est arrivé, j'ai refusé de lui venir en aide.

Il ouvrit la bouche et la referma, mais elle lut dans les yeux du séducteur qu'il la remerciait de tout son cœur. Il quitta la pièce avec un hochement de tête respectueux, mais entendit Elphame demander à leur amie (il pensait pouvoir en parler ainsi dorénavant) de ne pas faire de choses trop graves sans lui en parler auparavant. Lorsque Zelda accepta, Elphame le rejoignit. Ils gagnèrent le jardin pour travailler avec Jess, eux aussi avaient du pain sur la planche, ils ne devaient pas l'oublier.

Zelda n'avait jamais appelé Neptune, mais elle avait tellement réfléchi autrefois, qu'elle savait comment faire. Elle aurait dû douter de la possibilité de l'invoquer, mais ce n'était pas le cas : elle percevait son Dieu autour d'elle, elle le sentait accessible à ses sollicitations.

Elle ordonna des bougies autour d'elle en un cercle régulier. Elle s'assit au milieu avec une coupelle d'eau, puis y plongeant les mains, elle ressentit le bien-être habituel : ça y était, elle était à sa place. Les mots de la formule magique lui vinrent instinctivement :

- Neptune, mon Dieu, mon guide, mon maître ;

S'il te plaît, pour ton enfant, puisses-tu apparaître,

Moi, la maîtresse de l'eau, j'implore ton aide ici,

Ce soir, Neptune, par ma volonté, qu'il en soit ainsi.

Elle répéta des dizaines de fois, les yeux clos, et bientôt elle sentit l'eau autour d'elle. Elle rouvrit les paupières, aussitôt sa respiration s'affola : elle était sous l'eau, mais elle pouvait y respirer. Elle tenta d'observer le paysage marin et fut soufflée du résultat : la vie marine s'épanouissait partout autour d'elle. Depuis les mollusques jusqu'à cette baleine qui passait tranquillement au dessus de sa tête, si grande qu'elle peinait à l'appréhender en entier. Elle sourit, émerveillée. D'autres auraient eu peur, mais ce n'était pas son cas : ici était sa place, dans l'eau qu'elle maîtrisait. Un dauphin fendit l'espace vers elle, il était venu la chercher : il s'arrêta devant Zelda en se trémoussant, son aileron frôlant toujours sa main. Elle s'en saisit, alors l'animal l'emmena à une vitesse folle, jusqu'à l'entrée d'une grotte. Le dauphin, par quelques pirouettes, l'obligea à le lâcher. Il lui donna un coup de nez amical puis s'en fut bien loin, vers l'infini.

Le destin des immortels - nouvelle publication 149

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 18:44
Le destin des immortels - nouvelle publication 147

Le destin des immortels - nouvelle publication 146

Ils descendirent ensemble. Il lui faisait tourner la tête, s'affola-t-elle. Elle était encore vêtue des habits de la veille, telle qu'il l'avait couchée là. Normalement elle n'aurait pas voulu sortir de sa chambre sans une bonne douche et des vêtements propres. Lui-même avait été torse nu la veille, et il avait son jean du jour, or ce matin lui aussi était exactement comme la veille. Elle secoua la tête pour cesser de penser à eux, il était toujours amoureux de son épouse, c'était à cause de cette femme qu'il ne dormait pas, elle devait cesser de croire que quelque chose était possible entre eux. Que faisaient Oran et Elphame à la cuisine, eux qui jamais ne se levaient tôt d'habitude ?

  • - Bonjour, dit-elle de sa voix calme, comment ça va, vous deux ?

  • -On espère que ça ira mieux bientôt, grâce à toi, avoua Elphame de sa voix toujours expressive.

  • - Que puis-je faire pour vous, à part vous réprimander parce que le beurre, quand on a fini de s'en servir, ça se met au frigo ?

Oran sourit largement, et lui décocha son sourire de charmeur, avant de susurrer, mielleux :

  • - Même après l'amour, Zelda ne cesse jamais de vouloir imposer l'ordre, comme un Dieu païen veillant sur cette maison.

