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Le destin des immortels, pour les nouveaux venus.
Le destin des immortels 102.
Pearl ne ressentit pas l'animosité d'Elphame dans son dos pour la bonne raison qu'être aspirée par le Passage était fort déplaisant : elle sentit ses molécules se décomposer en un immense
sentiment de perte, et l'instant d'après elle les sentit se bousculer pour s'assembler de nouveau, sachant qu'elle avait au moins été épargnée jusqu'au moment où les premiers nerfs et son cerveau
s'étaient remis en place. Elle n'avait eu qu'une crainte : voir apparaître ses vêtements après elle, et se retrouver nue devant cinq étrangers et autant de loups.
Pearl était ronde. S'il y avait eu une chose qu'elle aurait voulu changer d'elle même, ce n'était pas son don de télépathe, mais la sensation de faim, ainsi elle aurait enfin pu abandonner son
quarante-deux en haut et son quarante-quatre en bas. Même son bonnet D l'insupportait, car à cause de lui elle passait toujours pour la blonde au décolleté plongeant.
Elle avait essayé de se teindre en brune mais ses amis lui avaient gentiment expliqué
que sa blondeur la faisait ressembler à une friandise, alors qu'en brune elle était juste ronde ; ce jour là elle avait décidé de partir sous le Dôme, alors que jusque là elle avait passé la
semaine à douter. Il fallait créer une nature spontanée : que pouvait elle faire, elle, pour aider ceux qui détenaient les éléments air, terre, feu et eau ? C'était d'autant plus inquiétant
qu'elle savait pour avoir lu dans l'esprit des représentants de l'ordre auxquels elle avait eu affaire que les autorités n'avaient pas réfléchi à la question. Ils ne les avaient pas choisis, eux
six, en fonction de leurs pouvoirs, mais parce qu'ils en avaient, peu importait quels étaient leurs dons. C'étaient eux mêmes qui avaient dû juger en leur âme et conscience qu'ils pouvaient faire
quelque chose pour servir le projet. Rien, se répéta-t-elle encore, elle ne pouvait rien y apporter, mais au moins elle pourrait s'éloigner un moment de cette foule qui prétendait bien l'aimer
mais qui passait son temps à la blesser involontairement. Elle secoua la tête : non, ils l'aimaient bien, réellement. Elle était la curieuse du groupe, et tout le monde aimait les gens curieux.
S'ils n'appréciaient pas toujours ses questions, ils devaient reconnaître qu'elle ne faisait pas exprès de les mettre mal à l'aise : pour elle tout pouvait se dire, rien n'avait jamais choqué
Pearl. Elle même était télépathe, qu'est ce qui pouvait bien être choquant si cela ne l'était pas ? Son tour de hanche, sourit elle intérieurement. Pour en revenir à cela, les gens adoraient
discuter avec elle parce qu'elle avait toujours des scoops à raconter. Elle savait toujours tout sur tout le monde, et si elle gardait secrètes les pensées intimes, elle se plaisait à révéler ce
que les gens ne tenaient pas à garder secret, puisqu'elle savait démêler les deux. Elle avait aidé plusieurs couples à se former parmis les siens, ce qui ajoutait à ses qualités appréciées.
La rouquine remonta un brin le tissu sur la poitrine de Pearl, et celle ci lui fut reconnaissante.
Zelda pouvait le comprendre. Elle même savait pourquoi elle était là : elle avait l'élément eau, et elle allait s'attacher à créer des nappes phréatiques, des rivières, des lacs et de la pluie
sous le Dôme. Mais que faisait la télépathe parmi eux, mystère et boules de gomme. C'était comme Cyan et ses loups, aussi lui tardait-il de s'asseoir devant un bon café pour préparer un plan
d'attaque et comprendre ce que ces deux là leur apporteraient, à eux quatre qui détenaient les éléments.
Elle entra avec les autres dans la grande demeure qu'on leur prêtait en échange de leur travail à tous.
Alors que ses compagnons confirmaient elle prit une direction particulière puisque personne n'avait été fichu de suivre celui qui était devant lui. Zelda se mordit la lèvre inférieure : elle
était maniaque, et elle devrait apprendre à adoucir ce trait de caractère si elle ne voulait pas perdre la tête entre ces murs. Du haut de ses vingt six ans, elle avait toujours été à la maison
celle qui tentait de remettre de l'ordre. Mais elle était très heureuse d'être là, car la situation se détériorait de jour en jour chez elle et elle n'en pouvait plus. Ses parents étaient
alcooliques, surtout sa mère, qui était aussi dépressive et suicidaire. Personne ne faisait plus le ménage à la maison, de toute façon personne ne prenait la peine de rien faire là bas : changer
une ampoule, laver la vaisselle, changer la litière du chat, voire même se laver pour sa maman. Elle s'obligeait à aller voir ses parents de temps à autre, et alors la nausée ne la quittait pas
de tout le week end. Oui, être ici lui ferait des vacances, sourit-elle en regardant les grandes salles blanches décorées de tableaux de bon goût et les tissus délicats. Elle venait d'entrer dans
une pièce qu'elle aimait tout particulièrement : la salle de bain particulière d'une des six chambres, dotée de tout ce dont on pouvait rêver lorsqu'on était une femme, elle s'y voyait déjà.
Zelda voulut savoir qui était entré sans la gêner du tout et lui expliquer qu'elle visitait simplement, mais l'homme avait déjà disparu. Les bras croisés sur sa poitrine un rien musclée comme
tout le reste de son corps modelé avec application par ses soins, la rousse à la queue de cheval bouclée mais dont rien ne dépassait, et aux yeux brun clair, observa le jeune homme s'éloigner à
grands pas sans un regard en arrière.
Le destin des immortels 104.