Zelda se rembrunit, mais Elphame ne lui laissa pas le temps de contester. Elle débita, neutre et rapide :

  • - Oran ne peut pas me faire l'amour sans me brûler, or tu as l'élément eau, nous pensons que tu peux nous aider, Zelda, est-ce que tu as envie de le faire pour nous, s'il te plaît ?

Chapitre deux. L'engrenage.

Jess ne quitta pas son silence pour sortir de la pièce, et la rouquine soupira : cet homme était presqu'aussi pudique qu'elle-même. Elle appuya les doigts sur ses tempes pour réfléchir : ces gens-là méritaient ils ce qu'elle avait à leur offrir ? Elle rouvrit les yeux pour les regarder. Elphame était amoureuse, cela se voyait, et telle qu'elle la connaissait un peu, elle était du genre à tomber d'amour aussi vite, il n'y avait aucun doute à avoir sur la question. Elle se tourna vers Oran.

  • - Viens faire un tour dans le jardin, beau gosse, sourit-elle.

Elle ne le regarda pas en prenant le chemin de la sortie, elle pouvait s'épargner au moins cela. Lorsqu'ils furent dehors, elle donna une tape sur l'épaule de Jess qui s'y trouvait :

  • -J'arrive.

Mais il ne l'avait pas entendue, il travaillait son élément, concentré, les yeux clos. Maintenant, Oran et elle étaient assez loin de tout le monde ; elle s'arrêta et se tourna vers lui, le regard dur.

  • - Écoute, je peux vous aider, mais il faut que ça en vaille la peine. Je ne veux pas t'inclure dans les raisons de la gravité de ce que je peux faire pour vous, mais je pense qu'en tant que maître d'un élément, tu sais de quoi je parle.

Le sourcil levé, il n'avait pas tellement l'air de saisir, non. Peut-être était-elle la seule à s'être intéressée à cet aspect de ses pouvoirs, après tout.

  • - Je peux vous aider, mais les conséquences pour moi seront lourdes, contente-toi de cela, ajouta-t-elle.

  • -Zelda, s'impatienta-t-il, si tu ne peux pas nous aider, dis-le, mais ne me fais pas tourner en bourrique, j'ai eu mon lot de mauvaises surprises cette nuit.

  • - Parle-moi sur un autre ton, gronda-t-elle.

Mais après tout elle avait ainsi la réponse à la question qu'elle n'avait pas eu à lui poser. Vue la colère, et aussi autre chose d'indescriptible qui planaient sur son visage, un peu comme de la douleur, elle pouvait croire qu'il aimait Elphame. Pour le reste elle devrait lui faire confiance :

  • - Je t'ai isolé pour vérifier que tu l'aimais, parce que je ne peux pas me permettre de faire ce qu'elle m'a demandé à la légère. Maintenant j'en suis à peu près convaincue, nous pouvons la rejoindre.

  • - Si tu veux passe par Pearl, se moqua-t-il, elle pourra répondre à ta question.

  • -Parfois il faut savoir vivre comme des gens normaux.

Ils se turent, méditant sur ces paroles. Une fois revenus à la cuisine, Elphame les accueillit l'air stressée.

  • - Je vais essayer vous aider, dit Zelda. Pour ce faire, je dois m'isoler dans ma chambre, veillez à ce que personne ne m'ennuie jusqu'à ce que je sois sortie, et ensuite je saurai si oui ou non, il y a quelque chose à faire.

Sur ces paroles, elle se dirigea vers les escaliers, mais Elphame la rattrapa bien vite.

  • - Qu'est-ce que tu vas faire ? Demanda-t-elle avec émotion.

Elle savait, contrairement à Oran, comprit Zelda. Devait-elle lui dire la vérité ? Si elle le faisait, la détentrice de la terre refuserait sans doute qu'elle l'aide. Était-ce un problème ?

  • - Cesse de réfléchir, ordonna Elphame, et explique-moi. Oran et moi sommes les principaux concernés, nous avons le droit de savoir, tu ne crois pas ?

Sur la fin elle s'était attendrie. Oran les avait rejointes, et l'avait prise par la taille de ses mains puissantes. Zelda sentit passer sur ses traits le dépit de ne pas pouvoir elle aussi viser cela avec Jess, mais elle se composa aussitôt un visage neutre, même si c'était trop tard ; elle pouvait le lire sur les traits d'Elphame.

Zelda leur fit signe de la suivre dans sa chambre : elle ne voulait pas prendre le risque qu'on les entende. En croisant Pearl qui descendait déjeuner, ils la saluèrent.

Le destin des immortels - nouvelle publication 148

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 20:58
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Le destin des immortels - nouvelle publication 145

  • - N'y a-t-il que moi dans cette pièce qui puisse avoir assez d'imagination pour songer qu'il y a forcément une solution à notre problème ? Nous connaissons six personnes aux puissants pouvoirs, nous inclus, cette tête vide ne peut-elle pas assumer son amour, en comprenant que si on veut on peut ?

Il ne répondit toujours pas, alors elle songea qu'elle s'était trompée. Déçue aux larmes, elle le poussa violemment et enjamba la baignoire, en proie à une affreuse crise de larmes elle aussi. Alors l'impossible se produisit : il la souleva dans ses bras et lui donna un baiser à couper le souffle, duquel elle sortit étourdie mais heureuse.

Zelda fut de nouveau la première levée et commença à prendre ses marques dans ses gestes du matin. Une fois propre, elle sortit et son cœur manqua un battement. Elle avait eu dans l'idée d'humidifier la terre avant tout autre chose, mais celle-ci n'était plus du tout ce qu'elle avait été la veille. Le jardin entier était couvert de l'élément d'Elphame. Elle se rappela la bouffée de chaleur qu'elle avait éprouvée cette nuit-là : était-ce à cause de la création nocturne de la jeune asiatique ? Quoi qu'il en fût, elle humidifia le jardin et lorsqu'elle eut terminé, elle se sentit observée. Jess attendit qu'elle se fut tournée vers lui pour ordonner :

  • - Allez viens déjeuner jeune fille, tout le monde t'attend.

Elle le rejoignit, avec la sensation troublante qu'elle allait vers là où était sa place. Elle faillit même saisir ses doigts, mais elle retira bien vite sa main en un frôlement somme toute agréable.

A table, une nouvelle de Cyan la ravit pleinement :

  • - J'ai passé vos commandes, et comme vous l'avez demandé, l'eau sera coupée dans une heure, au moment précis où le régulateur de température cessera de fonctionner.

Le reste du repas, Zelda n'écouta rien, mais elle fut au rendez-vous à l'heure indiquée. Ni une seconde de trop, ni une seconde d'avance ne furent à déplorer.

Les détenteurs de l'eau et du feu se concentrèrent, simultanément Mars eut un battement de cœur. Soudain, une eau et une température naturelles jaillirent dans les canalisations et dans l'air. Mais ce n'était pas terminé. Il fallut l'après-midi et une partie de la nuit aux maîtres de ces éléments pour donner aux éléments un cycle acceptable.

Lorsque l'homme et la femme rouvrirent les yeux, la température était fixée et l'eau était destinée à se renouveler d'elle-même dans les canalisations. Les détenteurs de l'air et de l'eau savaient bien que ce n'était pas cela qu'on leur avait demandé, car ce n'étaient pas des cycles naturels, mais ils avaient eu besoin de le faire, et Mars leur en était reconnaissante.

Lorsque Zelda rouvrit les yeux, elle était dans son lit et Jess dormait près d'elle, sur une chaise. Elle tendit le bras mais n'ayant pas la force de bouger davantage, elle ordonna aux chairs de Jess de s'éveiller. Il ouvrit grand les yeux.

  • - Tu peux retourner te coucher, Jess, fit-elle ensommeillée, je vais bien, même si je suppose que j'ai perdu connaissance.

Il fit oui de la tête.

  • - Tu devrais avaler quelque chose, Zelda. Je m'inquiète pour toi, tu sais?

Elle lui sourit idiotement puis réalisa qu'elle n'avait fait qu'un repas sur trois ce jour-là.

- Ça va, je te jure, gémit-elle, je suis juste épuisée. Toi aussi, va donc dans ton lit, l'ami.

Les dernières choses dont elle se souvint avant de se rendormir furent le regard de Jess, tel deux perles chargées d'émotions, et de s'être désolée qu'un homme si joli soit tellement inaccessible. Mais au réveil, elle crut ne pas avoir dormi : il était toujours là à la regarder. Elle passa les mains sur son propre visage, pour en ôter tout résidu disgracieux post-sommeil.

  • - Tu n'as pas dormi ? Demanda-t-elle d'une petite voix lorsqu'elle comprit que pour sa part, si, elle avait trouvé le sommeil : le réveil indiquait huit heures.

Les cernes grises de cet homme auraient dû voiler sa beauté, pourtant Zelda le trouvait diablement désirable, ce matin-là. C'était cette émotion dans ses yeux gris perle, disparaîtrait-elle un jour ?

  • - Si, un peu, sourit-il. Tu viens déjeuner ?

Ils descendirent ensemble. Il lui faisait tourner la tête, s'affola-t-elle, elle était encore vêtue des habits de la veille, telle qu'il l'avait couchée là. Normalement elle n'aurait pas voulu sortir de sa chambre sans une bonne douche et des vêtements propres. Lui-même avait été torse nu la veille, et il avait son jean du jour, or ce matin lui aussi était exactement comme la veille. Elle secoua la tête pour cesser de penser à eux, il était toujours amoureux de son épouse, c'était à cause de cette femme qu'il ne dormait pas, elle devait cesser de croire que quelque chose était possible entre eux. Que faisaient Oran et Elphame à la cuisine, eux qui jamais ne se levaient tôt d'habitude ?

Le destin des immortels - nouvelle publication 147

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 11:40
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Le destin des immortels - nouvelle publication 144

  • Qui es-tu pour juger de ce qu'il me faut ?

Le ton était sec, mais elle était atrocement belle et excitante, dressée sur les coudes, les yeux luisants de colère et de mépris, son décolleté laissé en l'état depuis son dernier attouchement. Surtout, c'est cette buée qui l'attira. Il n'y avait pas de bougies qui se fussent allumées dans la chambre malgré son désir, mais Elphame avait absorbé la chaleur comme la terre avant elle.

Comme une bête prise au piège, Oran ôta son T shirt avant de se pencher sur elle et de lui arracher son haut. Ses lèvres brûlantes parcoururent le corps de la jeune femme et elle hurla. Précipitamment il s'éloigna ; ses yeux s'écarquillèrent : une traînée rouge marquait le chemin qu'il venait de prendre sur son corps.

  • Tu ne sais pas contrôler ton élément quand tu fais l'amour ? Murmura-t-elle étonnée.

Elle avait pris sa bouteille d'eau et la promenait sur sa peau, où la buée ruissela bientôt.

  • Si, rétorqua-t-il la voix rauque, j'allume alors... Cela n'a pas d'importance, je suis désolé.

Il sortit de la chambre, le visage fermé.

Elphame ne réfléchit pas bien longtemps. Elle avait voulu s'offrir à lui, parce qu'elle savait que même s'il n'en était pas conscient, Oran ressentait quelque chose pour elle. Il était à son chevet quand elle s'était réveillée, ou quoi ? Elle se leva pour gagner sa chambre avec un sourire carnassier : elle aurait ce type. Fuis-moi je te suis, c'était cela, n'est-ce pas ? Et bien ce soir elle allait lui donner une bonne raison d'entrer dans l'engrenage. Elle l'aurait, quitte à s'enfoncer dans la folie. Elle ouvrit la porte à la volée. L'homme l'avait certainement entendue venir, car il était encore dos à la porte, face à son lit. Elle caressa son dos nu et ferme, elle y fit glisser les lèvres, et le brun collectionneur de femmes gémit tout son soul lorsqu'elle commença de s'attaquer à lui.

Alors que la terre croissait encore, le feu prit possession du dôme entier. Mais sans tarder, son détenteur le canalisa vers les bougies et la chaleur qui avait gagné une dizaine de degrés retomba aussi vite.

Elphame fit le tour du jeune homme, elle se dit qu'elle le féliciterait du tour de magie une fois qu'il aurait tellement joui qu'il lui demanderait grâce. Lorsque ce fut presque fait, il voulut la relever mais elle n'avait pas terminé. Après qu'il eût joui, et seulement alors, elle se releva. Elle quitta son propre pantalon, puisqu'il était devenu trop gourd pour s'en charger assez vite. Elle se colla contre lui, et n'épargna aucune partie de son corps avec ses doigts, alors elle accepta qu'il la couche sur son lit, offerte. Elle avait pensé le diriger d'autorité là où elle voulait qu'il aille mais ce fut inutile. Dommage, ça l'aurait encore excité davantage, se dit-elle. La jouissance emporta Elphame, elle oublia la cruauté qu'elle avait décidé de garder en tête. Elle ne lui revint à l'esprit que lorsqu'il finit par s'abattre pour la troisième fois près d'elle, haletant. Elle se ressaisit : il le fallait, cet homme-là ne se laisserait pas charmer sans le stratagème qu'elle avait imaginé. Nue, elle quitta la pièce d'une démarche de félin repu, se contentant de murmurer derrière son épaule d'une voix langoureuse :

  • Très joli, le feu d'artifice.

Mais l'instant d'après elle se remémora ce qu'elle venait de voir : Oran pleurait-il réellement ? C'était bien plus qu'elle n'avait cru obtenir ! S'enthousiasma-t-elle. Alors elle sentit simultanément la douleur et les bras brûlants d'Oran qui l'arrêtaient et la tournaient vers lui. Il observait son corps nu dans le couloir, ses larmes dégoulinaient le long de ses joues, alors Elphame comprit. Elle baissa les yeux sur ses chairs meurtries par le feu, et aussitôt elle ressentit la réalité de la brûlure. C'était la forme du cœur d'un Don Juan, il était à présent gravé à l'exact opposé de l'emplacement du sien. Ses côtes sous son sein droit, et quelques centimètres de celui-ci, étaient rouge foncé. Sa respiration saccadée annonçait la panique, mais Oran la prit par la main pour l'attirer dans sa salle de bain. Il plaça la paume de douche face à la brûlure et Elphame se sentit enfin mieux. Elle rouvrit bientôt les yeux sur ceux d'Oran, toujours baignés de larmes. Elle comprit qu'il ne pouvait pas encore parler, pourtant elle allait soudain si bien qu'elle aurait voulu hurler sur l'univers entier : il m'aime, cet homme est amoureux de moi, ses yeux le crient, ses larmes me parlent !

  • Oran, murmura-t-elle. Dis-le-moi, s'il te plaît. Tu en es capable, n'aie pas peur d'aimer.

  • Non, gémit-il, non...

Les traits d'Elphame s'assombrirent, alors Oran s'expliqua, pressé soudain de lui expliquer, comprit-elle.

  • Je ne pourrai plus jamais, Elphame ! Je ne peux pas aimer ! Je croyais en avoir peur à cause... tu sais, de ma personnalité, mais en fait c'était l'élément feu qui me prévenait ! Jamais je n'ai brûlé personne, car je n'ai jamais aimé ! Et maintenant...

  • Tu me détestes, alors ? Demanda Elphame, en colère.

Il secoua précipitamment la tête, alors elle ordonna, impérieuse :

  • Alors embrasse-moi, si tu veux m'aimer et être aimé de moi en retour, embrasse-moi, cria-t-elle, comme folle.

Comme il ne bougeait pas, en larmes, elle prit sa tête entre ses mains, et très près de son visage elle cracha :

  • N'y a-t-il que moi dans cette pièce qui puisse avoir assez d'imagination pour songer qu'il y a forcément une solution à notre problème ? Nous connaissons six personnes aux puissants pouvoirs, nous inclus, cette tête vide ne peut-elle pas assumer son amour, en comprenant que si on veut on peut ?

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 15:27
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Le destin des immortels - nouvelle publication 143

Lorsque Pearl rougit de ce qu'elle venait de lire dans son esprit, les convives réprimèrent un gloussement ; Oran gagna la cuisine pour ramener les desserts favoris de chacune des filles, mais aussi pour ne plus avoir à subir la mauvaise humeur d'Elphame près de lui.

La maîtresse de la terre se laissa sombrer lorsqu'elle comprit qu'Oran était attiré par Pearl, la télépathe, rougissante sous son regard. Elle était bien loin de ressembler. Il était donc un homme à femmes comme les autres, il lui avait envoyé des signaux dont maintenant il se fichait pas mal. Sa tristesse retentit jusqu'au cœur de la motte de terre abandonnée dans le jardin. Celle-ci aimait sa créatrice, elle souhaita effacer sa peine. La terre fit des efforts bien au delà de ce dont elle se savait capable. La terre créa la terre, et cette dernière imita sa créatrice. Épuisé, l'élément terre crut rendre les armes ; pourtant...

Elphame Vit bien Oran revenir avec les desserts, dont la glace qu'il lui destinait. Mais elle n'y prêta aucune attention, car elle n'était plus vraiment là. Elle sentit la terre l'appeler au secours ; paniquée, elle sortit de table en renversant sa chaise.

Arrivée dehors, elle tomba en arrêt devant la motte qui avait bien doublé de taille. Maintenant, il y en avait assez pour qu'un chêne centenaire puisse y survivre plusieurs mois. Précipitamment, elle écouta la terre, qui lui renvoya sa tristesse de l'instant passé. Une première larme roula sur sa joue, alors qu'elle songeait comme son célibat était une tristesse en soi. Elle se rendait séduisante, elle prenait garde à être en bonne santé, elle était combative et drôle, elle avait ce fichu caractère que les hommes aimaient soi-disant. Elphame projeta son esprit vers la terre pour pleurer avec elle. Son corps chut, mais elle ne s'en rendit même pas compte. Les larmes ruisselaient sur son visage, et la terre entra en elle comme dans une coque nourricière, même si ce n'était que spirituel. Enfin, la terre rendit sa maîtresse aux humains, ses semblables, alors Elphame sombra dans l'inconscience. Son élément ne voulait pas lui faire de mal, vraiment pas.

Lorsqu'elle se réveilla, Oran était à son chevet. Oui, vérifia-t-elle, elle était dans son propre lit, et les fenêtres étaient ouvertes sur la nuit noire, éclairée des rayons de la lune décroissante.

  • Tu nous as fait peur, murmura l'homme.

  • Je hais tes cheveux ébènes coupés à la romantique, articula tout bas Elphame, et...

  • Quoi ? Se perdit-il.

  • ... et aussi tes yeux azur, et enfin tout de toi, tout cela est trop bien fait pour que tu aies aussi l'élément feu. Dorénavant je travaillerai seule, Oran, car la chaleur que tu donnes à la terre quand je la modèle se propage en moi et me donne de fausses idées.

Normalement, les hommes à femmes étaient imbus d'eux-mêmes et hurlaient ou fuyaient face à ce genre de déclarations empoisonnées. La brunette aux yeux sombres s'était attendue à cela, voire même c'était ce qu'elle avait cherché.

Lorsqu'elle s'intéressa à Oran de nouveau, une vague de chaleur enflamma Elphame, tant cet homme suintait le désir à l'état brut. Elle souleva ses couvertures, fit le tour du lit, et s'assit sur les genoux du bel homme, toujours assis sur les draps. Pour ne plus penser, elle s'appliqua à se perdre dans ce baiser à corps perdu. La respiration d'Oran s'accéléra tellement, qu'il crut s'étouffer sous le poids de la jeune femme. C'était bon, il en voulait encore. Avec un gémissement étouffé par leur baiser, elle se sentit frissonner tout entière sous les doigts d'Oran, qui d'un geste possessif, visitait d'abord son dos, puis ses cheveux d'ébène, sa nuque, sa poitrine, sa taille... Elphame lui arracha son T-shirt, puis s'énerva sur la boucle de sa ceinture...

La terre épuisée sentit un souffle de vie dans lequel elle s'engouffra pour enfler encore. Le plaisir d'Ephame donna un tel contraste avec les sensations précédentes que la vie y explosa. La terre suscita elle-même un semis de graines. Mais soudain, elle ne ressentit plus l'impulsion de sa détentrice aussi puissamment. Plus sagement, elle continua ses efforts microscopiques.

Oran ne pouvait pas laisser Elphame le dévêtir, ou il la décevrait. Il avait eu la confirmation ce soir qu'elle n'était pas juste attirée par lui : elle commençait à l'aimer. Or lui ne voulait pas aimer, car la fidélité était un concept qui l'effrayait. L'amour ne valait la peine pour Oran, que du moment qu'on variait les plaisirs. Or avec une même femme, comment ne pas se lasser un jour ? Il posa Elphame sur le lit, et alors qu'il voyait bien qu'elle avait cru qu'il lui donnerait quelque chose d'agréable, il se leva pour s'éloigner. Lorsqu'il fut à bonne distance, elle se releva sur les coudes, étonnée.

  • Je ne peux pas te donner ce que tu attends de moi, dit-il le souffle court.

  • J'attends que tu me fasses l'amour, es-tu un homme ou me serais-je trompée ?

  • C'est faux, je vois bien que tu mens, Elphame, je peux le lire dans tes yeux, tu sais ?

  • Qui es-tu pour juger de ce qu'il me faut ?

Le destin des immortels - nouvelle publication 145

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 14:54
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Le destin des immortels - nouvelle publication 142

  • Voilà huit heures exactement qui tu travailles, expliqua Cyan, elle a eu très peur pour toi.

Les quatre autres rentrèrent en lui donnant une accolade, ou en lui serrant une main, ou une épaule, mais pas Zelda. Elle cherchait son souffle, paralysée devant lui. Il ne savait que lui dire. Il aurait dû la remercier, mais aucun mot ne lui semblait assez fort pour l'état dans lequel elle s'était mise, leur jolie rouquine. D'un pas il franchit l'espace qui les séparait, et la prit doucement dans ses bras. Le miracle se produisit comme toujours : contre lui, il la sentit se détendre, sa respiration se rapprocha de la normalité, de même bientôt que son rythme cardiaque. Il avait toujours ignoré pourquoi, mais il savait mieux apaiser sa femme ainsi qu'avec les mots. Il s'aperçut qu'il caressait doucement la nuque de la jeune femme, et cessa immédiatement, il avait oublié que ce n'était pas elle.

Ils rentrèrent en silence, non sans s'être extasiés au passage sur les travaux d'Elphame et de Zelda elle-même. La motte de terre avait bien quadruplé, tandis que la rouquine avait rendu la terre humide. Comme elle était déjà d'une chaleur propice à la vie, on pouvait espérer le lendemain être témoin de générations spontanées, nées pendant la nuit qui avait déjà commencé.

  • Je suis frustrée de ne pouvoir encore utiliser mon élément comme mes forces me le permettraient, dit Zelda à la tablée. Donc je propose que nous demandions une coupure d'eau sur Mars : je remplirai les canalisations à loisir. Je maintiendrai l'humidité dans l'air avec la coopération de Jess.

  • Pas encore, dit-il, je ne peux pas encore fixer ton eau dans l'air durablement sous l'ensemble du dôme, un peu de patience.

  • Je vais aller formuler ta requête, dit Cyan, visiblement pressé de se rendre utile. Faut-il autre chose à quelqu'un, pendant que j'y suis ?

Un silence gêné accueillit ses paroles : comme Jess, tous devaient avoir des choses à demander sans oser le dire à voix haute.

  • Fais passer une feuille, on va te faire une liste, dit l'homme aux longs cheveux châtains.

Ce fut fait pendant le repas. Jess demanda sa moto : il avait envie de reprendre le guidon, filer sur les routes cheveux au vent lui avait toujours procuré l'apaisement, avant. Avant qu'elle ne fut happée par la maladie. Elle aurait aimé qu'il recommence à vivre.

Oran profita de ce que le silence se faisait pendant que l'homme aux loups faisait passer la feuille pour annoncer tranquillement :

  • Tu peux aussi demander à ce qu'on coupe le système de température.

Les têtes se tournèrent toutes dans sa direction, suspicieuses. Si Zelda se ratait avec les canalisations, ils n'auraient plus d'eau le temps que Cyan retourne demander de remettre en route le système depuis la Terre (vivent l'informatique et le Passage). Mais si lui n'était pas synchronisé avec l'arrêt du système, Dieu seul savait comment leur organisme réagirait au changement peut être brutal de température, voilà ce qu'ils devaient se dire, songea Oran dépité...

  • Ce n'est pas pour te vexer, Oran, sourit Zelda, mais je détesterais me dessécher pour cause de température brusquement brûlante ou gelée. Sais-tu au moins quelle est la température ordinaire sur Mars ?

  • Non, mais nous sommes sous le Dôme, fit-il blasé, vous n'avez rien à craindre : la température ne va pas virer aussi vite. Faites-moi confiance.

  • Je pense qu'on peut le laisser essayer, dit Elphame, il sait bien doser la température.

Lorsqu'elle prononça la fin de sa phrase ses joues rosirent, et prirent une teinte supplémentaire lorsqu'Oran lui décocha un regard lascif.

  • Je suis d'accord pour le laisser essayer, dit Pearl.

Lentement, il se tourna vers elle. Pourquoi avait-elle l'air si tranquille alors que tous réfléchissaient encore ? Il faillit le lui demander, mais il comprit avant : elle avait lu ses souvenirs sous son crâne. Lorsqu'il avait demandé leur confiance, il avait repensé à toutes ses expériences avec le feu. Les flammes ravageant la voiture, mais l'épargnant et évitant de ce fait tout accident de la route. Les flammes à l'école, lorsqu'il avait été découvert et inscrit sur le fichier des gens extraordinaires, mais maîtrisées aussitôt par lui, et n'ayant fait aucun dégât plus majeur que la suie sur les murs. Les flammes lorsqu'il jouissait ; raison pour laquelle il ne faisait jamais l'amour que chez lui : il les canalisait alors vers les innombrables bougies qu'il gardait dans son logement. Pearl hocha la tête et lui adressa un sourire timide. Elle avait bien lu dans son esprit, elle venait de lui confirmer cette déduction intérieure. Il passa quelques secondes à réfléchir à l'attitude à adopter, mais il devait se rendre à l'évidence : un, il n'avait pas eu d'ennuis pour avoir émis des pensées salaces à propos d'Elphame, donc elle était effectivement discrète quand il le fallait. Deux : la plantureuse blonde aux yeux bleus était trop excitante pour qu'il parvienne à s'emporter bien longtemps contre elle. C'était bien connu, Oran ne pouvait pas se concentrer en même temps sur ce que disaient son corps et son esprit, or son corps gagnait toujours la bataille.

Lorsque Pearl rougit de ce qu'elle venait de lire dans son esprit, les convives réprimèrent un gloussement ; Oran gagna la cuisine pour ramener les desserts favoris de chacune des filles, mais aussi pour ne plus avoir à subir la mauvaise humeur d'Elphame près de lui.

Le destin des immortels - nouvelle publication 144

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